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Politique

MAHAMADOU ISSOUFOU A L’OUVERTURE DU SOMMET EXTRAORDINAIRE DE LA CEDEAO SUR LA MALI




« Le terrorisme et la pauvreté, voilà l’ennemi principal du peuple malien »

Comme prévu, hier lundi, les Chefs d’Etats de la Cédéao se sont encore penchés pour sur la crise malienne à la faveur d’un sommet extraordinaire tenu par visioconférence. Au cours de cet échange, le président en exercice de la Cédéao, Mahamadou Issoufou n’a pas caché son souci de danger qui guette toute la sous-région du fait de la crise malienne. 

La crise malienne était le seul point est inscrit à l’ordre du jour de cette visioconférence. Mais, comme à Bamako, le président en exercice de la Cédéao, dans son discours d’ouverture de la visioconférence a encore donné le sentiment que la Cédéao résume la crise malienne à l’arrêt contesté de la Cour constitutionnelle. « Permettez-moi de rappeler que la crise politique, dans ce pays frère, a été déclenchée par l’arrêt de la Cour constitutionnelle sur les élections législatives des mois de mars et avril 2020. C’est en effet sur cette base qu’est né un mouvement de contestation qui exige, entre autres, la démission du président de la République »,  rappelle dans ses propos liminaire Mahamadou Issoufou. Et d’enchainer rapidement que cette demande du M5-Rfp est contraire aux dispositions du protocole de la Cédéao sur la démocratie et la bonne gouvernance, dispositions qui constituent des principes constitutionnels communs à tous les Etats membres de l’organisation.

Par ailleurs, il a insisté sur le caractère supranational de ce protocole qui s’impose à tous les gouvernements et Institutions des pays de notre espace. « C’est le cadre légal qui justifie les missions dépêchées par la Cédéao à Bamako, dont la dernière, avant celle des Chefs d’Etat, a été conduite par l’ancien président du Nigéria, Son Excellence Monsieur Goodluck Jonathan, désigné comme médiateur et que je salue et félicite, pour l’excellent travail accompli », dit Mahamadou Issoufou.

Selon lui, le résultat de ces deux missions ont été d’un apport inestimable dans la préparation et le déroulement de la Mission des Chefs d’Etat qu’il a conduite à Bamako le 23 juillet dernier.

Le président en exercice de la Cedeao a ensuite réitéré ses remerciements au président Ibrahim Boubacar Kéita, au peuple malien, à la classe politique et à la société civile maliennes pour leur disponibilité et pour la chaleureuse hospitalité dont a bénéficié notre délégation. « Les échanges francs que nous avons eus avec tous les interlocuteurs nous ont permis de mieux comprendre la situation qui prévaut dans ce pays frère », informe le président.

Le temps presse et les risques sont grands !

Selon le président nigérien, le sommet extraordinaire a pour but de vous rendre compte des trois missions de l’organisation sous-régionale aux Chefs d’Etats de la Cedeao. « Après analyse de la situation, il revient à notre Sommet d’adopter une Déclaration forte qui préconisera, sur la base des principes qui régissent notre organisation en matière de prévention, de gestion et de règlement de conflits, des solutions fortes pour une sortie de crise rapide au Mali », appelle Mahamadou Issoufou.

De passage, il a aussi appelé les Maliens à ne pas manquer de tirer leçons du passé. « N’oublions pas que l’effondrement des institutions maliennes en 2012 a failli ouvrir la voie au contrôle du pays par des organisations terroristes et criminelles. N’oublions pas que le Mali, comme les autres pays du Sahel et du Bassin du Lac Tchad, est en guerre, guerre qui est une des conséquences de la crise de 2012, prouvant ainsi que l’effondrement d’un Etat dans un pays, n’en fait pas payer les frais seulement à ce pays mais à tous ses voisins et même au-delà. Cette vérité est bien illustrée par la crise libyenne suivie de la crise malienne qui, toutes les deux, ont permis au terrorisme de prendre pied dans le Sahel. Le terrorisme et la pauvreté, voilà l’ennemi principal du peuple malien. Créons donc les conditions pour que les Maliens concentrent leurs efforts dans la lutte pour sortir le pays des crises sécuritaire, sanitaire et économique », estime le président en exercice de la Cédéao.

Aux Chefs d’Etats de l’espace économique Cédéao, il dira que la situation que connaît le Mali les interpelle tous. « Nous devons donc sortir de ce Sommet Extraordinaire avec des solutions durables et des décisions fortes, à même de garantir la stabilité du Mali et donc de la région. La situation nous interpelle tous, mais elle interpelle au premier chef tous les Maliens. Cette situation exige d’eux un sursaut national. Elle exige l’union sacrée de tous les Maliens. Nous avons le devoir d’en créer les conditions ! », exige Mahamadou Issoufou.

Pour lui, les besoins urgents du Mali se résument à la mise en place rapide d’une Assemblée Nationale conforme aux résultats des élections législatives, d’un Gouvernement d’union nationale, d’une nouvelle Cour constitutionnelle, d’une enquête sur les évènements des 10, 11 et 12 juillet 2020, la libération de l’honorable Soumaïla Cissé, enlevé au mois de mars dernier par des organisations terroristes ainsi que de la mise en œuvre rapide des conclusions du dialogue national.

Youssouf Z KEITA

 



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