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Politique

SESSION EXTRAORDINAIRE AU CNT Moctar Ouane dévoile un plan d’action ambitieux!




A l’occasion de la séance plénière, Le Premier ministre Moctar Ouane était devant le Président Conseil National de la Transition, Malick Diaw, pour la présentation de son Plan d’Action du Gouvernement de Transition. Il comporte 6 axes déclinés en 23 objectifs, adossés à 275 actions à évaluer à travers 291 indicateurs.

Cette présentation est intervenue à moins de 14 mois de la fin de la transition. Pour le PM, cet ensemble cohérent d’actions vise à atteindre, dans un horizon précis, des objectifs définis, avec des moyens identifiés dans le respect du temps imparti et des équilibres macroéconomiques et financiers.

La mise en œuvre du Plan d’action du Gouvernement contribuera aux réformes politiques et institutionnelles nécessaires à la consolidation de la démocratie, c’est-à-dire à renforcer la stabilité des institutions démocratiques et républicaines et à améliorer la gouvernance.

S’agissant du renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national, Moctar Ouane a affirmé que la sécurité demeure la priorité des priorités pour notre pays, qui y joue sa survie en tant qu’État et en tant que Nation. Nous faisons face au terrorisme, à l’insécurité grandissante et multiforme tels que les violences communautaires, le banditisme et les trafics transfrontaliers, y compris la drogue et d’êtres humains.

Il s’agit de redéployer les forces de défense et de sécurité sur l’ensemble du territoire national, a-t-il insisté.

Dans la poursuite des efforts en cours et suivant la Feuille de route de la Transition, les actions du gouvernement en matière de sécurité portent sur quatre (04) priorités : diligenter la relecture, l’appropriation et la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger ; accélérer le processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion des combattants dans le Nord et le Centre du pays ; procéder à la dissolution effective de toutes les milices d’auto-défense. La promotion de la bonne gouvernance : restaurer l’autorité et l’utilité sociale de l’État à travers la fourniture des services sociaux de base.

En 2012, le retrait des agents de l’État a été ressenti par nos compatriotes en proie à l’insécurité comme un abandon. Aujourd’hui, malgré le retour progressif de l’État, l’accès limité des citoyens aux services sociaux de base renforce le sentiment que les pouvoirs publics ne sont toujours pas en mesure de répondre entièrement à leurs attentes.

Afin de promouvoir la citoyenneté et le civisme à travers l’éducation et la culture, le Mali est une nation multiséculaire, riche de sa diversité, construite autour des valeurs cardinales de la citoyenneté, à savoir la civilité, le civisme et la solidarité. Or, ces valeurs, qui ont longtemps structuré et régulé la société malienne, sont malheureusement mises à mal par des comportements nouveaux qui menacent la cohésion sociale.

Face à cette situation, le gouvernement s’engage à créer les conditions du vivre ensemble grâce à une école de qualité cultivant le civisme, enracinée sur la culture et ouverte sur le monde.

En ce qui concerne le renforcement de la lutte contre l’impunité et accentuer la lutte contre la corruption, le Chef du gouvernement a jugé utile de lutter contre l’impunité et la corruption s’inscrit en droite ligne des préoccupations soulevées par le peuple malien lors des journées de concertation nationale. Selon Moctar Ouane, elle pose les questions fondamentales relatives à l’amélioration de la gouvernance et à la mise en place d’institutions fortes et crédibles.

Dans ce cadre, les efforts porteront sur les actions notamment l'intensification des missions de vérification de la gestion des structures de l’administration territoriale (collectivités et services) et des missions d’audit de performance et de contrôle de conformité. En plus, il s’agit d'organisation d’une session des assises spéciales sur la grande criminalité et le redéploiement des forces de défense et de sécurité sur l’ensemble du territoire national.

Toujours selon le PM, la multiplication des groupes armés non étatiques est également une des conséquences des limites liées au maillage territorial et à notre dispositif sécuritaire. Le redéploiement de nos Forces de Défense et de Sécurité sur l’ensemble du territoire national est une tâche ardue, mais pas impossible

A cet égard, le Gouvernement prendra les mesures suivantes à savoir le renforcement des capacités opérationnelles des FAMa à travers l'augmentation des effectifs de 25 000 nouvelles recrues. Il s’agit de la construction de 42 postes de sécurité, l’acquisition de matériels et d’équipements militaires ainsi que la formation d’unités organiques.

En 2012, le retrait des agents de l’État a été ressenti par nos compatriotes en proie à l’insécurité comme un abandon. Aujourd’hui, malgré le retour progressif de l’État, l’accès limité des citoyens aux services sociaux de base renforce le sentiment que les pouvoirs publics ne sont toujours pas en mesure de répondre entièrement à leurs attentes.

Nous œuvrons chaque jour davantage pour restaurer non seulement l’autorité de l’État, mais également son utilité pour les citoyens à travers, notamment, les actions suivantes : au niveau de l’Administration territoriale et de la Justice ; au niveau de la santé et du développement social ; au niveau des infrastructures, de l’équipement, des transports, de l’énergie, de l’eau et du numérique.

De façon plus spécifique, le gouvernement procèdera à : la redynamisation du cadre permanent de concertation avec les partenaires sociaux afin d’obtenir un moratoire sur toutes les revendications d’ordre corporatiste ; l’implication des personnes ressources, y compris les leaders religieux, à la prévention et à la résolution d’éventuels conflits sociaux entre le gouvernement et les partenaires de l’école.

 

En ce qui concerne la refonte du système éducatif​, le PM souligne que , de 1962 à nos jours, l’école malienne a connu plusieurs réformes dans le but de l’améliorer et de l’adapter aux enjeux. Malgré les efforts déployés, force est de reconnaître que les résultats obtenus sont en deçà des attentes légitimes de nos concitoyens.

Dans ce cadre, le Gouvernement procédera à la mise en place d’une commission d’organisation qui sera chargée de la tenue des assises nationales sur l’éducation, de la relecture et validation du guide d’évaluation selon l’approche​ par compétence (APC) pour l’enseignement technique et professionnel.

Ensuite, il s’agira de l’élaboration d’une stratégie et d’un plan de généralisation progressive du curriculum bilingue de l’enseignement fondamental des niveaux 1, 2, 3 et 4, et du manuel de procédures de gestion des établissements d’enseignement professionnel (incluant la gestion des unités mobiles de formation) entre autre.

Pour les Réformes Politiques et institutionnelles, Moctar Ouane a été assez claire. Dans le cadre du parachèvement de processus de réorganisation territoriale, le PM a mis en exergue le processus de réorganisation territoriale, qui reste un défi majeur à relever pour notre pays. Depuis 2012, le Gouvernement s’est inscrit dans un processus de création de nouvelles circonscriptions administratives. Ce processus avait, certes, connu un coup d’arrêt, mais il figure parmi les priorités du gouvernement. Nous avons un pays vaste avec des disparités importantes entre les zones. Notre ambition est de faire de nos circonscriptions des entités viables, quelles que soient leur taille et leur position géographique.

À cet effet, le gouvernement procédera de façon spécifique à l’organisation des concertations sur la réorganisation territoriale et l’installation sécurisée des représentants de l’État dans les circonscriptions administratives ; il indiquera la poursuite de la création de nouvelles circonscriptions administratives et de leur opérationnalisation et la construction et la réhabilitation des infrastructures et équipements de la tutelle. Dans son adresse, il a souligné la construction de centres d’Etat-civil dans les régions de Gao et de Kidal et l’organisation des concertations pour la mise en place des autorités intérimaires de Taoudéni.

Il s’agit pour PM, de réformer le système électoral en prenant en compte les Maliens établis à l’extérieur.

Les questions qui nous interpellent portent, entre autres, sur la multiplicité des organes intervenant dans les élections, la fiabilité du fichier électoral, la faiblesse du taux de participation et l’insuffisance de la prise en compte des Maliens établis à l’extérieur, a-t-il poursuivi.

A cet effet, le gouvernement mettra en œuvre les mesures, dira-t-il, relecture de l’ensemble des textes régissant le processus électoral, campagne de communication sur les nouveaux textes adoptés et mobilisation des ressources nécessaires à la mise en œuvre des réformes.

Afin de poursuivre le chantier de la régionalisation, le gouvernement procédera entre autre à l’évaluation de la mise en œuvre des conclusions des sur la décentralisation et l’opérationnalisation de la zone de développement des régions du Nord.

 

Adoption d’un pacte de stabilité sociale

Les priorités dans ce domaine sont entre d'Organiser une conférence sociale et engager le débat sur les questions de société comme le rôle des autorités coutumières et religieuses, la question de la pratique de l’esclavage ainsi que le statut de la femme.

Dans cette optique, il s’agit de relancer le dialogue avec les groupes radicaux maliens, avant d'engager le dialogue entre les communautés et acteurs locaux en conflit ;

La création des conditions favorisant le retour des déplacés et réfugiés et l'accélérer le processus d’indemnisation des victimes depuis 1960 sont au cœur des préoccupations du gouvernement de transition.

À cet effet, ce dernier va mener les actions afin de poursuivre l’identification des victimes des différentes crises, de mobiliser les ressources financières en vue d’assurer l’indemnisation des victimes depuis 1960. Pour aller loin, Moctar Ouane requiert l'indemnisation de toutes les victimes des différentes crises.

 

Adoption d’un pacte de stabilité sociale

La consolidation de la démocratie exige notamment le respect des choix populaires à travers les élections. À cet effet, la conduite du processus électoral devant couronner cette transition devra être minutieusement préparée. En plus des élections générales, le calendrier élaboré par le gouvernement prévoit également un référendum.

Dans cette perspective, les actions prioritaires suivantes seront exécutées à savoir l’élaboration du chronogramme des élections. Pour atteindre l’objectif fixé, le gouvernement œuvrera inlassablement à créer un consensus autour du processus électoral et référendaire, à travers notamment l'évaluation des étapes spécifiques et de leurs contraintes et l’adoption d’un premier projet de chronogramme.

A ce titre le chef du gouvernement a exigé l’organisation des opérations référendaires et des élections générales tant attendu par la malienne.

En plus des élections dont celles du Président de la République et des députés, il a été décidé, conformément à l’axe 6 de la feuille de route de la Transition, d’adopter une nouvelle Constitution par voie référendaire.

 

Dans le cadre de cette priorité, le gouvernement procédera à :

L’actualisation du fichier électoral, à travers l’audit du fichier et son actualisation , la révision des listes électorales , l’actualisation et la mise en ligne du fichier électoral biométrique.

La mise à disposition des cartes d’électeur. Il s’agira, de façon spécifique, de pourvoir à l’organisation de débats, la production et la diffusion de magazines et de microprogrammes sur le processus électoral, avant la mise en place d’un cadre de concertation.

 

La tenue des élections et du référendum.

Confronté à une période d’instabilité et de conflits depuis 2012, le Mali est aujourd’hui à la croisée des chemins. Le traitement de la crise multidimensionnelle que le pays traverse exige des réponses structurelles et l’implication de toutes les forces vives de la nation.

« Je sais que le Gouvernement peut compter sur la mobilisation totale du Conseil national de la Transition pour apporter les réponses adéquates aux urgences et engager les réformes structurelles nécessaires à la refondation de l’État », a affirmé le PM.

Par ailleurs, il s’agit de travailler avec eux, la main dans la main, pour la réussite de la Transition dans l’intérêt exclusif de la nation malienne. Encore une fois, en cet instant solennel, je salue leur engagement patriotique et leur réaffirme la volonté de mon gouvernement de traduire en réalité, dans les meilleurs délais, leur proposition de cadre de concertation destiné à permettre la réflexion et que l’action propices aux réformes politiques et institutionnelles souhaitées par tous, a-t-il estimé.

Pour le PM, tous les moyens seront mis en œuvre pour organiser, dans les délais convenus, des élections libres et transparentes afin de doter le pays d’institutions fortes et démocratiques et poser les jalons d’une gouvernance saine plaçant le citoyen au début et à la fin du développement.

Avec l’appui soutenu de toutes les parties prenantes, le Mali sortira uni et grandi des épreuves sécuritaires, sanitaires, économiques et sociales qui ont ébranlé ses fondements. C’est en tout cas la volonté des autorités de la Transition avec en ligne de mire un seul et unique objectif : refonder l’Etat pour un Mali nouveau. Ce lundi, Moctar Ouane sera devant les membres du CNT pour les questions orales. Nous y reviendrons.

Mamadou Sangaré

 



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