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Politique

NOUHOUM OUMAR DIARRA, CANDIDAT MALHEUREUX DU PRVM-FASOKO A KATI « Le mandataire de la liste RPM-ADEMA-URD, Alou Badra Sangaré doit avoir honte de se taper la poitrine avec une victoire volée




Dans un entretien qu’il a bien voulu accordé au journal « Les Echos », le candidat du PRVM-Fasoko dans la circonscription électorale de Kati, Nouhoum Oumar Diarra revient sur les circonstances dans lesquelles sa liste a perdu les dernières élections législatives et dénonce les contrevérités du mandataire de la liste RPM-ADEMA-URD. Lisez !

 

Les Echos : Quel est le sentiment qui vous anime après l’arrêt contesté de la Cour constitutionnelle relatif aux résultats définitifs du second tour des élections législatives de 2020 ?

 

Nouhoum O Diarra : Pour répondre sincèrement à votre question, j’ai un sentiment de discrédit sur les juges de la Cour constitutionnelle. Nous avons été déclaré vainqueurs au niveau conseil de cercle de Kati et au niveau du ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités locales. Mais nous avons été surpris de constater que ces résultats provisoires données par ces deux structures étatiques ont été tripotés et changés en la faveur de la liste sur laquelle le parti présidentiel était représenté.  Et cela a été par les neufs sages de la cour au moment même où nos adversaires avaient commencé à féliciter pour notre brillante victoire. Mais à la grande surprise de tous, la liste qui s’était résignée à admettre sa défaite a été déclarée vainqueuse. Nous et nos électeurs avons ressenti cela comme un coup de tonnerre sur nos têtes. Nous avons été spoliés de façon très flagrante de notre victoire chèrement acquise. Notre amertume est encore intense. Je crois cet évènement, auquel tous les Maliens ont assisté, nous marquera à jamais.  Ça donne le dégout de la politique malienne.

Les Echos : Plus d’un mois après cet évènement, vous restez encore mobilisés pour que cette injustice soit réparée. Qu’est ce que vous cherchez concrètement ?

NOD : Nous demandons à ce que notre victoire, obtenue par la voie des urnes telle que recommandée par la démocratie malienne, nous soit restituée. Cela le plus rapidement possible. Je rappelle au passage que nous avons déjà mis en place un collectif dénommé collectif des victimes de Manassa Danioko qui a obtenu l’adhésion de toutes circonscriptions où les populations ont estimé que le verdict des urnes n’a pas été respecté. Nous avons demandé au gouvernement de procéder à la résolution de cette crise postélectorale par la voie politique. C’est un problème politique à laquelle il faut apporter des solutions politiques. Pour ce faire, le gouvernement à deux choix soit il restitue aux gagnants par la voie des urnes leurs victoires en se référant aux résultats provisoires donnés par le ministère de l’administration territoriale, soit à défaut il peut procéder par jurisprudence à l’organisation de nouvelles élections partielles dans les circonscriptions où les élections du 29 avril passé ont été contestées. Je rappelle d’ailleurs que cette dernière option est aussi défendue par la Cedeao et la Conseil national de la société civile.

Les Echos : Dans une récente conférence de presse animée par le mandataire de la liste adversaire déclarée vainqueuse par la Cour constitutionnelle ne tarissait pas d’éloge sur l’arrêt contesté des neufs sages et vous passait pour des perdants jaloux qui ne veulent pas se rendre à l’évidence. Quel est votre commentaire ?

NOD: je crois que le mandataire de la liste RPM-ADEMA-URD, Alou Badra Sangaré doit se taire pour ne pas se faire ridiculiser. L’arbre ne doit pas cacher la forêt. Tout le monde sait comment sa liste a été repêchée et d’être déclarée victorieuse sur du faux par la Cour constitutionnelle. Ils doivent avoir honte de se taper la poitrine avec une victoire volée. D’ailleurs, je signale qu’on appelle aujourd’hui ces députés à Kati : les députés nommés par la Cour constitutionnelle.   Alou Badra Sangaré est dans une posture de faux-fuyant en disant que la loi électorale a été violée par le ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités locales. Il est dans la dynamique de se cacher sous une soi-disant défaillance de l’Etat. C’est la responsabilité de l’Etat qu’il est en train de critiquée car c’est l’Etat qui a délègue ses pouvoirs à des gens qu’il dit avoir commis des fautes. Cela n’est une raison de se glorifier, car nous n’avons pas à payer à la place de l’Etat. Et je ne pense même pas que cela n’a pas été le cas dans la circonscription de Kati.  Car ce sont les mêmes personnes qui ont organisé le premier tour des élections qui ont aussi géré le second tour. Il s’agit des même présidents et assesseurs qui ont dirigé les élections dans la commune rurale du Mandé. Et à l’époque, nous avons fait une « sommation interpellative » au niveau de la préfecture de Kati, au niveau de la sous-préfecture de Kalaban-Coro et au niveau de la commune rurale du Mandé. En clair, lorsque le Secrétaire général de la mairie de la commune rurale du Mandé, qui est apolitique,  a reçu la lettre circulaire des syndicats des enseignants qui lui notifiait que leurs militants ne participeront pas à l’organisation desdites élections, il a fait une note à laquelle a été jointe la lettre circulaire et le tout a été envoyé au préfet de Kati. Après la réception de cette note du Segal, le préfet a instruit au sous- préfet pour aller faire le constat et proposer une liste des présidents et assesseurs. Et c’est cette liste qui a été proposée par le sous-préfet qui a été validée par le Préfet de Kati. Mieux, c’est le Préfet de Kati a envoyé les formateurs pour aller former les remplaçants validés par le Préfet bien avant la tenue des élections. Et ceux-là qui disent aujourd’hui que la loi électorale a été violée avaient leurs délégués dans les 62 bureaux de vote qui ont été annulés. Et le plus révoltant dans cette affaire est que Manassa et les autres sages ne se sont même pas donnés de la peine à consulter nos requêtes au moment de rendre leur verdict. Ils se sont plutôt agrippés aux requêtes formulées par nos adversaires. 

Les Echos : la crise postélectorale a été un élément déclencheur des manifestations en cours dans la rue contre le régime IBK. Quel est le rapport que le collectif des victimes de Manassa entretient avec le M5-RFP parrainé par l’imam Mohamoud Dicko ?

NOD : Effectivement, il n’y avait pas tous ces problèmes avant cette crise postélectorale. Les problèmes ont commencé juste après la crise électorale qui a mobilisé les Maliens dans toutes les circonscriptions électorales où les voix des populations n’ont pas été respectées. Par rapport à votre question, notre position est claire. Officiellement, le collectif a décidé de ne pas adhérer au M5-RFP. Parce que avant la naissance de ce mouvement, nous avions déjà utilisé d’autres canaux de revendication afin que nos victoires soient restituées. Il s’agit du Haut Conseil islamique dirigé par Ousmane Chérif Madani Haïdara. Nous avons été le voir et il nous a promis de se battre à nos côtés pour que nos revendications soient portées à qui de droit. Mais, je rappelle que les adhésions individuelles à ce mouvement restent ouvertes pour chaque membre du groupe et personnellement je soutiens le M5-RFP.

Les Echos : Avez-vous une idée sur le moral de vos électeurs qui s’attendaient à du changement ?

NOD : Les électeurs sont très déçus. Ils ont le moral au talon. L’impatience de voir des hommes et des femmes qu’ils ont choisi siégés se renforce tous les jours. Certains veulent même aller jusqu’aux muscles. Mais nous continuons à les parler et apaiser les esprits surchauffés en initiant des projets pour les occuper et les soulager. Il y a une semaine par exemple, j’étais à Dougabougou pour résoudre un problème de reconstruction des routes m’avait été posé lors de la campagne. Nous avons pu apporter à ces populations du sable et trois tonnes de ciments pour les soulager tout en les rassurant que nous allons nous battre jusqu’au bout pour que leurs voix soient respectées et restituées.

Youssouf Z KEITA

 

 

 



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