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Politique

L’EMISSION « LE CAFE DE LA PAIX » « Il n’y a que des actionnaires politiques au Mali »




L’émission « Le Café de la paix » organisée par l’espace culturel « La Gare », le projet GIZ/Donko ni Maaya et l’Institut français a reçu le samedi 14 novembre 2020 le marionnettiste Yaya Coulibaly, un descendant direct du roi de Ségou et grand gardien de la tradition bambara. Pendant près de deux heures d’horloge, il a partagé avec le public ce qui faisait la force de la société traditionnelle malienne avant de donner son avis sur les valeurs traditionnelles dans lesquelles les Maliens doivent puiser pour faire du Mali une terre pacifique et fière dans le concert des nations.

Initiée par l’espace culturel « La Gare », le projet GIZ/Donko ni Maaya et l’Institut français pour soutenir la paix et faire la promotion de la cohésion sociale au Mali, l’émission « Le Café de la paix » reste toujours engagé sur ce terrain de départ. Convaincus que chaque société dispose des valeurs propres sur lesquelles elle peut s’appuyer pour retrouver l’unité et la paix, ses organisateurs, à travers cette émission, veulent aider les Maliens à retrouver leurs repères traditionnels de société pacifique. Pour ce faire, ils ont estimé, à raison, que les marionnettistes sont utiles. D’où le choix de Yaya Coulibaly diplômé de l’Institut national des Arts (INA) de Bamako, de l’Institut de la Marionnette en France et de l’Ecole nationale Supérieure des Arts et de la Marionnette (ESNAM) de Charleville-Mézières de France. L’émission était animée par l’homme des Lettres Robert Dissa.

Dans son intervention, l’invité du jour, Yaya Coulibaly a fait savoir au public que l’empire du Mali fait partie des premières nations au monde qui a promu l’unité dans la diversité en disant dans la charte que ceux qui savent faire de la culture fassent de la culture, ceux qui savent faire la pêche ou l’élevage les pratiquent.

A l’en croire, le Mali, une terre de traditionnelle orale, avait ses propres méthodes d’appeler ses enfants à l’unité et à l’entente à travers les devinettes, les danses de marionnettes, qui tant par la forme que le fond, faisait la promotion du vivre ensemble, de la solidarité et appelaient à bannir tout comportement de lâcheté, de trahison et de fainéantise. « En un seul jour, les Maliens peuvent se retrouver, s’il le souhaite », dit avec optimisme Yaya Coulibaly.

Par ailleurs, il estime que tous les problèmes actuels du Mali se résument au nombre pléthorique de ses partis politiques, majoritairement armés d’esprits de division. « Il faut dissoudre tous les partis politiques pour les limiter à quatre. Sinon nous aurons encore besoin de 59 ans de transition politique. Il n’y a pas de véritables acteurs politiques au Mali, il n’y a que des actionnaires politiques au Mali qui ne pense qu’à eux-mêmes. L’école a été sacrifiée dans leurs luttes fratricides. Pour preuve, tous les partis politiques au Mali ont leur QG sur la colline du savoir. Nous sommes seulement 20 millions de Maliens pour plus 200 partis politiques. La question que les Maliens doivent se poser est de savoir combien leur coûte un parti politique », a dénoncé le conférencier. 

Pour rappel, le Café de la paix a pour objectif de réunir les citoyens, échanger et débattre avec eux sur les questions de paix afin de lutter contre l’extrémisme violent, de renforcer la cohésion sociale et d’encourager la participation des jeunes à la vie politique et civique du pays.

Le Café de la paix donne un espace d’expression au monde de l’art et de la culture pour qu’il s’inspire, s’exprime sur des sujets d’intérêt public et aussi échange avec les citoyens qui ont de ce fait l’occasion d’exercer leur esprit critique.

Selon le promoteur du Restaurant la Gare, Birama Konaré, cet événement est à l’image du positionnement culturel de La Gare qui entend être un lieu de sensibilisation.

Youssouf Z

 



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