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Culture

GESTION DE LA CRISE DU CORONAVIRUS Les bars sont ouverts pendant que les demeurent fermées




écoles demeurent fermées

Alors que les autorités ont fermé les écoles pour endiguer la propagation de la pandémie à coronavirus, elles autorisent les bars à exercer leurs activités au mépris des règles sanitaires. Cette situation illogique ne manque pas de frustrer certains promoteurs d'écoles qui dénoncent une sorte de deux poids deux mesures

Allez trouver la logique ! Cela fait dix mois que les écoles publiques et privées sont fermées en application des mesures destinées à freiner le coronavirus. La rentrée des classes, tel un horizon inatteignable, ne cesse d’être repoussée. Fixée au 5 janvier 2021, la reprise a été reportée au 26 janvier. Un report de plus qui inquiète autant qu’elle agace plusieurs promoteurs d’écoles privées. Ces derniers n’hésitant plus à se dire « mis à la marge » des décisions  relatives au secteur de l’Education. Youchaou Traoré, promoteur d'école, ne s’embarrasse pas de détours pour marteler sa déception. « Pour moi, c'est très décevant, la gestion de la Covid-19 a été un pilotage à vue par le gouvernement et le ministère de l'éducation nationale. Parce que pendant tous ce temps, on n’a pas associé les vrais acteurs. » Avant d'ajouter  « Les écoles privées constituent 60% de l'école malienne. Le gouvernement doit réviser sa politique de prise de décisions. »

Ces promoteurs d’écoles qui montent de plus en plus au créneau pour critiquer un traitement déséquilibré, à l’instar de monsieur Traoré, sont-ils à blâmer ? Pas si sûr car l’aspect illogique qu’ils soulèvent est tout à fait flagrant. Pendant que les écoles privées ont été contraintes par l’Etat de garder leurs portes fermées, la fête bat son plein dans certains bars de la place qui sont pourtant connus pour accueillir du monde en rang serré. Allez donc parler aux habitués de respect de gestes barrières ! De même, les mariages se célèbrent comme si de rien n'était.

La polémique commence clairement à se faire jour. A raison, d’ailleurs. Car le gouvernement lui-même nourrit le sentiment d’une forme d’inégalité devant les restrictions. Et c’est ce que souligne B. Diallo, promoteur d'une fac privée, comme interrogation « On a fermé les écoles alors que les bars sont ouverts, et alors que les gens continuent à fréquenter les mosquées et les églises. Seules les écoles sont fermées ! »

Les directions des universités privées accusent également l'État de les avoir ignorées concernant la décision d’ajournement de la date de reprise. Elles affirment avoir vu le communiqué relatif au report de la rentrée sur les réseaux sociaux. « On n’a pas été informées, on a appris l'information sur FACEBOOK alors qu'on devrait être associées à toute décision importante concernant la suspension des cours dans les facs privées. Mais, on est restées fidèles à notre conviction légaliste comme on l'a toujours fait depuis mars 2020. On a accepté et appliqué les décisions des plus hautes autorités. »

Décidés à réintégrer les classes à l’échéance du 25 janvier, les enseignants des écoles privées et des médersas ont tenu, le vendredi 09 janvier, un sit-in devant le ministère de l'éducation pour s’opposer à tout éventuel report. 

Seydou FANÉ

 



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