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Culture

LA FUITE DES SUJETS Les Maliens attendent des sanctions !




La fuite des sujets des examens de fin d’année est devenue un phénomène qui prend de l’ampleur dans notre pays. Quelques heures avant le début des épreuves du diplôme d’études fondamentales (DEF), les sujets inondaient les réseaux sociaux au vu et su de tous.

Le nouveau ministre de l’Education nationale, Pr Doulaye Konaté, a du pain sur la planche. A peine nommé, il doit faire face à un problème qui coupe le sommeil à tous les parents d’élèves, la fuite des sujets.  C’est un véritable réseau mafieux qui est organisé autour des différents examens de fin d’année. Depuis plus d’une décennie la fuite récurrente des sujets s’est invitée dans la danse. Mais comment comprendre que dans notre pays, on n’arrive pas à démanteler ce réseau. Sans incriminer qui que ce soit, les responsables de cet acte ignoble sont des renards de surface qui ont élu domicile au ministère de l’éducation pour s’adonner à ce comportement ineffable d’une autre époque. Ils le font avec la complicité de certains promoteurs d’écoles privées. C’est pourquoi d’ailleurs, beaucoup d’élèves Maliens ont un niveau inférieur à la moyenne. Avec la fuite des sujets, bon nombre d’élèves n’apprennent plus leurs leçons. Souvent, certains se plaisent à dire qu’il ne sert à rien d’apprendre car à la veille des examens, ils auront les sujets pour les traiter avant de rentrer dans la salle. Ces élèves ont incorporé ce comportement indécent. Il serait quasi impossible de lutter efficacement contre la corruption si, dès le bas âge, nous apprenons à nos enfants à voler pour passer en classe supérieure. Quelle leçon de morale allons-nous-leur donner ? Ce phénomène est-il dû à la prolifération des écoles privées qui poussent comme des champignons dans notre pays ? En tout cas, ces questions valent leur pesant d’or. 

Les responsabilités doivent être situées. Le commun des maliens s’attend à des sanctions sévères pour contenir ce fléau. Des pistes sont disponibles sur les réseaux sociaux. Il suffit juste de mettre à contribution les opérateurs de téléphonie mobile pour mettre hors d’état de nuire ces fonctionnaires indélicats. En 2014, Mme Togola Marie Jacqueline Nana, ministre de l’éducation nationale d’alors, avait suspendu 15 responsables chargés d’organiser les examens. Ce qui avait permis d’amoindrir les cas de fuite de sujets. Malheureusement, après son départ du gouvernement, les auteurs ont repris leur activité favorite. Il faut des mesures de ce genre pour dissuader les commanditaires de ces actes et redorer le blason de notre école. Certes, la tâche ne sera pas facile pour le ministre de l’éducation nationale, Pr Doulaye Konaté, mais il doit s’armer de courage pour prendre des décisions fortes. Pour circonscrire cette problématique des fuites de sujets, le ministre de l’éducation nationale doit procéder systématiquement à un toilettage au sein de son département qui essuie toutes sortes de critiques acerbes. Et pour cela, il doit aussi s’attendre à la réticence de certains dinosaures qui, sans nul doute, ont la main souillée dans cette sale affaire. Le pays doit forcément être débarrassé de ces démons de la corruption qui ont jeté l’opprobre sur notre pays. Il y va de son honneur et de son intégrité. C’est à ce seul prix qu’il pourra redonner à l’école malienne son lustre d’antan.

Après cette première expérience dans l’organisation des examens, tous les regards des Maliens sont tournés vers lui pour voir sa capacité de réactions.  D’ores et déjà, l’ombre de ce phénomène plane sur les épreuves du baccalauréat qui pointent à l’horizon. Sans des mesures drastiques, on assistera à une scène pire. Mais pourquoi ne pas s’inspirer des expériences des autres pays de la sous-région qui sont parvenus à mettre fin à la fuite des sujets d’examen. Pour ce faire, un accent particulier mériterait d’être mis sur la moralisation des examens.  Cette période de la transition peut être mise à profit pour procéder à la refondation du système éducatif.

Néanmoins, il est séant de préciser que l’actuel ministre de l’Education est venu trouver que le travail de sélection des sujets était fait. Tout porte à croire que les brebis galeuses se trouvent parmi ceux ou celles qui les ont choisis. En tout cas, le ministre de l’Education nationale doit comprendre la capacité de nuisance de certains collaborateurs et prendre des mesures drastiques qui s’imposent. Désormais, c’est un homme averti qui organisera les prochains examens.

Ibrahim Sanogo dit Oliver



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