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Politique

LE MALI VEUT DIALOGUER AVEC SES DJIHADISTES De quoi la France a-t-elle peur ?




Sur la gestion de la lutte contre le terrorisme, le Mali et la France ne regarde plus dans la direction. Si le gouvernement de transition dirigé par Moctar Ouane affiche de plus en plus un visage favorable à une possible négociation avec les Djihadistes maliens au regard de la lenteur des opérations militaires pour pacifier le pays, la France d’Emmanuel Macron s’oppose à cette méthode. Et elle ne le cache.

Militairement unis au front dans la lutte contre le terrorisme, le Mali et la France sont désormais divisés politiquement depuis la volonté affichée par les autorités maliennes de transition de négocier les Djihadistes maliens conformément aux recommandations du Dialogue national inclusif et tel que demander par la CEDEAO qui incite les nouvelles autorités maliennes à appliquer le DNI.

Mais, en visite de deux jours à Bamako, le ministre français des affaires étrangères, Jean Yves Le Drian, lors de la conférence de presse à la Primature et après l a signature de cinq conventions pour un montant estimé à plus de 93 milliards de F CFA, a fait connaitre publiquement son opposition à cette option du Peuple malien et que le gouvernement de transition n’est autre qu’un simple exécutant.

Pour le ministre français des affaires étrangères, Jean Yves Le Drian, au Mali, la négociation n’est possible qu’avec les groupes armés signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu des pourparlers d’Alger. « Il y a des accords de paix. Il faut mettre en œuvre les accords de paix… Ils ont été validés par un certain nombre de signataires, dont des groupes armés signataires. Et puis, il y a les groupes terroristes qui n’ont pas signé les accords de paix. Les choses sont simples », a indiqué le chef de la diplomatie française qui veut visiblement dicter sa volonté au Peuple souverain du Mali.

Face à cette dictature politique, il a droit à un petit rappel de la part du Premier ministre malien, Moctar Ouane, lui aussi pas prêt à jeter l’espoir des Maliens à l’eau.

En effet, Moctar Ouane n’exclut pas l’éventualité d’une négociation avec les terroristes : « Je crois également utile sur cette question de me faire l’écho des conclusions du Dialogue national inclusif qui a eu lieu chez nous et qui a très clairement indiqué la nécessité d’une offre de dialogue avec ces groupes armés. Je pense qu’il faut voir en cela une opportunité d’engager de vastes discussions», a rappelé le Chef du gouvernement malien.

Pour rappel, l’idée de dialoguer avec les Djihadistes n’est pas une création de Moctar Ouane. Ce projet est plus vieux que sa nomination à la Primature. C’est un projet du Peuple souverain du Mali dont la modification dépasse le pouvoir de Moctar Ouane et son chef Bah N’Daw  réunis.

La négociation avec les Djihadistes maliens, une des recommandations du Dialogue national inclusif (DNI) tenu en décembre dernier à Bamako, était aussi une des conclusions de la conférence d’entente nationale tenue du 27 mars au 2 avril 2017. C’est aussi un souhait exprimé à maintes reprises par Tiébilé Dramé, ancien ministre des Affaires étrangères du Mali, et l’imam Mahmoud Dicko, ancien président du Haut Conseil Islamique du Mali(HCI).

Mieux, depuis la tenue du DNI, la CEDEAO ne cesse d’inciter les autorités maliennes à son application stricte et rapide.

Même le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, semble adhéré à cette idée du Peuple malien de dialoguer avec « certains groupes extrémistes ». « Il y aura des groupes avec lesquels on pourra parler, et qui auront intérêt à s’engager dans ce dialogue pour devenir des acteurs politiques dans le futur », déclarait le Secrétaire général de l’ONU lors d’un entretien donné, le 19 octobre dernier, au quotidien Le Monde.

Alors question : de quoi la France a-t-elle peur dans son opposition en solo à toute idée de dialoguer avec les Djihadistes maliens ? Les jours à venir seront plus édifiants !

Youssouf Z KEITA 

 



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