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Société

Hôpital Luxembourg Mère-Enfant Une gestion exemplaire




La prise en charge des patients souffrants des pathologiques graves nécessite  un plateau technique bien fourni. Les autorités maliennes et certains partenaires ont mis sur les fonds baptismaux l’hôpital Luxembourg Mère-Enfant pour soulager les usagers en quête de santé.

Cette structure sanitaire se veut un centre hospitalier universitaire privé reconnu d’utilité publique parce qu’une convention a été signée avec le ministère de la santé par rapport au fonctionnement de l’hôpital. C’est une structure qui appartient à la fondation pour l’enfance.

La fondation pour l’enfance est actuellement dirigée par l’ancien Président ATT. L’hôpital a été créé en 1999, précisément en novembre. « Nous avons fêté les 20ans de l’hôpital, il y a au moins un an. C’est un hôpital dédié vraiment à la mère et à l’enfant ; c’est pour contribuer davantage à l’amélioration de la santé de la mère et de l’enfant dans notre pays, en particulier et dans toute la région, en général » a dit le Pr Mamadou Diarra.

Le Pr Mamadou Diarra, directeur général de l’hôpital, a commencé à travailler dans cette structure en tant que vacataire, ensuite comme permanant avant de devenir, par la suite, le directeur. Au tout début, l’hôpital s’occupait de l’évacuation des enfants malades du cœur. Actuellement, l’hôpital s’occupe de la prise en charge des malades, avec l’aide de la chaine de l’espoir,  d’un don de madame Festoc et l’intervention de Moctar Thiam pour le centre de dialyse. C’était une toute petite structure qui a été initié par le Président ATT. Cette initiative a drainé beaucoup d’interventions au point que l’hôpital est devenu un centre de référence avec une renommée nationale et sous régionale. Le plateau technique est assez fourni mais l’hôpital manque de subvention. Après le coup d’Etat de 2012 tous les potentiels partenaires se sont retirés. Et avec la crise, la subvention de l’Etat a beaucoup baissé. Mais des promesses sont en cours pour soutenir ce bijou au service des malades et du développement sanitaire en général. L’hôpital Mère-Enfant le Luxembourg est une graine semée par ATT, un bijou au service des Maliens.

Aux dires d’Abdoul Kader Baby, directeur administratif de l’hôpital mère enfant le Luxembourg, l’hôpital est composé de services, de départements et d’unités. Aujourd’hui, le plateau technique permet de dire que l’hôpital est placé dans la pyramide sous régionale de la santé parce que c’est un hôpital de référence. Quand on prend le plateau technique, c’est l’hôpital qui fait la chirurgie cardiaque à cœur ouvert. Donc nous intervenons tous les jours, depuis 2018. On a ouvert la chirurgie cardiaque en 2018, on opère les enfants et les adultes souffrants de pathologies cardiaques. On vient également d’ouvrir, en 2019, la cardiologie interventionnelle, notamment le cathétérisme cardiaque qui permet aussi de faire des interventions sur le cœur par imagerie en passant par un cathéter. On a également ajouté la dialyse parce qu’on sait que la population malienne souffre beaucoup du manque de possibilités de prise en charge en dialyse parce que la seule structure publique qui prend au moins les insuffisances rénales est celle du point-G. Le point-G est saturé et la demande est très forte, ce qui nous a vraiment poussés à ouvrir une unité de dialyse afin de soulager la population. Sans oublier que la chirurgie cardiaque va de pair avec la dialyse parce que certains patients opérés du cœur peuvent déclarer aussi une insuffisance rénale au cours du traitement. Donc ce qui fait qu’on a ouvert au moins une unité de dialyse pour soulager, toujours, les patients de notre pays. « Je pense qu’aujourd’hui notre hôpital joue un rôle capital dans la pyramide sanitaire de notre pays. C’est un hôpital privé qui rend le service public parce que nous avons un service d’urgence, nous avons deux services de réanimation, nous appliquons la gratuité de la césarienne pour la population comme les hôpitaux publics et les tarifs sont aussi des tarifs à cheval entre le public et le privé. Nous dépassons un peu les structures publiques, mais nous sommes en dessous des cliniques, entant qu’hôpital, parce que nous ne sommes pas une clinique mais plutôt un hôpital », a-t-il précisé.

Abordant les difficultés, il dira que c’est l’État qui les accompagne parce que l’État intervient dans plusieurs domaines, notamment les ressources humaines. « Nous avons des fonctionnaires en détachement que l’État prend en charge. L’État intervient également un peu dans le fonctionnement mais nous pensons que, réellement, c’est très peu. L’État peut faire plus parce que, je ne vais pas rentrer dans les chiffres, mais nous sollicitons vraiment que le gouvernement malien continu de nous appuyer dans l’intérêt de la population.  Quand on prend la chirurgie cardiaque, c’est la médecine de pointe ; je peux dire, la plus lourde du monde. On n’a aucun accompagnement en ce sens, de l’ouverture jusqu’à maintenant. Aucune structure ne peut faire face à la prise en charge des cardiopathies cardiaques qui doivent être opérés. Il faut évidemment l’accompagnement de l’État en subventionnant un peu le tarif pour que la majeure partie de la population puisse avoir accès aux traitements. Le second problème, c’est la prise en charge de la dialyse. Elle est subventionnée, je peux dire à 100℅ par l’État pour les hôpitaux publics, précisément le point-G. Pour la dialyse, il faut obligatoirement un kit pour la prise en charge d’un patient souffrant de cette pathologie », a-t-il évoqué tout en précisant que le kit est composé de consommables, et de médicaments. Ces kits sont fournis gratuitement par l’État au point-G et à Gavardo. Donc de l’ouverture jusqu’à maintenant l’État ne nous a pas accompagné d’abord. On est obligé d’acheter le kit à un coût minimum entre 30 000 et 40 000 FCFA. Quand on prend le prix du kit plus l’amortissement des équipements, la maintenance, la prise en charge des ressources humaines qui interviennent dans le local, évidemment le coût va être un peu plus élevé. Cela n’est pas à la portée de tous les maliens. « Nous avons également besoin de l’État à ce niveau, c’est-à-dire à travers la CANAM, pour inclure au moins le tarif de la dialyse dans la nomenclature de la CANAM pour que les assurés de la CANAM puissent avoir accès à ces soins. Il ya l’ANAM aussi qui prend en charge les indigents et peut également entrer dans la danse en signant une convention en ce sens, ne serait-ce que pour rembourser le kit qui est utilisé pour dialyser un patient ».

Le cathétérisme cardiaque occupe une place de choix dans nos difficultés, c’est une cardiologie interventionnelle par imagerie. Les maliens quittent tout le temps pour aller se faire consulter ou examiner en cathétérisme en Tunisie, au Maroc, au Maghreb, en général, et certains en Europe. Quand on voit ces coûts, ils sont très élevés. L’État évacue également des gens alors que ces pathologies peuvent être prises en charge dans notre pays. Évidemment, c’est tout le Mali qui a besoin de l’investissement du ministère de la santé, de l’État en ce sens pour que ces soins puissent être accessibles. La Coronarographie, c’est comme le scanner, c’est un diagnostic. Quand on fait la Coro et que la personne doit être opérée, c’est l’angioplastie.  La Coro dans notre hôpital coûte 425 000 FCFA alors qu’en prenant l’avion pour aller ailleurs, elle est à plus d’un million, sans compter les frais de déplacement, l’hébergement, la restauration sur place et le retour. En prenant ce tarif dans la nomenclature de l’AMO, on pourrait faciliter l’accès à cet examen pour les patients souffrants de cette pathologie. Le malade est donc placé au centre des préoccupations de cette structure.

Ibrahim Sanogo dit Oliver

Adama Dembélé (Stagiaire)



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