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Société

MALI/CPI Début du procès de l'ancien chef de la police islamique de Tombouctou




Le procès de l'ancien chef de la police islamique à Tombouctou démarre aujourd'hui devant la Cour pénale internationale.

Al Hassan Ag Abdoul-Aziz est accusé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité au Mali.

Il a dirigé la police à Tombouctou il y a huit ans lorsque la ville était sous le contrôle des groupes militants - Ansar Eddine et Al-Qaïda au Maghreb islamique.

Al Hassan Ag Abdoul-Aziz, 43 ans, n'est que la deuxième personne à être jugée par la Cour pénale internationale pour ses actions pendant la guerre dévastatrice au Mali il y a près d'une décennie.

En tant que chef de la police islamique, il est accusé de torture, de viol et d'esclavage sexuel.

De nombreuses filles et femmes auraient été forcées d'épouser des militants qui avaient pris le contrôle de l'ancienne ville de Tombouctou.

Il est également accusé d'avoir ordonné la destruction de monuments historiques et de bâtiments dédiés à l'islam.

Abdoul-Aziz a été remis à la CPI en 2018 par les autorités maliennes.

Ahmad al-Faqi al-Mahdi, qui a reconnu avoir détruit neuf mausolées et une mosquée à Tombouctou, est le seul autre homme à avoir été jugé pour son implication dans le conflit au Mali.

Il a été condamné en 2016 à neuf ans d'emprisonnement.

BBC

CPI

 L’avocate du jihadiste présumé Al-Hassan demande aux juges de clore l'affaire

Al-Hassan est accusé de crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis à Tombouctou entre avril 2012 et janvier 2013. (image d'illustration) Peter Langer/Getty Images

A deux semaines de l’ouverture du procès d’Ahmed Al-Hassan devant la Cour pénale internationale, son avocate demande la clôture de l’affaire et la libération de l’accusé. Ahmed Al-Hassan est poursuivi pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis lors de l’occupation de Tombouctou par Ansar Dine et Aqmi, en 2012. Cet ancien commissaire de la police des mœurs souffrirait de stress post traumatique, après avoir été torturé lors de son arrestation.

Ahmed Al-Hassan avait été arrêté en avril 2017 par la force Barkhane, puis détenus par la DST malienne. Selon son avocate, il aurait alors été torturé à plusieurs reprises. Maître Taylor demande donc aux juges de clore l’affaire et de le libérer.

A l’époque, avant son transfèrement à La Haye, les enquêteurs du bureau du procureur avaient à plusieurs reprises interrogé l’ancien commissaire de la police des mœurs de Tombouctou. Ahmed Al-Hassan se serait alors plaint du manque de soins, de nourriture. Il aurait assuré être régulièrement battu et soumis au waterboarding.

Selon son avocate, le bureau du procureur n’aurait rien fait. Maître Taylor ajoute que des témoins de l’accusation auraient eux aussi subi des sévices. Pour elle, aucun témoignage enregistré sous la torture ne peut être validé par un tribunal.

Le procès pourrait néanmoins démarrer avant la décision des juges. L’accusation leur suggère de traiter la question parallèlement et d’écarter les témoignages jugés irrecevables.Je m'abonne

Au cours d’une audience, mardi, l’avocate australienne a aussi expliqué qu’avec la pandémie, elle n’a pu rencontrer son client en prison depuis mars. Le procureur Gilles Dutertre a aussi demandé aux juges d’être flexibles. Les premiers témoins devraient déposer fin août. Mais avec la Covid-19, il sera compliqué de les faire venir du Mali.

Stéphanie Maupas



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