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TOMBOUCTOU Situation alimentaire et conséquences des inondations en débat




Malgré les prouesses enregistrées cette année dans la production céréalière, notre pays reste confronté à une menace d’insécurité alimentaire découlant des effets conjugués d’une crise sécuritaire dans certaines zones du nord et du Centre. En outre, le Sahel Occidental à savoir les cercles de Kayes, Nioro, Diéma, Yélimané et Nara ont été victimes d’attaques des oiseaux granivores et d’insuffisance pluviométrique ayant engendré une situation d’insécurité alimentaire aigüe dans ses zones. Aussi, les zones agricoles du Delta centrale du Fleuve Niger ont connu une inondation suite au niveau élevé de la crue qui a submergé les cultures. A cela, s’ajoutent les poches récurrentes de sécheresse à travers l’ensemble du territoire national.

Malheureusement la région de Tombouctou figure par ses zones sous régions d’insécurité alimentaire et nutritionnelle avec un taux de malnutrition globale aiguë au-dessus du seuil d’urgence de l’OMS. Alerté de cette situation inquiétante, le Ministre, Commissaire à la Sécurité Alimentaire, Redouwane Ag Mohamed Ali a entrepris une visite d’évaluation 3 jours dans la région (3 au 5 février 2021). Un périple qui le ramera dans les cercles de Tombouctou, Goundam et Niafounké. Une forte délégation de haut niveau mobilisé pour l’occasion est conduite par le ministre en charge de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Mahmoud Ould Mohamed. Les représentants résidents de la FAO et du PAM ont également fait le déplacement.

La délégation ministérielle entame sa mission par la visite de la commune rurale de Toya (18 km du chef-lieu de la région), où le PAM a financé un périmètre irrigué, une école et un Centre de Santé Communautaire (CSCOM). Ces réalisations visent à renforcer l’accès aux populations aux services sociaux de base et renforcer leur résilience à l’insécurité alimentaire.

Après l’étape de Tombouctou, la délégation mis le cap sur Goundam pour constater les dégâts causés par les inondations notamment l’obstruction du chenal qui alimente le lac Faguibine. Il faut noter que le lac Faguibine, qui inonde une superficie de 54.000 hectares, est un véritable système hydroagricole. Il est formé par plusieurs lacs naturels qui se remplissent au gré de la crue du bras du fleuve Niger et qui s’y déversent par-dessus le seuil de Kamaïna.

Cet espace agropastoral, qui a connu de nombreuses transformations ces dernières décennies, constitue un environnement stratégique pour les équilibres socio-économiques et politiques de toute la région de Tombouctou. De l’alimentation en eau de ce système dépendent les productions agricoles, les ressources pastorales, fauniques et halieutiques.

La baisse de différentes productions réduira drastiquement les revenus des producteurs et aura, sans nul doute, un impact négatif sur les couches très défavorisés de la zone, qui connaitront une dégradation importante de leurs moyens d’existence déjà précaires.

Sarr avec la CCOM CSA

 



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