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Politique

GESTION DE LA TRANSITION Les raisons du maintien des militaires !




Trois semaines après la chute du Président IBK, la transition tant annoncée pour donner un nouveau soubassement à la démocratie malienne, peine à voir le jour. Les débats font toujours rage autour de la question : qui pour diriger la transition politique ? Comme Israël et la Palestine, les Maliens restent profondément divisés sur la question et donnent raison, une fois de plus, aux partisans du maintien des militaires au pouvoir, le temps suffisant qu’il faudra pour donner une bonne assise au pays en vue de remettre le pouvoir aux partis politiques.

L’exigence de la Cedeao de remettre le pouvoir aux civils a encore réveillé les démons de la division qui continuent à opposer les Maliens au moment où tous les fils du pays ont besoin de parler d’une seule voix. Les Maliens, et principalement ceux de la classe politique, ont entrepris leur vilaine et interminable guerre fratricide autour des butins du Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP). Presqu’unanimement d’accord pour une gestion de la transition par un civil, les partis politiques restent encore foncièrement divisés sur la question : à qui faut-il faire confiance ? Le problème est que personne ne fait confiance à personne au sein de la classe politique malienne. Mieux, les partis politiques sont aussi réticents quant au choix d’un civil technocrate craignant l’éventualité de contribuer de leurs propres mains à la fabrication d’un futur adversaire, car sachant que les Maliens ne leur font plus confiance. C’est de par cette indécision, car voyant le pire partout, que la classe politique malienne tient aujourd’hui le Mali en otage. Leur transmettre le pouvoir dans ces conditions et pire encore à un civil sans défense face à un groupe de vautours affamés, ferait rater, à coup sûr, le pays son unique occasion de repartir de bons pieds. La vérité est que la classe politique malienne, en l’état actuel, est trop divisée pour gérer efficacement une transition politique censée hisser le Mali dans le concert des grandes nations dans le monde. Pire encore, si l’on se hasarde à placer un civil technocrate aux pieds fragiles, les vautours affamés le mangeront, lui et le projet d’un Mali nouveau, débout et fier. Les raisons de croire aux militaires ! En effet, l’efficacité de certaines actions entamées, ces derniers temps, par les militaires témoigne de leur capacité à remettre le Mali sur les rails et reformater les Maliens qui se plaisent à vilipender les biens publics et qui baignent dans l’incivisme. ATT, en son temps, n’a-t-il pas dit que toute sorte de forums ont été organisés en vain pour redresser le Mali et qu’il est grand temps d’organiser un forum sur le comportement du Malien lui-même ? Le défi du développement est sans doute à relever dans le formatage du comportement des Maliens. Et on peut dire que le CNSP est en train de réussir sur ce terrain. Pour preuve, il a fallu seulement moins de 18 heures après son communiqué appelant les anciens ministres et députés à déposer leurs véhicules et macarons à la Direction générale des Biens de l’Etat pour voir ces derniers s’exécuter en foulée et sans broncher. Qui dit que les Maliens ne respectent pas l’Etat ? Mieux, le constat du retour du civisme crève, aujourd’hui, les yeux. Sur les réseaux sociaux, les Maliens ont appris à respecter leurs responsables en espace de moins d’un mois. Ils critiquent mais dans le plus grand respect. Que dire du respect du couvrefeu décrété par les militaires et qui vient d’être levé. Les Maliens riches ou pauvres, dans les villes et en campagnes l’ont observé en citoyens. Alors  : lassez les militaires mettre de l’ordre dans ce pays ! |YOUSSOUF Z KEITA



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