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Politique

PREAVIS DE GREVE ILLIMITEE DE LA PLATEFORME DES SYNDICATS L’Exécutif prône le dialogue




Le Ministre de l'Administration Territoriale et de la Décentralisation, le Ministre du Travail et de la Fonction publique, porte-parole du gouvernement, et le Ministre de la Sécurité et de la protection civile, ont co-animé une conférence de presse, le mercredi 11 novembre. Objectif : faire le point sur les revendications formulées par les syndicats de la plateforme d'action commune.  

Le front social se crispe, et le désaccord reste profond entre le gouvernement et les syndicats. Sur 11 points de revendications syndicales, 2 ont fait l’objet d’un accord ferme, et 2 autres sont au stade de l’accord partiel. Ce qui signifie que 7 points restent toujours litigieux. Conséquence : la plateforme d’action commune des syndicats campe sur sa logique de grève illimitée.

Pour désamorcer la situation, trois ministres ont été mandatés : celui de l’Administration territoriale, celui de la Fonction publique, et celui de la Sécurité. Les trois sont venus devant la presse pour expliquer la position du gouvernement. Il ressort de leurs interventions que le gouvernement souhaite absolument sortir du bras-de-fer, et recherche la poursuite du dialogue « dans le cadre des missions assignées à la Transition. »

 En signe de bonne volonté, le Ministre de l’Administration Territoriale a annoncé qu’une sera mise en place. Sa mission sera d’accentuer les concertations sur les revendications ayant trait aux  services centraux relevant de son département.

En parlant des points d'accord partiels, le point 5 est relatif à la fixation CDU nombre d’agents de sécurité affectés aux représentants de l’État et leur mise à disposition effective au plus tard le 30 octobre 2020. Pour ce faire, le gouvernement a appliqué les difficultés liées à la crise sécuritaire que connaît le pays. En tout état de cause, elle a remis à la partie syndicale un tableau de renforcement du dispositif sanitaire des représentants de l’État, préalablement discuté et arrêté par les syndicats. Pour ce qui concerne la garde, dira le ministre, les dispositifs régionaux en matière en tiendront compte. Une décision y relative sera prise avant le 15 novembre, date début du déploiement des effectifs.

Toutefois, la partie gouvernementale a expliqué qu’un moratoire a été obtenu auprès du Ministère de l’Economie et des Finances pour le paiement des salaires du personnel des ADR jusqu’au 31 décembre 2020. Lors des débats, autour du préavis de grève du 6 octobre, la partie syndicale a annoncé que malgré le moratoire, les ADR des régions de Taoudéni et de Ménaka connaissent une insuffisance de ressources qui fait que les salaires ne peuvent être pris en charge. A ce propos, le gouvernement a exprimé que des instructions ont été données pour mettre à disposition les crédits requis dans les semaines à venir.

Quant aux désaccords, ils portent précisément sur les points 1, 2, 3, 4, 6, 8 et 10. Les points 1, 2, 3 et 4 sont relatifs aux primes et indemnités des administrateurs civils, des membres du corps préfectoral, des représentants de l’État et du personnel des services du ministère de l’administration territoriale.  

La partie gouvernementale a estimé que lesdits points entraînaient une incidence financière de  26 670 763 073 FCFA. Elle a expliqué qu’un tel effort financier posait était problématique au regard de la situation budgétaire actuelle.

En outre, le point 6 concerne la prise en charge par le budget de l’État des salaires et accessoires des fonctionnaires des collectivités territoriales relevant du cadre de l’Administration générale.

Selon la partie gouvernementale, la prise en charge des salaires et fonctionnaires des collectivités territoriales relevant du cadre de l'administration générale relève du budget des collectivités territoriales. Toutefois, elle s'est engagée à faire passer de 6 milliards à 7 milliards la donation d’Appui au fonctionnement des collectivités territoriales du fonds national d'appui aux collectivités territoriales pour permettre la prise en charge des salaires des fonctionnaires des collectivités territoriales relevant du cadre de l'administration générale.

Le point 8 est relatif à l’élaboration d'un plan de carrière pour les fonctionnaires des collectivités territoriales du cadre de l’administration générale. Selon le Ministre de l'Administration territoriale, la partie gouvernementale a informé qu’un projet de décret sera élaboré en la matière et soumis à l'examen du conseil supérieur de la Fonction publique des collectivités territoriales, au plus tard le 30 juin 2021. Et le Ministre d’indiquer « Le 31 mars est le délai proposé par les syndicats. Mais, cela n’est pas tenable. »

Le point 10 porte sur l'application immédiate des Accords d’établissement des ADR du Mali. Selon la partie gouvernementale, la satisfaction de ce point est conditionnée au fait que les ADR soient en mesure de générer des ressources propres. Quant à la partie syndicale, elle a demandé l'application stricte de la loi No 90-110 du 18 octobre 1990, modifiée, relative aux EPA.

 

L'offre du Gouvernement

La charte de la transition adoptée lors des journées de concertation nationale sur la transition fixe les attributions spécifiques des membres du gouvernement. A cette effet, elle corrobore que le Ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation est compétent pour l'organisation de la représentation territoriale de l’Etat et des opérations électorales et référendaires, en rapport avec les autres structures intervenants dans ces opérations. Il se charge à l’élaboration et le suivi de l'application de la législation relative aux groupements et partis politiques. Il est compétent pour la création, la suppression, la scission ou la fusion de Collectivités territoriales.

Dans le cadre de l’exécution des attributions du Département, selon le Ministre, les chantiers majeurs sont entre autres :

• l’achèvement de la réorganisation territoriale par la détermination des Kita, Dioïla, Nara, Bougouni, Koutiala, San, Douentza et Bandiagara ;

• l'organisation technique matérielle des élections générales de 2022.

En perspective, le Ministre a insisté sur la mise en œuvre de l'Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger dans ses dispositions relatives aux collectivités territoriales notamment l'augmentation des circonscriptions électorales et la mise en place des autorités intérimaires et collèges transitoires.

Avant de clore la séance de questions-réponses, le Ministre a annoncé ceci « Les revendications des syndicats sont légitimes. Toutefois, le gouvernement estime qu'au regard des contraintes financières, il y a lieu de patienter jusqu’à la conférence sociale qui aura pour but l'harmonisation des grilles salariales, des primes et des indemnités. »

Mamadou Sangaré

 



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