news-details
Santé

LA SANTE PSYCHO EDUCATIVE « Tous les enfants ont droit à l’éducation »




L’éducation scolaire des enfants à besoins spéciaux telle est la motivation d’Aminata Kamian, directrice et promotrice de l’école psycho-éducatif WILI. Elle nous raconte les enjeux et les avantages de la prise en charge des enfants à besoins spéciaux, à travers un entretien.

Les Echos : Pouvez-vous nous expliquer brièvement votre structure ?

Animata Kamian : D’abord, cette structure est un centre psycho-éducatif dénommé WILI. Ouverte depuis 2017, elle est une école privée spécialisée dans l’éducation des enfants à besoins spéciaux. C’est-à-dire, les enfants qui présentent des déficiences mentales modérées telles que les troubles d’apprentissage, du langage, les difficultés de concentration, l’hyperactivité, de même que les enfants autistes et tous ceux qui ont une psychopathologie légère et moyenne. Grâce à une équipe de spécialistes engagés et dynamiques, notre centre offre, à la fois, une prise en charge thérapeutique et une éducation scolaire à ces enfants. Par contre, pour les cas graves, nous ne sommes pas assez équipés pour leur prise en charge, ainsi que les malades mentaux. Notre mission est d’accorder à ses enfants, adolescents ou jeunes adultes, d’être autonomes, de se socialiser, d’être insérés dans une vie communautaire. Au-delà de cet objectif social, nous développons leurs compétences d’apprentissage, etc.

Les Echos : Quelles sont les catégories d’enfants pris en charge ?

A.K. : Pour le moment, nous prenons en charge les enfants et les jeunes adolescents qui ont des déficits mentaux légers et moyennes (modérés).  Ils peuvent varier de 4 à 21 ans, de tous sexes confondus. Généralement, ces personnes ne peuvent pas suivre le cursus scolaire normal, c’est-à-dire le système d’apprentissage classique, car ce dernier ne correspond pas à leur besoin. Du coup, ils feront l’objet d’un rejet systématique.

Les Echos : De quelles pathologies souffrent-ils et quelles sont leurs caractéristiques ?

 A.K. : Comme précédemment expliqué, les pathologies de ces enfants sont variées. Chaque enfant est un cas à part. A cet effet, il y a plusieurs pathologies ; essentiellement celles que nous prenons en charge sont :  le troubles d’apprentissage, quand l’enfant n’arrive pas à suivre le rythme d’apprentissage au même titre que les autres camarades. Ensuite, le trouble de langage, soit l’enfant a un bégaiement aigu, soit a même du mal à communiquer. Ce comportement peut ressembler à de l’autisme mais ils sont différents. Un enfant autiste a une attitude atypique qui se manifeste souvent par un isolement ou une fermeté extrême, un personnage qui vit dans une bulle. Egalement, d’autres ont des troubles de concentration, ou d’agitation vive, ou de brutalité vive avec l’environnement proche. Des enfants peuvent souffrir de retard mental, les IMC, et en retard par rapport à leur âge.

Les Echos : Comment se fait l’éducation de ces enfants à besoins spéciaux ?

A.K : Par rapport aux objectifs à atteindre, nous procédons à la prise en charge des enfants dans notre établissement. Toute commence par une phase d’évaluation de l’enfant. L’enfant est soumis à de multitudes de tests permettant d’évaluer la ou les pathologies dont il souffre. A l’issu de cette première épreuve, s’ensuit les principaux objectifs conjointement fixés par le ou les parents et le centre pour l’enfant. On a, entre autres, un premier processus la socialisation de l’enfant, c’est-à-dire faire qu’il ait un comportement socialement acceptable. Par exemple, apprendre l’hygiène corporelle et tous les gestes conforment à la vie communautaire, etc.  La deuxième serait la rééducation de l’enfant. Elle est vitale pour ces enfants à besoins spéciaux. La rééducation est spécifique par rapport au besoin de l’enfant. D’où la présence accrue des spécialistes tels que l’orthophoniste, l’éducateur spécialisé, et même le kinésithérapeute. Chacun intervient dans le procédé de la prise en charge de l’enfant. Enfin, la scolarisation des enfants : au centre WILI, nous scolarisons autant que possible les enfants malgré leur défaut. A travers des exercices variés et variables d’apprentissage, tous nos enfants reçoivent un enseignement adapté à leur situation. A ce niveau, leur intelligence naturelle révèle la capacité intrinsèque de ses personnes différentes. Une stimulation pédagogique de cette partie occultée permettra à ses enfants de vivre une vie normale comme tous les autres.

Les échos : Est-il possible d’espérer une éducation scolaire de ces enfants au même titre que les autres ?

A.K. : A WILI, nous sommes persuadés que tous les enfants ont le droit à l’éducation, mais à une éducation adaptée à leurs besoins. Il ne faut jamais baisser les bras face à un enfant qui présente des besoins spéciaux ; ni les enseignants, ni les parents ne doivent baisser les bras. D’où le nom de notre centre : WILI, qui veut dire “levez-vous, réagissez, par rapports aux enfants en difficulté“. Par exemple, les enfants présentant de cas désespérant dans notre établissement, ont montré, au bout de quelques mois, des signes d’amélioration considérable dans leur comportement. A partir du moment où il y a progression, nous estimons que chaque enfant peut incorporer le comportement social et être accepté parmi les autres dans la société.

Les Echos : Quelles sont les difficultés de votre travail ?

A K : La difficulté de notre travail se relève à deux niveaux : la prise en charge et la coopération des parents. En effet, la plus grande difficulté est la diversité des cas de patients. Notre équipe n’a pas tous les équipements adéquats pour la prise en charge de tous ces cas d’enfants spéciaux. Comme tantôt expliqué en réponse à une de vos questions, à cause de ce sous équipement en matériels et des problèmes financiers, nous ne sommes pas à mesure de prendre en charge l’enfant qui présente une anomalie psychique grave comme les débiles mentaux, la folie, etc. Conscient de notre situation, mon école établit un programme adapté au besoin de chaque enfant du mieux qu’il peut, en vue de leur épanouissement avec leurs défauts. Par ailleurs, nous avons souvent un problème de compréhension des parents concernant la maladie de leur enfant. Certains ont du mal à comprendre que le traitement s’effectue en collaboration constante des deux parties.

Les Echos : Quel appel lancerez-vous aux parents d’enfants différents ?

 A.K : D’abord, je demande aux parents qui ont un enfant différent d’arrêter de culpabiliser. Pour cela, ils doivent comprendre que l’état de l’enfant est l’œuvre de Dieu. Plus ils acceptent cette explication du fait, plus il serait facile pour eux d’adopter un comportement subtil pour accompagner l’enfant dans sa guérison. Cet individu différent a besoin de passion et d’intérêt comme les autres dits normaux. Afin d’agir pour son intérêt, il doit comprendre cette nécessité. En termes d’action, l’école WILI est une référence pour une meilleure assistance de votre enfant avec des spécialistes dignes de leur talent. Grace aux programmes adaptés, notre centre WILI soutient que tous les enfants ont droit à l’éducation, même les dits anormaux.

Lassina Sidibé

(Stagiaire)



  • TAGS

You can share this post!