news-details
Société

LES ADMINISTRATEURS CIVILS SUR LE MAINTIEN DE LA GRÈVE « Nous restons imperturbables !»




La plateforme d’action commune des syndicats des administrateurs civils composée du SYNAC, SYLTMAT, SYNTRACT ET CS-ADR, en grève illimitée depuis le 9 novembre 2020, était face à la presse, samedi dernier, pour faire l’état des négociations avec le gouvernement. Les discussions ont apporté sur des précisions par rapport aux déclarations faites par des membres du gouvernement et expliqué les raisons du maintien du mot d’ordre de grève illimitée.

En effet, pour les quatre secrétaires généraux, le gouvernement au lieu de faire face à leurs doléances, malheureusement joue au dilatoire. Pour Ousmane Christian Diarra, la plateforme reste plus que jamais déterminée à défendre ses revendications, avant de poursuivre que rien ne peut les divertir.

I l s'agissait pour les conférenciers, d'informer l’opinion nationale et internationale de l’état des négociations avec le gouvernement, apporter des précisions par rapport aux déclarations faites par le gouvernement lors de son point de presse du mercredi 11 novembre 2020 et enfin d'expliquer les raisons du maintien du mot d’ordre de grève illimitée qui a débuté, le lundi 09 novembre 2020.

« Pour rappel, la Plateforme d’actions commune (PAC) a observé une grève de 360 heures du lundi 19 Octobre au vendredi 06 novembre 2020. Deux points d’accord sur les 11 points dans le cadre de la gestion dudit préavis de grève, le gouvernement a convié les syndicats concernés à la table de négociation, les 16 et 17 octobre 2020 et ensuite le 6 novembre 2020, sur les 11 points de revendication, il n’y a eu que deux points d’accord à la suite de quoi nous avons signé un procès-verbal de non-conciliation, le 6 novembre 2020 » selon Ousmane Christian Diarra

Ces onze points de revendication sont entre autres la fixation du nombre d’agents de sécurité affectés aux représentants de l’Etat, les primes et indemnités liées aux corps des administrateurs civils et membres du corps préfectoral, l’augmentation de la prime de fonction spéciale accordée au personnel des services du MATD, la prise en charge effective des salaires et accessoires des fonctionnaires des Collectivités territoriales relevant du cadre de l’administration générale par le budget de l’Etat, la relecture des cadres organiques des services étatiques pour prévoir les corps des fonctionnaires des collectivités territoriales du cadre de l’administration générale, l’élaboration d’un plan de carrière pour les fonctionnaires des collectivités territoriales du cadre de l’administration générale, le traitement des états de salaire de l’ensemble du personnel des ADR sur la base des budgets annuels 2020 des ADR validés en Conseil d’administration et approuvés par la tutelle, l’application des accords d’établissement des ADR, l’ouverture d’une concertation pour doter les ADR (EPA) de ressources propres.

 C’est pour cette raison que lundi 19 octobre 2020, les syndicats ont déposé un autre préavis de grève, cette fois-ci illimitée pour enchainer avec celle de 360 Heures.

Le vendredi 06 novembre 2020, le Gouvernement a convié de nouveau une réunion de conciliation dont  l’objectif n’était pas de satisfaire aux doléances des syndicats, mais pour lever le mot d’ordre de grève illimitée.

« Les agissements de la partie gouvernementale consistant à gagner du temps et à user nos militants dans la gestion de ce préavis de grève nous obligent à répliquer pour apporter toute la lumière sur le préavis de grève illimitée, précisé la partie syndicale », a-t-il indiqué.

S’agissant de la sécurisation des représentants de l’Etat, une séance de travail qui avait regroupé les représentants des syndicats et ceux du Gouvernement a été organisée au Ministère de la Sécurité et de la Protection Civile, le 20 octobre 2020 au cours de cette séance nous avons convenu de tous les détails, c’est à dire le nombre d’agents à déployer, les différents postes occupés par les représentants de l’Etat ainsi que les décisions à prendre dans ce sens.

A en croire, Ousmane Christian Diarra le jour de la conciliation, le Gouvernement a présenté un tableau d’effectif insuffisant parce que ne tenant pas compte de la Garde statique au niveau des domiciles des Représentants de l’Etat comme convenu, leur argument était le manque d’effectif au regard du contexte sécuritaire. « A notre grande surprise, le même Gouvernement, dans une lettre adressée à nos syndicats le 10 novembre 2020, demande notre avis sur la relecture du Décret n°2015-0067/PRM du 13 février 2015 fixant les conditions de nomination et les attributions des chefs de circonscription administratives, afin d’élargir les conditions de nomination de Préfets et de Sous-préfets aux sous-officiers, aux officiers subalternes et aux officiers supérieurs membres de Forces Armées et de sécurité », a dit Ousmane Christian Diarra.

 

Incohérence !

« Vingt -quatre heures après, sans même avoir reçu notre avis, nous avons appris par lecture du communiqué du Conseil des ministres, la nomination d’un Commandant au poste de Préfet de Niono. Enjuguez vous-même cette pratique peu orthodoxe dans la gestion du dialogue social.

Par rapport aux points d’ordre financier, c’est-à-dire les primes et indemnités, le Gouvernement a avancé l’insoutenabilité budgétaire en évoquant une prochaine harmonisation des grilles salariales et des primes et indemnités de tous les fonctionnaires, sans autres précisions. A ce niveau, le Gouvernement veut jouer avec le temps puisqu’il est un secret de polichinelle que ce projet d’harmonisation date de plus de deux ans et peine à être réalisé. Les seuls agents ne bénéficiant d’aucune prime ou indemnité liée à leurs corps au regard de cette revendication spécifique des primes et indemnité. Le Gouvernement n’a fait aucune proposition financière, ce qui dénote d'une mauvaise foi de sa part sachant bien que les Administrateurs civils et les Membres du Corps préfectoral sont les seuls agents aujourd’hui au Mali qui ne bénéficient d’aucune prime ou indemnité liée à leurs corps », a-t-il précisé tout en précisant que les Administrateurs civils ont longtemps souffert du traitement inégal de salaire, à titre d’exemple, pendant que certains fonctionnaires de même catégorie ont 100 000 FCFA ou plus, les administrateurs civils ne bénéficient que de 20 000 FCFA comme indemnité de logement.

 

Une inégalité patente !

  1. Christian Diarra a balayé le tout d’un revers de main. « Par devoir de réserve, nous n’avons jamais voulu porter à la connaissance de l’opinion certains agissements du gouvernement dans ses relations avec ses partenaires sociaux que nous sommes. En 2018, après l’adoption de l’ordonnance portant statut du corps préfectoral, le gouvernement, a mandaté le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation pour fixer les taux des primes et indemnités liées à ce Corps, après adoption en Conseil des Ministres. Par protocole d’accord convenu entre nos syndicats et le Ministre de l'Administration, des taux ont été fixés et revus à la hausse par le Ministre lui-même. A notre grande surprise, ce de protocole d’accord a été falsifié dans sa forme aussi bien que dans son fond par le Gouvernement. Dire aujourd’hui que le Gouvernement a fait des efforts par rapport à la gestion de cette grève est une contrevérité. Il est regrettable qu’il continue avec les mêmes pratiques de duperie, comme réponse à des revendications légitimes », a-t-il martelé.

Le mépris est encore perceptible quand le gouvernement n’apporte aucune réponse satisfaisante aux points relatifs à la majoration de la prime de fonction spéciale accordée au personnel des services du Ministère de l’Administration Territoriale , à la prise en charge des salaires des fonctionnaires des collectivités territoriales par le budget d’Etat, l’élaboration d’un plan de carrière pour les fonctionnaires des collectivités territoriales, l'application des accords d’établissement des ADR.

Pour rappel, « nous avons été les premiers à lever notre préavis à la suite des évènements du 18 août 2020. Bien avant, pour permettre la tenue de l’élection présidentielle de juillet et août 2018 et par esprit patriotique nous avions décidé de lever notre mot d’ordre de grève pour les mêmes revendications », a-t-il annoncé.

De ce fait, les tentatives de discrédit, de sabotage, de mauvaise interprétation de certains soutiens du gouvernement tapis sous le manteau d'activistes ne sauraient prospérer.

Affaire à  suivre…

Mamadou Sangaré

 



  • TAGS

You can share this post!