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Politique

LETTRE DE MISSION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE AU PREMIER MINISTRE « Garder vos portes ouvertes et vos mains tendues »




Afin de gérer la crise socio politique que traverse le pays, le Président de la république, son Excellence El Hadj Ibrahim Boubacar Keita a adressé une lettre de mission au Premier ministre, Dr Boubou Cissé, pour sa reconduction dans ses fonctions de chef de gouvernement depuis le 11 juin dernier. A propos, cette lettre montre que les portes de Chef de l'Exécutif et son gouvernement sont ouvertes au dialogue avec toutes les couches sociales du pays, y compris le M5-RFP.

Le Président de la République a reconduit Dr boubou Cissé dans ses fonctions de chef de gouvernement, le 11 juin dernier. Ce n’était là nulle complaisance, nulle faveur mais un choix dicté par le mérite et les compétences techniques avérées à son égard.

S’agissant de sa loyauté envers le Président IBK, ce dernier a souligné, pendant la quarantaine de jours, que le nouveau chef de gouvernement était à ses côtés pour gérer la crise socio politique que le pays traverse.

Un sens élevé de l’Etat et de l’éthique.

En tant que premier responsable de l’Etat, IBK n’a aucun doute que Dr Boubou va s’assumer en tant que coordinateur de l’action gouvernementale, chef de l’administration publique, chef de la majorité présidentielle, chef possible d’une majorité pour l'avancement et le progrès du Mali, le seul progrès du Mali.

En parlant de la majorité, il a affirmé ceci : « vous savez combien je la souhaite, combien je l’ai voulue et la veux avant même qu’elle fasse partie des recommandations de la CEDEAO. Je continue d’y croire et d’y travailler. Vous aussi, je le sais et c’est mon devoir d'en témoigner. Un gouvernement d'union nationale en ce temps d’épreuves constituerait une solide garantie. Elle sera la vitrine du Mali rassemblé, réuni et remobilisé pour le seul combat qui vaille : celui pour la sécurité et l’intégrité du territoire, celui pour le bien-être du peuple, celui enfin pour un avenir serein pour l’écrasante majorité de la population, à savoir la jeunesse, dont vous savez combien elle m'est chère, l’avenir du pays ».

Pour le retour à la normalité

Sans détour, il a rappelé que l’Exécutif mis en place le 27 juillet 2020, et ce, en droite ligne des recommandations du sommet de la CEDEAO tenu le même jour, est dicté par les circonstances que les maliens connaissent depuis le 5 juin dernier. Certes, il est un Exécutif  restreint, a-t-il reconnu.

En se donnant la main, aux dires du Président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, le patron de la Primature doit, de manière volontariste et dans la plus grande solidarité :

- Premièrement, travailler au retour de la normalité, de la concorde et de la paix sociale et créer, ce faisant, les conditions propices à la formation d'un gouvernement d'union nationale ;

- Deuxièmement, diligenter une enquête minutieuse et crédible sur les pertes en vies humaines ainsi que sur les atteintes aux biens publics et privés tant à Bamako les 10, 11 et 12 juillet que précédemment lors des manifestations qui ont eu lieu à Kayes et Sikasso notamment. Toutes les responsabilités devront être situées pour que des mesures soient prises et des sanctions efficaces sur la base du droit.

- Troisièmement, accélérer l'opérationnalisation des mécanismes de suivi de la mise en œuvre des recommandations du Dialogue National Inclusif.

- Quatrièmement, étudier les voies et moyens de la mise en place d’un fonds d’indemnisation des victimes desdites manifestations ou de leurs ayants droit.

- Cinquièmement, mobiliser toutes les énergies et les ressources requises pour l’application immédiate et complète de l’article 39, en dépit du coût financier que nous savons particulièrement important pour la mise en œuvre de cette mesure, une mesure que nous ne pouvions cependant différer, dans l’intérêt de nos enfants.

Un gouvernement sans répit

En plus des départements régaliens, le Chef de l’Etat, son Excellence Ibrahim Boubacar Keita, engage le Premier ministre et son staff à surveiller l'évolution globale du pays et en rendre compte et, en particulier, de se pencher urgemment sur deux aspects des plus stratégiques. Il s’agit, entre autres, des contingences de la saison agricole et des complexités de la pandémie du corona virus, avant d'annoncer que tous les crédits nécessaires pour une bonne campagne agricole devront être libérés.

S’agissant de la COVID-19, il est important de signaler que le Président de la première institution au Mali attend la mise en place d'un gouvernement complet pour reconnaitre que notre pays a été relativement épargné. Car bien moins affecté que d'autres, il serait souhaitable qu’il ne subisse pas à son tour les ravages d’une deuxième vague de contamination, a-t-il avisé. En s’adressant au nouveau chef du gouvernement, il a réitéré son accompagnement en martelant : « faites donc en sorte que la lutte contre la Pandémie soit maintenue voire intensifiée, car notre seul salut réside dans la prévention. Intensifier l’appel au port des masques qui préviennent et qui protègent ».

Aide au confort à la marche du Mali

Pour accomplir la mission ardue du Premier ministre et son équipe, la recette sera de savoir rester humble, de garder « vos portes ouvertes et vos mains tendues », a insisté le Président de la République. Celui-ci a prévenu Dr Boubou Cissé de faire en sorte que les compétences existant tant dans la majorité que dans l’opposition et la société civile puissent venir vous aider à conforter la marche du Mali. « Nous sommes tous fils de ce pays, tous en soucis de ce pays, tous à la stabilité de ce pays. Cela sera à votre honneur, à notre honneur, et au seul bénéfice du grand pays que nous sommes », prévient-il.

La capacité à entendre les cris et les plaintes

Pour répondre à une demande sociale forte, IBK souhaite être le Président d’un Mali dont les enfants se redonnent la main. Car c’est sa conviction profonde en tant que premier responsable, malgré les incompréhensions et les malentendus. Avec un destin solidaire, il déclare que le salut n’est pas dans les barricades.

La loi et l'ordre au sommet

Impossible de transiger là-dessus. Selon Ibrahim Boubacar Keita, les prescriptions et les préalables de l’Etat de droit que nous ambitionnons de construire. « Ces prescriptions ne sont pas l’ennemi du dialogue et du rassemblement auxquels j’appelle notre peuple. Ma rencontre avec le Conseil Supérieur de la Magistrature m’a rassuré quant au dire du droit dans notre pays, à la qualité de dire le droit dans notre pays », a-t-il rassuré.

Soucieux du droit et son effectivité au service du peuple malien, le Président de la République comprendrait également que la recherche du consensus ne doit pas se faire au détriment des urgences et de la norme. Car il y a un peuple à servir et de pressants défis à relever, il est important de fixer des délais et des garde-fous, a-t-il ajouté avec précision.

En tant que Président de tous les Maliens, le Chef de l’Etat redonne l'assurance à son nouveau gouvernement et au peuple malien qu’il tentera tout ce qui est dans son pouvoir, pour apporter aux brûlants dossiers du pays les solutions idoines, avant de souhaiter bonne chance au Premier ministre, Dr Boubou Cissé et à son équipe.

Mamadou Sangaré

 



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