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L’ALGERIEN AL-ANNABI Nouveau chef d’Aqmi




Le numéro deux d’Al-Qaida au Maghreb islamique succède au chef historique tué par l’armée française en juin dernier.

Après la mort de son émir, Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) n’a pas été décapitée. L’Algérien Abou Obeida Youssef al-Annabi a officiellement succédé à sa tête à un autre Algérien, Abdelmalek Droukdel, tué par les forces françaises et américaines dans le nord du Mali en juin dernier. Aqmi auquel se sont ralliés plusieurs groupes djihadistes présents au Sahel - et rassemblés au sein du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) - conserve donc une direction algérienne.

L’institut américain Site (« Search for international terrorists entities institute », institut de recherche sur les entités terroristes internationales) a annoncé samedi 21 novembre avoir reçu une vidéo confirmant la nomination du nouveau dirigeant.

Al-Annabi, 51 ans, qui était depuis 2011 le chef de la choura, l’organe central d’Aqmi, était pressenti de longue date pour succéder au dirigeant historique.

Il appelle à lutter contre la France partout dans le monde

Également chef des médias, c’est lui qui est apparu à plusieurs reprises dans les vidéos de l’organisation. Dès 2010, il exhorte les jeunes du Sahel et du Sahara à rejoindre le djihad. Le 25 avril 2013, lorsqu’en réaction à l’intervention militaire Serval de la France au Mali, il appelle « les musulmans dans le monde entier » à « attaquer les intérêts français partout, car depuis le premier jour de l’agression, ils sont devenus des cibles légitimes »

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En janvier 2016, une fois encore, il menace les forces françaises présentes à Benghazi dans l’est de la Libye et demande aux Libyens de lutter contre l’armée du maréchal Haftar. Il réitère ses attaques contre la présence française au Sahel dans un entretien accordé à France 24 en mai 2019.

Après son appel à l’internationalisation du djihad, les États-Unis le placent sur la liste noire des terroristes internationaux en septembre 2015. Puis en février 2016, le Conseil de sécurité de l’ONU l’inscrit sur la liste des personnes visées par des sanctions pour leur « participation au financement, à l’organisation, à la facilitation, à la préparation ou à la perpétration d'actes ou d'activités » de l'AQMI.

Une longue pratique du djihadisme

Originaire d’Annaba dans l’est de l’Algérie, Al-Annabi a eu une longue pratique du djihadisme au sein du GSPC, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) né en 1998 d’une scission du Groupe islamique armé, pendant la décennie noire algérienne.

D’après le laboratoire d’idées américain de lutte contre l’extrémisme Cep (Counter extremism project), Al-Annabi avait les mêmes fonctions au sein du GSPC avant que celui-ci ne prête allégeance à Al-Qaida et prenne le nom d’Aqmi en 2007. Deux ans après, en novembre 2009, il aurait de peu échappé à la mort, lors d’une embuscade de l’armée algérienne à Bouzguen, en Kabylie, rapporte le Cep.

Soutien au hirak

Aqmi avait été très actif en Algérie et fait des dizaines de morts dans plusieurs attentats avant de se tourner vers le sud au Mali, au Niger et au Burkina Faso. Nombre d’Algériens ont suivi ses traces. Les services de sécurité algériens avaient rapporté qu’en 2015, 130 djihadistes algériens avaient été tués au Mali et en Libye.

Cela n’empêche pas Al-Annabi de garder un pied en Algérie. Au printemps 2019, il avait soutenu le hirak, le mouvement de contestation contre le cinquième mandat du président Bouteflika, mais c’était alors pour plaider en faveur de l’instauration de la charia en Algérie.

Selon les spécialistes de la lutte contre le terrorisme du Cep, Al-Annabi, numéro deux d’Aqmi, était en rivalité avec le chef historique Droukdel. Son appel à l’élargissement du djihad au Sahara et au Sahel en 2010 aurait été, selon certains analystes, le signe d’une tentative de prise de pouvoir. Reste à savoir si la nouvelle direction d’Al-Annabi à la tête d’Aqmi marquera un changement de positionnement de l’organisation au Sahel.

La Croix

 



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