ils ont arrêté le président et plusieurs ministres

Entouré d’attaques débridées de groupes islamistes et de l’intervention militaire et coloniale française, le Burkina Faso est le résultat de mois de protestations contre l’incapacité du gouvernement à mettre fin aux attaques et au mécontentement des troupes françaises.

Les protestations de la population ont entraîné la chute, le 8 décembre, du gouvernement dirigé par le Premier ministre Christophe Joseph-Marie Dabiré.
Cette semaine face au mécontentement populaire et à la situation sociale et économique dans laquelle se trouve le pays, un groupe des Forces Armées a décidé d’anticiper une mobilisation qui dégénérerait et organiserait un coup d’Etat pour destituer le Président Roch Marc Christian Kaboré de ses fonctions. .

C’est ainsi que des soldats rebelles ont arrêté le président lundi, dans une caserne de la capitale nationale, Ouagadougou, après qu’hier ils se soient révoltés dans divers détachements du pays.

Hier, au début du soulèvement, le gouvernement a rejeté l’idée qu’il y ait eu un coup d’État, mais ensuite ces arrestations ont eu lieu.

« Le président Kaboré, chef du parlement [Alassane Bala Sakandé] et les ministres sont effectivement aux mains de l’armée » dans le régiment Sangoule Lamizana à Ouagadougou, ont indiqué des sources sécuritaires, a rapporté l’agence de presse AFP.

Selon l’AFP, ce matin, une dizaine de militaires masqués et armés gardaient la devanture du siège de la Radio Télévision Burkina Faso (RTB), qui diffuse des programmes de divertissement.

Hier, un soulèvement militaire a commencé dans divers détachements du Burkina Faso pour exiger la démission des chefs d’armée ainsi que des « moyens adéquats » pour combattre les jihadistes, qui opèrent dans le pays depuis 2015.

Automatiquement, le gouvernement du Burkina Faso a rejeté les rumeurs d’un coup d’État militaire.

« Le gouvernement, tout en reconnaissant que des coups de feu ont bien été tirés sur certaines casernes, dément cette information et demande à la population de garder son calme », ​​avait alors souligné le porte-parole présidentiel Alkassoum Maiga.

Les autorités ont ensuite décrété un couvre-feu « jusqu’à nouvel ordre » et fermé les écoles pendant deux jours.

Hier, les manifestants ont soutenu les émeutiers et érigé des barricades dans plusieurs rues de la capitale, jusqu’à ce qu’ils soient dispersés par la police.

La situation au Burkina Faso s’est drastiquement détériorée à partir de 2015, avec l’émergence de mouvements djihadistes affiliés à Al-Qaïda et au groupe État islamique à travers le Sahel.

Les attaques djihadistes ont tué plus de 2 000 personnes en près de sept ans et forcé 1,5 million de personnes à quitter leur foyer au Burkina Faso, dans le nord du pays.

Couplé à l’intervention française en 2013, avec des raisons d’assurer la sécurité dans l’ancienne colonie. L’intervention militaire s’étend au Mali et au Niger. Cependant, les organisations islamiques ne font que se multiplier et étendre leur influence dans différentes régions du pays et dans d’autres pays du continent. Autrement dit, depuis le début de l’opération française, la situation militaire et sécuritaire s’est détériorée.

Cette situation est exacerbée par la crise économique et sociale que traverse le pays. Privé de ressources naturelles et industrielles, c’est l’un des pays les plus pauvres du monde. Près de 40 % de la population gagne en dessous du seuil de pauvreté de 2 dollars par jour. De plus, l’agriculture représente un tiers du PIB et emploie 80% de la population.

A l’échec de la « guerre contre le terrorisme » à justifier une intervention militaire en Afrique, s’ajoutent les nombreuses exactions subies par la population, tant de la part de l’armée française que des forces armées locales alliées. Ce terreau a donné lieu à des manifestations qui se sont multipliées pendant des mois, et ce lundi a ouvert un nouveau chapitre avec un coup d’État préventif pour tenter de canaliser la colère sociale à la fois contre le gouvernement et contre l’intervention française.



Narcisse Berger

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