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Politique

Plan d’action du gouvernement de Transition Le débat de fond s’annonce rude !




5 mois après sa prise de fonction, le premier ministre, Moctar Ouane a présenté, le vendredi 19 février 2021, aux membres du conseil national de Transition, le plan d'action du gouvernement. Un plan d'action assez ambitieux, a-t-il les moyens de sa politique ?

Le bateau de la transition semble définitivement prendre le large. La présentation du plan d'action du gouvernement en est un signal fort. Les autorités de la transition révèlent leur volonté de déblayer le terrain pour instaurer une gouvernance vertueuse. Le plan d'action du gouvernement est décliné en 6 axes principaux dont 23 objectifs, adossés à 275 actions à évaluer à travers 291 indicateurs. La question sécuritaire occupe la tête de peloton des actions futures. Le débat de fond est prévu aujourd'hui. Ce plan d'action passera -t-il comme lettre à la poste ? Au regard des dissensions qui ont précédé la mise en place de l’organe législatif, beaucoup de maliens s’interrogent sur la qualité du débat. Pour les détracteurs, l'organe législatif ne serait qu’une caisse de résonance. Pour autant, il ne s'agira pas de poser des questions superficielles à conation populiste mais plutôt des questions constructives. Lesquelles questions permettront non seulement aux membres du conseil national de Transition de contredire les détracteurs mais aussi d’élucider les zones d’ombre qui subsistent dans ce plan d'action du gouvernement pour l’opinion nationale. Ce qui constitue la sève de la démocratie et un tremplin solide pour le départ du Mali nouveau.

Pour beaucoup de personnes le chef de gouvernement est animé d'une bonne volonté pour conduire la transition à bon port. En dépit de cela, le PM ne doit pas perdre de vue qu'il a en face des têtes bien faîtes, capables de faire des analyses approfondies sur tous les éléments contenus dans le plan d'action du gouvernement.

Sans la quiétude, le développement est quasi impossible. C’est pourquoi sur le volet sécuritaire, le PM souhaite diligenter la relecture, l’approfondissement et la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger. Toujours est-il que le Mali traverse une situation très délicate où il urge une union sacrée de tous les fils pour sauver la patrie en péril. Les mesures annoncées riment avec les aspirations du peuple malien, reste leur mise en œuvre. Il y a par exemple la gabegie qui s'est emparée de tous les secteurs. Les autorités de la transition sont tenues de faire l'audit de la loi d’orientation et de programmation militaire votée avec un financement de 1230 milliards, histoire de mettre hors d'état de nuire les indécis.

Selon certains, le plan d’action présenté par le premier ministre est trop ambitieux au regard du temps imparti à la Transition. Pour d'autres, il est réalisable à condition que les maliens regardent dans la même direction. Le volet du plan consacré à la lutte contre la mauvaise gouvernance de façon générale et particulièrement la corruption constitue l'un des chantiers sur lequel le gouvernement de transition est attendu. La tâche s’annonce rude car les autorités de la transition doivent mettre hors d’état de nuire les indélicats de la République mais aussi de faire savoir à la population que le denier public est sacré. Pour ce faire, un retour aux fondamentaux ne serait-il pas une bonne entame ? Dura lex, Sed lex, la loi est dure, mais elle reste loi. Le sommeil des bandits à col blanc doit être perturbé.

Il faut que l'école occupe l'axe 3 du plan d’action du gouvernement de Transition. Cela se justifie amplement car l'école malienne est très malade pour ne pas dire à l'agonie. Sa refonte est plus qu'une nécessité. Tous les partenaires sociaux doivent être mis à contribution, personne ne doit rester sur le quai. Le dialogue annoncé par le PM avec les syndicats mérite lui aussi une attention particulière. Tous les détails doivent être revisités pour éviter à notre système éducatif de sombrer dans un cycle infernal de grèves. Les maliens n’ont plus besoin d’assister à des années escamotées ou sauvées in-extremis.

Avec toutes les remarques et observations, les membres du conseil national de Transition doivent faire un dépassement de soi pour jouer pleinement le rôle qui est le leur. En attendant l'adoption du plan d'action du gouvernement, les regards sont rivés sur le conseil national de Transition.

I Sanogo

 



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