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Culture

Pouvoirs occultes du Mal(i)




Depuis l’époque des magiciens de Pharaon, vaincus par le bâton béni de Moise, il faut remonter le cours assez irrégulier des millénaires passés pour suivre les traces migratoires internes des Africains entre les fleuves Nil et Niger, Ces deux voies d’eau qui ont fait l’histoire et les hommes du continent et du monde furent parfois confondues tant les relations ont été densifiées par les échanges du commerce transsaharien : or, sel, esclaves, caravanes de produits égyptiens, maghrébins et européens. Du point de vue spirituel, c’est la magie, le judaïsme et l’islam qui vont y modéliser les comportements humains. Selon le Chroniqueur de Tombouctou, auteur du célèbre Tarikh Es Soudan (TS), Abderrahmane ben Abdallah ben Imran ben Ansir-Sa’di, les magiciens commandités par Pharaon dans sa controverse avec Moise seraient venus de Koukia, capitale de Sonni Ali Ber, le roi magicien du Songhay, dont Adam Konaré Ba est l’académicienne spécialiste. C’est dire toute la complexité et les sinuosités des occultes pratiques divinatoires transférées par le double sens de ces anciens migrants. Celles qui cependant continuent de faire et de défaire le lit du religieux, en Egypte, au Mali en particulier, et au Sahel en général, séquestrés de nos jours par le jihadisme politique armé et ses perverses dérives. Ce phénomène métastatique s’étale de plus en plus conflictuel entre les croyances mythologiques bien ancrées et les certitudes monothéistes opposées au doute associationniste et fermement combattues par le Patriarche Ibrahim (Salut sur Lui). Les empires, les royaumes et surtout, les présentes républiques de notre aire culturelle ouest africaine, en sont le très compliqué produit institutionnel, juridique et politique, en permanente agitation, heureuse et malheureuse. A cet égard, les Soninkés, adorateurs du Serpent Bida, reconvertis musulmans après le choc de sa décapitation par un vrai amoureux de sa fiancée destinée au sacrificiel humain annuel pour la voracité satanique de la bête rampante, représentent, en la dimension mondiale de leur diaspora, le vivant témoignage de la solidité et de la résistance de ces interférences cultuelles et culturelles. Au seul regret de leur position actuelle de pouvoirs dominés en raison de leur déficit en capital intellectuel créatif. De la magie à la sorcellerie, du charlatanisme domestique à l’islamisation de mosquée, tout est ici réuni sur ce composite itinéraire religieux de l’atlantique à la mer rouge. Dans le corps et dans l’esprit, pour marquer et se démarquer dans la très compétitive différence identitaire, individuelle et collective, à l’échelle panafricaine. Laquelle a tendance à se scléroser faute de renouvellement opérationnel visionnaire de ses propres paradigmes. Son modèle pacifique de violence occulte, mis en cause par les conflits sanglants, est si bien ancré dans le subconscient collectif des maliens et des égyptiens et autres que personne ne semble responsable du patrimoine que quand il est définitivement enterré, momifié et loué par défaut. Enfoui. Dissimulé. Caché. Jamais divulgué. Noyé. Jamais solidifié. Effacé. Et ouvertement blessé est le prochain. Et tué spectaculairement est le proche facilement accessible. Là où laisser traces manquait d’expertise. Buguni examen. Segu ni janfa. Faire en sorte, ni vu, ni connu, que personne ne s’en sorte par un subtil mécanisme de nivellement par le bas. Peur du talent. Trahison. Comme si le crime de l’homme contre l’Homme resterait impuni, ici bas et au-delà. Tout se paye cash, en bien et en mal, ici et maintenant ! Les auteurs de ces orgueilleuses abominations ont sur plusieurs maudites générations la langue pendue et fendue jusque dans leurs poches trouées. Inutile d’y investir. Comme si tout se réduisait à une verbeuse délinquance religieuse, libidinale ou financière. Et leurs héritiers victimes sont fraternellement associés en une famille sans objet social ni économique pour mieux dévorer les cadavres de leur fratrie en sacrifiant réciproquement leurs origines maternelles. Incapables ou se refusant tout simplement de penser et de repenser la moindre règle de droit, divin ou naturel, qu’ils se donnent eux-mêmes. Seul devoir : tuer l’innocent. S’unir signifie s’éliminer. Dans ces tragiques conditions animales de non communication productive entre Frères Musulmans du Mali ou de l’Egypte, comment voulez vous réussir dans la durée prospective, la moindre entreprise, individuelle ou collective, société ou Etat ? Paix à l’âme du Président Morsi, démocratiquement élu après le printemps arabe, qui avait désapprouvé l’intervention militaire française Serval et à qui le Haut Conseil Islamique du Mali a répondu en temps réel en y étant favorable. Entre l’éducation pour la vie et l’endoctrinement pour la mort, la nature du bien et la culture du mal s’opposent rigoureusement dans la persévérante quête du juste milieu humanitaire. Pas de futur pour qui n’a pas de mémoire pour cause d’ingratitude. Entre ici bas et au-delà, le succès scientifique final passe invariablement par l’épreuve incontournable des échecs dont on a sagement tiré les bonnes leçons transitoires républicaines, pour ne plus jamais récidiver en les mauvaises. Car personne, ni aucune institution, civile ou militaire, n’est à l’abri de tentations, de désirs indésirables et de péchés que le Très Miséricordieux aime à pardonner. Bel optimise du jour passant à la nuit sans crier gare à la vie qui naît de la mort pour renaître à nouveau, ressusciter, par la grâce de Son Omnipotence ; « Nous appartenons à Allah - le Très Haut -  et c’est vers Lui que nous reviendrons. Nous ne détenons rien de ce qui nous concerne : à Lui les louanges pour Ses dons et à nous la patience dans les épreuves,, aussi bien dans la rétribution que dans le châtiment. » (2/156)

Imam Pr Hamidou Mamadou Makan MAGASSA



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