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MINES ANTIPERSONNEL Le Mali parmi les pays les plus touchés




Le rapport annuel de l’Observatoire des mines fait état de 5 554 morts dans le monde en 2019, dont 345 dans l’Etat sahélien.

Un soldat sénégalais de la Minusma cherche des engins explosifs improvisés, à Gani Do, au Mali, en juillet 2019. MARCO LONGARI / AFP

Le Mali, touché par l’instabilité politique, l’action des groupes armés djihadistes et la grande pauvreté, compte un malheur de plus : le pays figurait en 2019 parmi les plus touchés par la menace des mines antipersonnel, selon le rapport annuel de l’Observatoire des mines. Présenté jeudi 12 novembre par l’association Handicap International, il dresse une nouvelle fois un bilan contrasté de l’application de la Convention d’Ottawa, qui, depuis 1999, interdit l’usage de ces armes.

Qu’elles soient héritées de conflits antérieurs ou apparues dans les guerres en cours, les mines antipersonnel ont tué 5 554 personnes en 2019, à 80 % des civils et pour plus de 40 % des enfants. Et si de vastes régions en ont été débarrassées grâce aux opérations de dépollution financées par la communauté internationale, notamment en Afghanistan, au Cambodge, en Croatie ou en Irak, ces armes restent largement disséminées : dans 55 pays au total.

Les cinq Etats qui ont déploré le plus de victimes en 2019 sont ainsi l’Afghanistan (1 538 morts), le Mali (345), l’Ukraine (324), le Yémen (248), et le Nigeria (239). L’Etat sahélien a la particularité de connaître une dissémination d’engins explosifs improvisés (IED) sur ses routes, visant essentiellement la destruction de véhicules, qu’il s’agisse des bus transportant des villageois ou des convois militaires des forces étrangères stationnées dans le pays. « Le Mali a confirmé une contamination par les mines anti-véhicules depuis 2017. Il a subi une augmentation significative des incidents causés par des IED, y compris des mines improvisées, dans le centre du pays », explique le rapport.

Des armes déclenchées par pression ou à distance

« Les chauffeurs sont devenus un groupe cible essentiel » en raison du nouveau danger posé par ces armes déclenchées par pression ou à distance : cette réalité a poussé l’Organisation des Nations unies (ONU) à développer des formations au repérage des IED, à destination des personnels des organisations humanitaires et des entreprises empruntant les axes de circulation de la région. « Les nomades et les communautés pastorales ont aussi été des groupes prioritaires pour cette éducation au risque », au Mali comme dans les Etats voisins, le Tchad ou la Mauritanie.

Il y a quelques mois, un responsable militaire de l’opération « Barkhane » avait confié au Monde ses craintes : « Si nous partons maintenant du Mali, les groupes armés terroristes vont miner les abords de tous les villages importants et ils tiendront ainsi le terrain. »

Des allégations faisant état de l’arrivée de nouvelles mines antipersonnel aux mains des groupes armés non étatiques qui combattent au Mali, mais aussi au Niger et au Burkina Faso, n’ont pu être « confirmées », précise l’Observatoire des mines. En outre, « dans certains incidents, il n’est pas toujours possible de savoir si l’engin impliqué était un IED commandé à distance qui n’a pas été utilisé (il s’apparente dans ce cas plus à un “reste explosif de guerre” qu’à une mine) ou s’il s’agissait d’une mine activée à dessein. L’impact en termes de pertes est impossible à distinguer ».

Nathalie Guibert

 



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