Crépuscule de l’école d’élite française | UE-Pologne-Allemagne – Actualités polonaises | DW

Cette institution mythique, qui vise à former les plus hauts responsables politiques de l’État français, a été fondée en 1945 par le général de Gaulle. Selon lui, il fallait disposer d’une sorte de « passoire pédagogique » qui permettrait d’identifier les plus grands talents, puis de les « polir » selon les exigences républicaines. Tout d’abord, l’École nationale d’administration, l’École d’administration nationale, est située à Paris, et à partir de 1991 à Strasbourg, plus près de « l’Europe ». 80 à 100 étudiants français et une trentaine d’étrangers y étudient.

Elite et la suite ?

À la même table de conférence étaient assis côte à côte – socialistes, communistes, gaullistes et nationalistes – tous issus des plus hautes sphères du pouvoir. Parmi les 6 500 anciens élèves figurent quatre présidents de la Ve République, neuf premiers ministres, plusieurs dizaines de ministres et secrétaires d’État.

Le 8 avril, Emmanuel Macron a annoncé la dissolution de l’EAW. Les locaux de l’école de Strasbourg seront repris par l’Institut de la fonction publique, la nouvelle école politique d’élite dont la France moderne a besoin. La position d’Emmanuel Macron a suscité des critiques dans la tête du président, notamment de la part de l’opposition, de gauche comme de droite.

Le président français Emmanuel Macron

Le leader d’extrême gauche, Jean Luc-Malenchon, n’a pas laissé de fil sec sur cette décision. L’eurodéputé du Vaucluse, diplômé de l’EAW, Julien Aubert a qualifié cette décision de « triste et démagogique ». Selon lui, la liquidation des écoles « serait une mèche de sécurité pour libérer la colère qui s’est manifestée en France en dirigeant le pays ». Homme politique bien connu de l’opposition, parti républicain de droite, Jean François Copé, a déclaré qu' »il est attristé qu’Emmanuel Macron ne voit pas de meilleur moyen de réformer le pays que de liquider les locaux – un symbole de la poursuite de la perfection ». .

En revanche, le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire, également diplômé de l’EAW, a déclaré qu’il était temps de dissoudre cette institution, accusée des années plus tôt de centraliser, d’étendre la bureaucratie et de violer les principes de l’égalité républicaine. .

Dogmeat jeté en « gilet jaune »

Cette opinion est également partagée par la célèbre commentatrice de télévision parlementaire Brigitte Boucher. Selon lui, face à des mois de protestations des soi-disant « gilets jaunes », les autorités, emmenées par le président Macron, ont fait face à la nécessité de trouver « les coupables ». EAW est devenu une sorte de « bouc émissaire ».

Manifestations à Paris à l'occasion de l'anniversaire des manifestations des gilets jaunes en France, le 16 novembre 2019.

Des manifestants à Paris à l’occasion de l’anniversaire des manifestations des « gilets jaunes » en France, le 16 novembre 2019.

La colère des organisateurs de la contestation s’adresse souvent violemment aux « élites », et leur vivier est une école de Strasbourg, quasiment inaccessible aux candidats issus de familles pauvres. Selon les estimations de la Cour constitutionnelle, le groupe étudiant ne comprenait que des représentants de l’ancienne « classe ouvrière », les ouvriers. C’est mieux pour les agriculteurs et les artisans, car leurs enfants représentent environ 10 pour cent des étudiants de l’EAW.

Nathalie Loiseau, l’ancienne directrice de l’école, fait valoir que le profil des élèves ne reflète pas ce qui se fait de mieux en France – les talents de province, de campagne et de familles défavorisées. Parmi ces personnes, beaucoup ont une riche expérience que les politiques pourront utiliser plus tard pour travailler sur le terrain et en comprendre les particularités, et c’est ce qui manque à l’élite actuelle. Selon Brigitte Boucher, le président, dans un geste de réconciliation avec le mouvement des « gilets jaunes », c’est-à-dire ceux qui veulent l’égalitarisme absolu, a placé le MAE sur l’autel du sacrifice, au lieu d’introduire de véritables réformes dans l’Etat.

Narcisse Berger

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