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MICRO-TROTTOIR Une source de revenus pour beaucoup de Maliennes




Elle prend de l'ampleur jour après jour. La mendicité, qui était seulement faite par les enfants talibé pour qu'ils puissent comprendre les réalités de la vie, a pris une autre forme. Mères d’enfants jumeaux, personnes handicapées et/ou même personnes bien portantes s'adonnent désormais à cette pratique.

Les mendiants…  Ils sont dans la rue, dans les marchés. Ils font souvent du porte-à-porte. Mais, il y a pire ! Beaucoup de jeunes mendiants trempent dans des activités condamnables comme le vol. Ou encore, des individus mal intentionnés se font passer pour des mendiants afin de commettre des forfaits. Ainsi, mendicité rime de plus en plus avec petite criminalité.

La population s’exprime sur le sujet.

 

Moussa Coulibaly, enseignants : La mendicité doit être stoppée pour un moment donné en vue de mettre des lois en place pour savoir qui doit ou ne pas mendier. Du fait de l’ampleur que prend le phénomène, nous ne savons même plus qui est mendiant ou ne l’est pas.

Fanta Diarra, vendeuse :La mendicité, telle qu’elle se pratique au Mali, n'est pas une bonne chose parce que certaines personnes en ont fait un véritable gagne-pain et refusent de travailler noblement.

Salif Koné, agent Orange Money : Je ne dis pas que la mendicité est condamnable, mais je suis contre cette pratique. Figurez-vous que dans mon quartier, il ya une dame qui s'assoit au bord de la chaussée pour mendier alors qu'elle est bien portante physiquement et mentalement. Et, comble de l’ironie, je vous informe que cette femme a pu se construire une maison avec cet argent qu'elle a amassé. De ce fait, est-ce que la mendicité peut toujours garder sa forme initiale ? Moi, je dirais non ! Et je vous avoue que même si j'ai de l'argent à jeter par les fenêtres, je ne donnerais pas un sou à un mendiant, à l'exception des enfants talibé qui ne dépassent pas 8 ou 9 ans.

Oumou Diallo, vieille mère du quartier : Chez nous, au centre du pays, par exemple, nous envoyions nos garçonnets à  la grande mosquée. Mais, ce n’était pas pour qu’ils deviennent des professionnels de la mendicité. C’était plutôt pour que les maîtres coraniques puissent leur apprendre des leçons de la vie, et pour qu'ils puissent être des personnes meilleures. C’est en voulant inculquer aux enfants l’habitude de la débrouille que les maîtres coraniques ont décidé de mettre en place cette stratégie que nous appelons "mendicité". En clair, « Tout enfant qui parvient à trouver son pain quotidien sans voler ni tricher serait une personne responsable. » C’est pourquoi, les enfants talibé, qui sont généralement de petits enfants, allaient de porte à porte pour quémander un peu de nourriture. Hélas ! La pratique, au départ sous-tendue par une noble vision, a dévié et a pris une ampleur inquiétante aujourd’hui.


Moussa Diarra, jeune du quartier : Moi, je suis contre la mendicité dans toutes ses formes parce qu’elle forme des futurs délinquants. Ces petits enfants qu'on envoie quémander des choses par tous les moyens, sont souvent obligés de voler pour ne pas être frappés par les maîtres coraniques. Et, de petit larcin en petit vol, ce sont les mêmes qui deviennent  plus tard des braqueurs, donc de vrais dangers pour la société.

Touma Gassamba, enfant parlementaire :Je ne l'ai jamais aimé la mendicité, et, à mon avis, ça nuit aux enfants. Alors, pourquoi faire cela s’ils sont déjà sous la responsabilité d'une personne qui peut bien travailler ? Au Mali, la mendicité est devenue ce qu'il n'est pas réellement au fait.

Selon ma compréhension, on mendie parce qu'on n’a pas les moyens de nous nourrir. Mais,  mendier pour nourrir quelqu'un d'autres ? Cela est-il religieux ?  Les responsables qui poussent les enfants à cela doivent être punis par la loi.

Mohamed Gueye, membre du Conseil consultatif national des enfants et jeunes du Mali (CCNEJ):La mendicité rentrait dans le cadre de la formation et avait pour principale raison de former et d'initier les enfants à la vie dure et à leur  apprendre la religion, surtout l'apprentissage du Coran. Mais, aujourd'hui, nous assistons à un boom du nombre de talibé. Les maîtres d’écoles coraniques les obligent à aller mendier pour leurs propres comptes. Et, dans d'autres localités du Mali, c'est une coutume, une culture qui pousse ces enfants à aller vers l'apprentissage de la vie.

Aissata TINDÉ

Stagiaire

 



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