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Société

MME SANGARE AÏCHA KONE, PRESIDENT ASSOCIATION BENKADI LASSA « Nous ne demandons que des matériels de travail »




Au cours d’un entretien tenu en marge de la séance de sensibilisation et d’information organisée par l’ONG Ceci à Lassa, la présidente de l’Association bénéficiaire, Mme Sangaré Aïcha Koné, a bien voulu expliquer les objectifs assignés à son association dénommée « Benkadi », ses succès et ses difficultés. Lisez !

 

Les Echos : Présentez-vous à nos lecteurs

S.A.K : Je suis la présidente de l’association Benkadi, depuis 2018. L’association a été créée avant mon arrivée mais elle était presque morte du fait des querelles mesquines entre les femmes. Mais, grâce à mon effort personnel et à la volonté des femmes, nous avons réussi à redynamiser l’association qui a pour seul but de rassembler les femmes autour d’un objectif commun : celui de leur propre émancipation.

 

Les Echos : Comment se porte l’association aujourd’hui ?

S.A.K : Je remercie le bon Dieu, en premier lieu. Je jouis actuellement d’une grande confiance des femmes de Lassa depuis mon arrivée à la tête de l’association. C’est mon devoir de renforcer davantage cette confiance.

Je remercie aussi au passage mon mari, Yaya Sangaré qui, m’a soutenue fortement dans cette aventure tant moralement que financièrement. Il ne s’est jamais plaint de mes visites souvent nocturnes et de mes absences fréquentes au foyer. Je remercie également la chefferie de Lassa sans les bénédictions de qui nous n’aurions pas réussi à obtenir tous ces résultats réalisés en deux ans seulement. 

Pour revenir à votre question, je dirai que je suis une présidente comblée ; comblée des résultats de chacune des membres de l’équipe que je dirige. Nous sommes aujourd’hui une association qui est en train d’écrire une nouvelle page de l’histoire des femmes de Lassa. Actuellement, toutes les femmes de Lassa sont une seule famille, unie et solidaire. Au moment où j’arrivais à la tête de l’association, le pari n’était pas gagné d’avance. Il a fallu un gros travail de sensibilisation pour réconcilier toutes les femmes et les inciter à regagner l’association. Dieu merci, ces défis ont été relevés. Pour preuve, au départ nous n’étions qu’une dizaine de femmes. Mais aujourd’hui, les membres de l’association sont estimés à plus de 800 femmes, toutes pleinement engagées et confiantes en l’avenir. 

 

Les Echos : Plus de 800 membres pour quels résultats obtenus en deux ans ?

S.A.K :Pour un résultat très positif car nous avançons doucement mais très sûrement. Aucune femme à Lassa actuellement n’est orpheline face à un évènement heureux ou malheureux. Mieux que ça, nous avons pu relancer, sur fonds propres, les activités au niveau de notre centre professionnel dans lequel nous faisons un peu de tout, avec les moyens de bord. Nous faisons de la couture, de l’élevage, de la fabrication de savon, dont les matériels nous ont été offerts par la FaFE, et de la transformation alimentaire. Et, croyez-moi, nous sommes encore loin de nos ambitions.

 

Les Echos : Quelles sont les difficultés auxquelles l’association est confrontée ?

S.A.K : Nous souffrons énormément du manque d’outils de travail. Nous ne demandons que des matériels de travail. Nous avons la volonté de travailler pour contribuer aux charges de nos foyers respectifs. Présentement, nous n’avons que des matériels de travail pour environ 20 personnes alors que nous sommes près d’un millier de femmes. Cette situation force certaines femmes de Lassa au chômage. Nous sommes ouvertes à toutes sortes d’aides en outils de travail, avec un accompagnement de suivi et évaluation de la part des donateurs. Nous voulons faire travailler toutes les femmes de Lassa afin qu’elles vivent dignement des fruits de leurs labeurs. Tel est notre souci et c’est à cela que nous sommes engagées.

 

Les Echos : Avez-vous un appel à lancer aux organisations de soutien à l’émancipation des femmes ?

S.A.K : Avant de lancer un appel, j’ai envie de signaler un fait majeur. Je veux faire savoir à toutes lesorganisations de soutien à l’émancipation des femmes que l’association Benkadi de Lassa n’a pas attendu l’aide extérieure pour montrer sa capacité et sa volonté à aller de l’avant. Nous n’allons jamais baisser les bras. C’est dire que nous sommes une association à laquelle elles peuvent faire confiance. D’ailleurs, nous sommes prêtes à nous soumettre à tout exercice de suivi et évaluation d’un partenaire financier. C’est dire aussi que nous avons besoin de leur aide pour renforcer notre association, fructifier son business afin de pouvoir  soulager, si peu soit-il, les souffrances des femmes de Lassa.

Interview Réalisée par

 Youssouf Z KEITA 



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