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Economie

LUTTE CONTRE LA CORRUPTION : Fily Sissoko et Moustapha Ben Barka sur des fauteuils éjectables




Les promesses d’investiture du Président de la transition, le Colonel-major à la retraite Bah N’Daw, de lutter efficacement contre la corruption et l’injustice sociale, laissent très douteux les Maliens quant à leur concrétisation. Et pour cause, des cadres de l’ancien régime, fortement impliqués dans l’affaire sale de l’acquisition de l’avion présidentiel et qui ont ensuite été promus par le Président IBK à l’international pour des raisons évidentes, restent curieusement inquiets des promesses de Bah N’Daw, celles de rendre justice aux contribuables.

 Parmi ces cadres, figurent l’ancien ministre de l’Economie et des Finances, Mme Bouaré Fily Cissoko nommée en 2017 Commissaire à la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) et Moustapha Ben Barka nommé Vice-président de la Banque ouest-africaine de développement (Boad), le 7 février 2020.

Au moment où les autorités de la transition mouillent le maillot pour jeter les fondements d’un Mali nouveau, juste et correct, ces deux personnalités présumées co-auteurs dans l’affaire de l’avion présidentiel méritent-elles encore de représenter le Mali, qui veut changer de visage, dans les institutions régionales et sous-régionales ?

 «Prêt au sacrifice suprême pour le Mali», Bah N’Daw a promis, lors de son investiture, une lutte implacable contre la corruption. « L’argent public est sacré et je ferai en sorte qu’il soit bien dépensé. Tous les dossiers d’enquêtes de corruption seront transmis au juge », a dit Bah N’Daw pour marquer sa détermination à asseoir une justice sociale à travers la lutte contre l’impunité. Mais près d’un mois après cette promesse, Mme Bouaré Fily Cissoko, Commissaire à l’Uemoa, et Moustapha Ben Barka, fortement inculpés dans l’affaire sulfureuse de l’avion présidentiel, continuent malheureusement et injustement à ternir l’image du Mali à l’extérieur. Cela, malgré qu’ils aient un compte à rendre à la justice malienne. On se rappelle que le président IBK avait fortement pistonné leurs candidatures dans ces deux organisations internationales pour leur créer une échappatoire face à la justice malienne.

Alors question : jusqu’à quand les autorités de la transition, engagées sur le chantier du changement, vont-elles continuer à fermer les yeux sur ces deux personnes qui ne vendent pas une bonne image du Mali nouveau dans ces institutions financières ?  Surtout quand on sait que des charges très pertinentes pèsent sur leurs épaules dans l’affaire de l’avion présidentiel non encore élucidée.

L’on se rappelle aussi que l’un de leurs co-accusés, l’ancien ministre en charge de l’Economie numérique, Mahamadou Camara, avait brièvement séjourné en prison grâce au Pôle économique et financier, concernant la même affaire.

En tout cas, si les nouvelles autorités veulent rendre crédible leur lutte promise contre la corruption et l’impunité, elles devraient, sans trainer les pieds, commencer par rappeler ces figures aux moralités douteuses. Ce, pour les mettre à la disposition de la justice malienne.

La crédibilité de la lutte contre la corruption de Bah N’Daw passe d’abord par là.

Tant qu’un brin de doute existe sur leur responsabilité dans l’affaire de l’avion présidentiel, ces deux personnalités ne méritent pas de représenter le Mali à l’extérieur. Surtout en ces temps de la refondation ! 

Youssouf Z KEITA      



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