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Société

LA SAISON DES PLUIES Ce que j’en pense !




Si la saison des pluies rime avec promesse d’abondance céréalière, elle est aussi, hélas ! synonyme de catastrophe multiforme dans nos villes. Les coupables ? Eh bien ! l’incivisme, mais surtout l’incurie de nos gouvernants. Alors je demande de bonne gouvernance afin de rendre nos villes salubres, coquettes et sûres

Qu’est-ce qui fonde la splendeur d’un pays? Ses infrastructures modernes? Bien sûr. Des grattes-ciel rutilants ? Pourquoi pas. Son patrimoine historique et culturel? Certainement. L’hospitalité de ses habitants? En valeur ajoutée, oui.

Mais, même nanti de ces trois atouts, tout Etat perd de sa superbe et de son attrait s’il ressemble au jardin des immondices et au paradis des eaux putrides.

Indubitablement, le beau visage d’un pays se mesure à la propreté de son environnement. De même, la bonne santé de ses citoyens découle et dépend du cadre de vie assaini.

La Science est formelle: plus notre environnement est propre, mieux on se porte. Déduction: vivre au Mali, c’est porter en permanence un ballot de maladies sur la tête.

Même avec la meilleure volonté du monde, on ne peut que se désoler de l’insalubrité généralisée qui a conquis les grandes villes de notre patrie. Partout,dépotoirs à ciel ouvert, caniveaux dégoulinant d’eaux puantes, collecteurs étouffés par la boue et les ordures, odeurs de pourris etc.;nous apportent chaque jour leur flotcontinu de dégoûts, demicrobes, de risque accru de morbidité et de mortalité.

Comme si cela ne suffisait pas à nos malheurs citadins, à chaque saison des pluies, Dame pluie, surprise elle-même de ne trouver ni déversoir ni échappatoire, encore moins de canalisations appropriées, prend alors la liberté de venir nous inonder et nous noyer jusque dans nos chambres.

S’étant montrés peu brillants (comme d’habitude) à rendre nos villes propres, nos pouvoirs publics accusent le comportement des populations.

Certes, le manque de civisme est pour beaucoup dans le pâle visage de nos villes. Mais, cela ne saurait tout expliquer. Cela ne saurait excuser non plus l’inefficacité dans la gestion des déchets et l’échec répété des politiques d’assainissement. Car les milliards d’impôts que les Maliens versent, que nous versons tous ; cet argent nous donne le droit d’espérer mieux.

Le débat sur l’assainissement de nos cités doit être centré sur la gestion que les autorités en charge de l’environnement et de l’urbanisme font de nos sous.

Tant que nos décideurs en matière d’assainissement et d’urbanisme ne se font pas un devoir de venir régulièrement devant les Maliens pour présenter des bilans d’étapes chiffrés, le doute continuera de planer sur leurs modes de gestion. 

Si des villes comme Kigali « La propre », Arusha, Windhoekou, plus près de nous, Accra, sont célébrées « pour leur propreté exemplaire » et comme des symboles de « cette Afrique à l’urbanisation souriante et séduisante », c’est par le mérite de deux mentalités qui animent leurs dirigeants. La première: on ne badine pas avec l’argent public.La seconde: diriger, c’est travailler sans relâche au confort de ses administrés.

On le voit. Même en Afrique, vivre dans des villes malpropres et délabrées n’est pas une fatalité. Se coucher et se lever dans des cités « belles comme des perles », ce n’est pas sorcier !

Pour y réussir, il est nécessaire que les responsables soient consciencieux dans leurs missions, intègres dans leur gouvernance, et visionnaires à leurs postes.

C’est sûr, le jour où nos villes seront des eldorados, le taux effarant de Maliens qui meurent chaque année de maladies respiratoires pourra être revu à la baisse.

Messieurs nos gouvernants, au moment où vous vous êtes fait le devoir de sonner la mobilisation contre le covid-19, il est crucial que vous mettiez autant d’énergie à rendre nos quartiers et nos villes propres. Il y va de notre santé à tous.

Mohamed Meba TEMBELY

 



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