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Economie

HAWA TRAORE DIRECTRICE DE LA SOCIETE TELIMAN Une nouvelle innovation à Bamako




Hawa Traoré, directrice et cofondatrice du service moto-taxi, communément appelé “Teliman“, nous a accordé un entretien à travers lequel elle nous explique comment fonctionne son entreprise, créée en mai 2018.

 

Les Echos : Pourquoi le nom Teliman ?

Hawa Traoré : Le nom “Teliman”, veut dire rapide en Bambara. On a choisi ce nom parce que l'objectif de ce service est de faciliter le déplacement pour les gens et leur faire gagner du temps. Malgré les embouteillages, la moto peut aller partout. En plus, il y a des gens qui sont loin des goudrons et il y a plein de quartiers un peu éloignés comme Niamana, Kabala, Sirakoro. La moto peut aller là-bas. Mais avec les autres moyens de transport, c'est un peu compliqué et puis c'est cher. Donc le mot “Teliman” était bien adapté.

 

Les Echos : Qu'est-ce qui vous a poussé à créer ce service ?

H.T : On s'est rendu compte qu'à Bamako, ce n’est pas facile pour beaucoup de gens de se déplacer, d'aller faire leur course. Même s'ils ont leur propre voiture, il y a beaucoup d'embouteillages. Et pour ceux qui n'ont pas de voiture, les autres moyens de transport sont soit trop cher soit pas très pratiques car on perd beaucoup de temps. Par exemple les transports publics qu'il y a, il faut se déplacer pour aller au bord du goudron, attendre que la voiture soit remplie et après tout le temps il y a un arrêt, pour un nouveau client. Donc on s'est dit : mais comment peut-on faire pour rendre les choses plus pratiques ? On a vu que, dans d'autres pays, c'est la moto qui était utilisée. Mais le problème avec ça est que c'était un secteur quand même difficile, parce que les clients ont peur pour leur sécurité, les chauffeurs aussi ne gagnaient pas beaucoup et ce n'était pas organisé. C'est pour cela qu'on a essayé de prendre cette idée là en main, d'enlever les inconvénients et de prendre les bons côtés.

 

Les Echos : Quelles sont vos différentes activités ?

H.T : On fait plusieurs activités. La première activité la plus connue, c'est transporter les gens. On emmène les enfants à l’école et les gens au travail. Il y'a des gens aussi qui sont abonnés pour qu'on vienne les chercher, chaque jour, pour les emmener au travail. Ou bien, si vous voulez envoyer quelqu'un faire des courses pour vous, on fait ça aussi. Maintenant, il y a un autre service peu connu mais qu'on fait aussi : c'est la livraison. On le fait pour les particuliers et pour les entreprises. Pour les particuliers, ça peut être quelqu’un par exemple, qui a oublié son ordinateur à la maison. Il n'a pas le temps de retourner, il nous appelle et on va le chercher. Ou si quelqu’un n'a personne pour aller au marché acheter quelque chose, on va l'acheter. On fait les courses pour beaucoup de gens qui sont dans leur bureau et qui n'ont pas le temps d'acheter leurs légumes, poulets et autres. On travaille avec les entreprises, les grossistes. Là, maintenant, on travaille avec une entreprise qui fait du poulet. Les clients commandent et nous on va livrer. On travaille avec les entreprises qui vendent des habits aussi, même celles qui font de la teinture, tout besoin de déplacement. On continue à développer le service dans ce sens-là.

 

Les Echos : Que peuvent être les inconvénients pour un client, en cas d'accident ? 

H.T : J'ai envie de dire qu'on a vraiment pensé à quasiment tout pour le client. C'est vrai qu’un accident peut arriver mais déjà on a pris les précautions pour que ça n'arrive pas. Les chauffeurs sont bien formés et il y a un traqueur GPS sur les motos. Donc on peut contrôler les vitesses et on contrôle régulièrement si les chauffeurs conduisent bien ou pas. Ça peut être un désagrément pour un client quand il fait un accident, mais il y a une assurance. En cas d'accident, c'est nous même qui prenons tous les soins en charge et, après, les clients ne déboursent rien du tout.

 

Les Echos : Quels sont vos projets dans les années à venir ?

H.T : Dans les années à venir, c'est déjà l'application mobile qui est lancée même d'ailleurs. Vous pouvez même la télécharger sur Play store. Ça s'appelle Teliman comme le nom de l'entreprise. Ça va vraiment faciliter encore plus les choses pour les clients parce que maintenant, pour avoir accès à Teliman, il faut nous appeler et on vous envoie le chauffeur.  Mais avec l'application, on n’a pas besoin d'appeler et vous verrez directement le prix. On aimerait bien que la population passe par l'application. Et l'autre projet, c'est qu'on veut travailler plus avec les entreprises pour faire leur livraison et avec les commerçants qui ont besoin d'un service de livraison. On peut bien travailler avec eux pour leur faciliter les choses. Et, après, il y a aussi les autres régions. Pour l'instant, on n’est qu'à Bamako mais on reste ouvert à d'autres opportunités en dehors de Bamako. C'est le gros chantier à venir. Mais surtout on a besoin de recruter des gens, la demande est là et on a besoin de beaucoup de chauffeurs. Notre objectif est d'augmenter le nombre de chauffeur et ça peut être vraiment utile pour eux parce qu'ils apprennent beaucoup, ils sont formés, ils apprennent aussi comment gérer les clients. Il y en a qui gagne jusqu'à 200 milles 300 milles, ça dépend de l'effort que tu fournis.

 



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