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Politique

LE TANDEM N’DAW ET GOITA: A quoi peut-on s’attendre?




Après quelques jours de tractations pour la désignation des personnalités qui doivent diriger la transition, le collège a jeté son dévolu sur deux hommes réputés rompus à la tâche. Il s’agit de Bah N’Daw et d’Assimi Goita. Pourront-ils donner un coup de fouet à la gouvernance chaotique de notre pays ? En tout cas, c’est la question principale que les Maliens se posent.

Pour être conforme avec les exigences de la Cédéao, le Comité national pour le salut du peuple a mis en place un collège pour choisir le Président et le vice-président de la transition. En tenant compte de la situation socio-politique de notre pays, Bah N’Daw et Assimi Goita ont été choisis pour conduire la destinée du pays de Soundiata Keita. Le premier est septuagénaire. Il a une bonne réputation dans la gestion de l’administration publique. Désormais, c’est un homme de poigne qui est chargé de conduire le bateau malien à bon port. Sa démission en cascade de son poste d’aide de camp, de feu général Moussa Traoré, illustre à juste valeur qu’il n’acceptera subir aucune pression dans ses prises de décisions.  Plusieurs atouts militent en sa faveur pour être l’homme de la situation. D’ores et déjà, plusieurs Maliens, lui accordent beaucoup de crédits. C’est avec une droiture exceptionnelle qu’il s’apprête à nous sortir de cette zone de turbulence.

Assimi Goita dit ‘’Asso’’, l’inconnu de la scène politique, a fait son apparition après la mutinerie qui a conduit à la démission de l’ancien Président de la République, Ibrahim Boubacar Keita. Il n’a que 37 ans, cependant les voix s’accordent à dire qu’il a la tête sur les épaules pour redorer le blason de l’armée malienne. Très discret, il est difficile de lui arracher un mot. Pour ses compagnons d’armes, Asso serait un véritable guerrier et un vrai coach sur le théâtre des opérations. Dans son adresse à la nation, pour la célébration des 60 ans du Mali indépendant, il a laissé entendre que le changement, c’est maintenant. Pour lui, nous n’avons plus droit à l’erreur. Cela nous rassure davantage, s’il mesure déjà l’enjeu qui l’attend. De même, un gouvernement doit être rapidement mis en place pour s’attaquer aux dossiers brulants de la nation. Une écrasante majorité de Maliens ont opté pour le changement. Une rupture totale avec les anciennes pratiques qui ont mis le Mali à rude épreuve et qui doivent être désormais un mauvais souvenir.

Les attentes des Maliens sont énormes. Ils veulent un pays capable d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens. Cela passe nécessairement par une lutte implacable contre la corruption qui s’est érigée dans un système machiavélique. Pour combattre les maux qui minent notre gouvernance, il serait impérieux voire d’indispensable d’aller vers un changement de comportement et de mentalité. L’amour du pays doit inéluctablement primer sur les autres aspirations. Le Mali vient de très loin. Certes, le bateau malien a tangué mais il n’a pas chaviré. Il faut visiblement le concours de tous les fils de la nation pour le redresser.

Ils prêteront serment au cours d’une cérémonie solennelle qui se tiendra aujourd’hui. Après cette étape qui marquera leur prise de fonction, Bah N’Daw et Assimi Goita doivent faire appel à des politiques qui ne trainent pas de casserole derrière eux, plus des technocrates dotés d’une probité morale sans faille pour former le nouvel attelage gouvernemental. Dans le contexte malien, il faut un gouvernement de mission, capable, chaque 6 mois, de procéder à une évaluation et ainsi, les ministres qui peineront à emboiter le pas, devront être déposés au quai. Le Mali est obligé d’emprunter cette voie qui tracera un lendemain meilleur pour les futures générations. Ce nouveau système de gestion permettra, sans nul doute, d’améliorer notre mode de gouvernance et d’occuper notre place dans le concert des nations.

Il ne faut pas qu’ils s’attendent à ce que les choses soient faciles. Certainement, ils croiseront le fer avec certains dinosaures de la classe politique. Ceux-ci vont toujours tenter de mettre des bâtons dans leurs roues. Mais, c’est à Bah N’Daw et Assimi Goita de déjouer tous leurs plans pour asseoir les bases d’une gouvernance vertueuse. Ils sont donc avisés.

Ibrahim Sanogo dit Oliver       



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