News E24 : La Pologne veut un tandem nucléaire. Les États-Unis vont coopérer avec la France

Comme l’a appris le site Energetyka24, Varsovie est actuellement en pourparlers sur un projet nucléaire visant à créer un consortium franco-américain chargé de la construction d’une centrale nucléaire polonaise. Selon la partie polonaise, une telle solution optimiserait le projet et serait géopolitiquement rentable.

Dans l’intention de la Pologne, l’américain Westinghouse sera le principal fournisseur de technologie. Le réacteur de la société (AP-1000) sera exploité dans une centrale nucléaire sur les rives de la Vistule. À son tour, l’EDF français sera responsable de la fourniture des composants de la centrale et du soutien technique.

Cette solution est une tentative assez soignée de concilier un certain nombre d’intérêts. Tout d’abord, la combinaison des forces américaines et françaises offre théoriquement de meilleures opportunités pour des processus plus efficaces – donc un plus large éventail d’actifs de production et d’ingénierie et une base d’experts à votre disposition. Deuxièmement, une telle décision est un hommage géopolitique au principal allié de la Pologne, les États-Unis, et à la France, un partenaire régional de la politique européenne. Cela vous permet de maximiser les avantages stratégiques de cet investissement.

D’un autre côté, une telle division comporte également le risque de déplacer la responsabilité entre les parties pour d’éventuels retards dans la mise en œuvre du projet.

Selon les informations obtenues par le site Energetyka24, ce concept est aussi une issue à une certaine impasse dans laquelle est tombé le projet nucléaire, et à laquelle les spécialistes polonais impliqués dans le projet ont commencé à prêter attention. On s’attend à ce qu’ils expriment leur mécontentement face au rythme de travail – et obtiennent un soutien politique qui transmet leurs plaintes aux principaux responsables gouvernementaux de l’énergie et de la sécurité. Théoriquement en charge du projet, Piotr Naimski. Au nom du gouvernement, le secrétaire d’État auprès du chancelier du Premier ministre et le gouvernement plénipotentiaire pour les infrastructures énergétiques stratégiques ont signé un accord de coopération avec les États-Unis. La délégation française qui a fait son offre et s’est rendue à Varsovie il y a quelques semaines a été reçue par le vice-Premier ministre Jarosław Gowin, qui a été limogé mardi 10 août. Selon des experts, mais aussi des hommes politiques de la droite unie au pouvoir, un tel accord signé uniquement avec la partie américaine pourrait rendre les négociations difficiles pour la Pologne. L’Amérique se sentait beaucoup plus confiante dans la course au nucléaire polonais et moins disposée à faire des concessions.

« Le motif de la plainte est la qualité du dialogue technique avec l’Amérique. Les spécialistes polonais soulignent l’intérêt d’impliquer la France dans le projet – y compris l’aspect mobilisation. Le principal avantage, cependant, est la possibilité d’utiliser les ressources d’ingénieurs français qui ont une expérience à jour dans la mise en œuvre de nombreux projets nucléaires dans différents pays du monde. Malheureusement, l’Amérique ne peut pas se vanter de tels avantages. » – a déclaré au service Energetyka24 une personne familière avec le cours de la conversation.

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La coopération des deux pays dans la mise en œuvre de projets nucléaires dans un pays tiers n’a rien de nouveau – surtout pour la France. EDF a déjà une expérience sur ces projets, notamment au Royaume-Uni Royaume-Uni (où il a collaboré avec des investisseurs chinois sur la centrale de Hinkley Point C) ou aux Emirats Arabes Unis (où EDF a formé du personnel à l’exploitation de la centrale de Barakah en construction) . par les Coréens).

Bien que la variante américano-française soit actuellement le choix préféré pour Varsovie, il n’est pas certain que les parties intéressées (principalement les États-Unis) se mettent d’accord sur la répartition des rôles. Pourtant, ces dernières semaines, il est devenu évident que la France s’est beaucoup intéressée au projet nucléaire polonais. EDF a ouvert son bureau à Varsovie et le gouvernement français a nommé un haut représentant pour la coopération nucléaire avec la Pologne.

Le plan astucieux de Varsovie pour concilier les deux offres concurrentes fonctionnera-t-il ? Le temps répondra. Pour l’instant, le projet nucléaire devrait avoir un an de retard sur le calendrier fixé par le gouvernement actuel. Selon le programme électronucléaire polonais, le fournisseur de technologie devrait être sélectionné d’ici 2021. Cependant, de nombreux indices laissent penser que le choix ne sera fait que dans une dizaine de mois.

Selon le PPEJ, la première tranche nucléaire polonaise sera lancée en 2033. À terme, 6 à 9 GW d’énergie nucléaire seront construits sur la Vistule. Le projet coûte de 100 à 130 milliards de zlotys. Ce montant doit être partagé entre les entrepreneurs.

Narcisse Berger

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