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Economie

Du FCFA à l’ECO : la France ne répond qu’à une demande !!! Dr Lamine KEITA 3ème article




Analyse institutionnelle du dispositif de la coopération monétaire des pays africains avec la France.

Résumé : L’auteur nous établit que dans les conditions actuelles, du fait de l’ignorance même du fait monétaire, le dispositif de la coopération monétaire des pays africains avec la France souffre de graves dysfonctionnements, qui, s’ils devaient être corrigés, montreraient que cette coopération est en réalité sans objet pour les pays africains. En effet, ceux-ci n’auront toujours pas compris que cet accord, que leur propose la France, fonctionne comme si elle leur demandait d’aller ensemble au marché sans trop leur faire savoir que l’objectif attendu de ce déplacement était de les y vendre et d’encaisser le butin. Ce faisant, pendant que les pays africains se considèrent comme acteurs, alors qu’ils ignorent en réalité qu’il n’y a qu’une seule partie dans cet accord, les pays africains n’étant simplement que des sujets ou objets de l’accord. Pour le savoir et en juger par vous-même, lisez l’article.

I. Problématique

Dans le présent article, nous procèderons à l’analyse institutionnelle du dispositif de la coopération monétaire des pays africains avec la France, un cadeau du nouvel an que nous envisageons d’offrir aux plus hautes autorités de la zone franc et à celles de la France, pour qu’enfin, elles prennent publiquement conscience du mal qu’elles font subir par ignorance ou par pure cupidité aux populations africaines, qui n’auront que trop souffert des pratiques d’expropriation tirées d’une autre époque, celle de la barbarie et de l’ignorance du moyen-âge européen. Nous expliquerons ce qu’il conviendrait de faire, avec des preuves scientifiques, telles qu’elles n’auront jamais été aussi clairement établies auparavant, de manière vérifiable et chiffrée pour être précis, comme dans nos habitudes.

 

II. Le FCFA dans les colonies : une véritable arme invisible de destruction massive

Nous comprenons, à partir des deux articles précédents, et selon toute vraisemblance, que le maintien du même mécanisme de mise en place de l’écu pour le FCFA, la monnaie créée spécialement par la France pour avoir cours uniquement dans les colonies et dans les pays qui naitront de ces colonies, n’est pas fortuit.

En effet, ce maintien n’aura été opéré que pour constituer un piège contre les populations des pays utilisateurs du FCFA en Afrique, dans le dessein de les soumettre aux affres de cette manipulation scandaleuse de diminution de la monnaie, que les autorités françaises connaissent bien en héritage des pratiques que leurs Rois ancêtres ont utilisées pendant plus de 400 ans contre leurs propres sujets à travers la diminution de l’écu.

Ce faisant, ce piège fonctionnera, chaque fois que les anciens colonisés quémanderont de l’argent à l’ancienne métropole, pour permettre à la France de leur reprendre la moitié de la valeur de leurs propres ressources monétaires, qui lui auront été préalablement versées en devises et dans l’objectif déclaré de servir de dépôt en guise de la garantie du FCFA par la France. Se retrouvant ainsi avec une nouvelle virginité à toute épreuve, la France sera ainsi libre de leur en distribuer des miettes, sinon, de les endetter avec leurs propres richesses.

Bien compris, ce piège nous paraît être de la pire espèce, comme pour avoir été volontairement conçu par la France, mis en œuvre et exécuté dans le dessein de tuer à grande échelle, sans être vue ni inquiétée, bref, une véritable arme invisible de destruction massive, que constitue ce mécanisme du FCFA.

Certes, à la différence d’une bombe qui tue avec violence de manière visible et immédiate, ce piège étend dans le temps ses effets néfastes, par un affaiblissement durable des capacités de résilience dans l’économie, en créant une distorsion profonde entre les revenus, qui s’affaissent drastiquement, et les dépenses, qui diminuent plus lentement, tout en exposant les populations à une plus grande insatisfaction des besoins vitaux du fait d’un élargissement continu de la pauvreté qui accentue ainsi une régression dans toutes les conditions réelles de vie et d’existence des populations. Bref, une véritable descente aux enfers sur terre.

Ainsi tous les indicateurs sociaux dans ces pays se détérioreront avec une extension considérable de la malnutrition et des maladies ainsi qu’une déstabilisation des conditions de vie, du fait des conséquences inévitables d’un transfert aussi massif qu’immédiat des ressources hors de ces pays à destination de la France, violant les conditions de conservation de la société[1].

 

III. Manipulation du FCFA : de l’effet à la cause

Que les populations africaines ne puissent expliquer avec précision le mal qui leur arrive avec l’utilisation du FCFA à laquelle elles auraient pu bien croire s’habituer après plus de 75 ans d’exercice, cela est un fait compréhensible, étant donné que n’est pas économiste qui le veut.

Il est également un fait que personne ne peut nier à ces populations le droit d’exprimer la souffrance qu’elles déclarent endurer douloureusement dans leur chair et au quotidien depuis cette dévaluation du FCFA depuis 1994. De même à un malade, comment saurait-on refuser le droit de se plaindre en mettant en cause des parties du corps qui lui font souffrir, tout en espérant poser un diagnostic permettant d’identifier exactement la vraie cause du mal dont il souffre réellement ?

Ainsi, suivant le même principe, la plainte exprimée par les populations africaines, à la suite des désagréments que leur causent les manipulations du FCFA, ne devrait constituer qu’une étape préliminaire pour permettre à l’économiste de chercher à déterminer les vraies causes de leurs souffrances, afin d’en rechercher les remèdes appropriés et de les administrer de façon à leur assurer un mieux-être dans la société dont la pratique de la dévaluation les aura certainement privées.

Par conséquent, il n’y a aucun mal, à ce que les populations africaines, de bonne foi, stigmatisent l’usage d’un FCFA dont la manipulation aura été suivie de tout le mal de vivre dont elles se plaignent actuellement dans la société, allant, par conséquent, à prendre pour coupable celui par qui ce FCFA est arrivé dans leur portefeuille.

 

IV. Quand les russes ou turcs sont accusés de créer un sentiment anti-français en Afrique

Il convient donc de comprendre si ce sont les russes ou turcs qui créent un sentiment anti-français en Afrique, comme le déclarent au plus haut niveau les autorités françaises, ou bien si c’est la France qui s’imagine que les africains sont tellement incapables d’apprécier leur situation propre, qu’il faille bien que les russes et les turcs viennent la leur apprendre.

Heureusement, comme la Gauche Française Démocratique, dans la motion de rejet préalable du projet de loi autorisant la récente ratification de l’accord de coopération entre la France et les pays membres de l’Union économique et monétaire Ouest-Africaine la France, l’exprime éloquemment, la France « en devenant le premier pays ratifiant cet accord dont elle aura conçu et initié unilatéralement le projet initial à l’exclusion de tout autre pays concerné, a confirmé cette approche condescendante de la France vis-à-vis des pays africains pour conduire une réforme qui ne changera rien ».

Par conséquent, cette Assemblée nationale française est bien placée, aujourd’hui, pour témoigner de l’abus de l’autorité de la France, sur les populations africaines, que représente toute opération de maintien du FCFA, assortie de la diminution prévisible et inévitable de cette monnaie fictive, qu’elle soit exprimée comme une quantité de franc français ou d’euro.

En effet, comme l’annonce aussi clairement que possible, et à la même occasion, la Gauche Française Démocratique, « cette ratification aura manqué d’être l’occasion d’un débat approfondi entre tous les pays concernés », quand, ambiguïté française obligeant, le Député LREM annonce, à la même occasion, que cette France « ne fait rien d’autre que ce qui lui aura été demandé ». Nous espérons contribuer ci-après à ce débat approfondi, que la Gauche française Démocratique appelait de ses vœux.

 

V. Du caractère cosmétique de la dénomination d’une monnaie

L’illusion collective semble donner plus d’importance à la dénomination des monnaies, alors qu’en réalité, il est plutôt important de savoir concrètement ce qu’on fait avec la monnaie, plutôt que de chercher à en changer la dénomination.

Ainsi, en définissant la Livre Tournois comme une quantité de métal précieux, l’or par exemple, et l’écu comme une quantité de Livre Tournois, il apparaît, en toute simplicité, que la Livre Tournois et l’Ecu représentent la même substance, l’or, dont ils en exprimeront des quantités précises distinctes.

Donc, ces mots de Livre Tournois et d’Ecu ne sont que des astuces qui ne traduisent aucune réalité concrète ou autonome différente de l’or. Ils représentent en réalité des noms vides et leur disparition de l’usage ne se traduirait par aucune perte d’information. Ainsi, il est sans inconvénient d’examiner concrètement les manipulations qu’ils représentent en oubliant les mots qu’ils sont.

Aussi, est-il encore facile, de par l’histoire, de vérifier simplement que le mot dollar désigne la monnaie utilisée par les USA, comme celles utilisées au Canada, à Hong-Kong, pour désigner des substances tout à fait différentes. De même, des mots différents, comme le dollar de Hong-Kong et la Livre anglaise, constituent des dénominations différentes pour désigner la même substance, la livre anglaise, mais en des quantités distinctes.

Par ailleurs, le FCFA désigne la monnaie commune à neuf pays de l’Afrique de l’Ouest, ainsi que celle commune à six pays de l’Afrique centrale. Ces deux groupes de pays utilisent des monnaies de même nom, présentant tous les traits caractéristiques en commun, alors que dans les faits, ces deux monnaies qui ne sont pas acceptées en échange l’une contre l’autre, apparaissent totalement et paradoxalement étrangères l’une à l’autre, ainsi que l’a récemment rappelé le Sénat français dans son rapport, qu’il nous a été donné d’analyser et dans lequel il faisait remarquer qu’il ne faut pas parler du FCFA, mais des FCFA. Il est donc important de comprendre que le nom ne représente absolument aucune importance notable pour la monnaie, et qu’il n’y a aucun intérêt à déployer des ressources pour en changer le nom en espérant modifier quoi que ce soit d’important sur le plan économique.

VI. L’usage correct des mathématiques pour traduire des relations d’échanges[2]

Il convient de remarquer que l’égalité mathématique est utilisée pour traduire les échanges économiques dont elle ne permet de rendre compte que de façon très imparfaite. Il est important de comprendre comme tirer profit de l’utilisation correcte de l’égalité mathématique en économie, c’est-à-dire dans le processus des échanges.

Ainsi, apparaît-il deux types d’échange : les échanges entre agents qui échangent des biens contre des biens ou encore des biens contre la monnaie, un signe doté d’une valeur reconnue par l’autorité qui gère la collectivité d’échange, mais qu’on ne peut acquérir qu’après avoir donné à cette autorité un bien représentant cette valeur connue de tous. Le second type est l’échange fondé sur la confiance entre un agent et l’autorité monétaire, le premier donnant à cette autorité un bien représentant une valeur connue de tous et recevant en retour une quantité de monnaie représentant le signe de cette valeur, un signe qui ne disparait pas dans l’économie et qui y circule de main en mai en permanence comme une dette sur l’autorité monétaire.

 

VII. La tyrannie des mathématiques pour cacher une grosse arnaque avec la monnaie

7.1 Egalité traduisant une promesse

1 FCFA = 0,02 FF          (1). Cette égalité traduit la promesse faite par la France depuis 1960 avec les pays utilisateurs qui promet de reconnaître que le FCFA comme le signe de la valeur de 0,02 FF payée en devises et déposée auprès du Trésor.

• et 1 FM = 0,01 FF (2), une promesse interne faite en 1967 par le Mali en coopération avec la France de reconnaître le FM comme le signe de la valeur de 0,01 FF

.

7.2 Egalité traduisant une équivalence

Pour assurer le remplacement du FM alors en circulation au Mali, par le FCFA, il a été précédé à un échange de valeur comme suit :1 FCFA = 2 FM  (3)

L’agent de gauche était la France, l’autorité monétaire, et l’agent de droite était la population du Mali. La relation (3) signifie que la France a donné une unité de FCFA à la population qui lui a donné 2 unités de FM. Ici, il est important de remarquer que les deux signes de valeur ont été échangés dans le respect de ce qu’ils représentent comme promesse, sur une base d’équivalence.

Cet échange signifie donc que ce qui a été donné par la France est équivalent à ce qui a été donné par la population. En effet, la France a donné une valeur de 0,02 FF et a reçu également une valeur de 0,02 FF. Donc ici, les mathématiques traduisent correctement ce qui s’est passé concrètement entre l’autorité monétaire et la population.

 

7.3 Succession de deux égalités et substitution frauduleuse d’une promesse à l’autre

En revanche, examinons la décision de l’autorité en 1994, quand, au nom de la dévaluation, la France a décidé :

• 1 FCFA = 0,01 FF  (4).

Cette égalité traduit une nouvelle promesse faite en 1994, qui ne saurait donc valoir, comme promesse, que sur le futur et qui signifie qu’à l’avenir, pour avoir un 1 FCFA, le citoyen doit désormais donner au Trésor une valeur de 0,01 franc en devises.

Cependant, en prenant soin d’analyser cette nouvelle promesse conjointement avec la relation (1), il apparaît clairement que cette nouvelle promesse a été substituée, à tort, mais volontairement de façon trompeuse à des opérations qui se sont déroulées depuis 1960.

En effet, la France, après avoir toujours reçu l’équivalent de 2 fois la monnaie de 0,01 FF pour 1 F CFA, comme au Mali depuis 1983-84 et bien avant cette date, en 1960, pour les autres pays utilisateurs du F CFA, vient, par la relation (4) de refuser de reconnaître tous ces précédents échanges sur la base de 0,02 FF pour 1 F CFA.

Ainsi, en appliquant rétrospectivement cette nouvelle relation sur toute la masse monétaire préexistante en 1994, qui aura été totalement constituée en quantité d’un FCFA acquis dans les conditions du F CFA = 0,02 FF, cette masse monétaire va désormais être comptée pour la moitié de sa propre valeur, une valeur qui avait été payée en devises par les pays africains et qui, depuis fort longtemps, était placée en devises en garantie auprès du Trésor français.

Ainsi, à titre d’exemple, en considérant la masse monétaire du mois d’octobre 2017 dans les pays de l’UEMOA qui s’élevait à 23 531,6 milliards de FCFA[3], les pays africains auront placé une valeur de 36 milliards d’euros en devises auprès du Trésor français pour acquérir ces signes de valeur, qui ne sont pas des valeurs, mais des papiers fabriqués par la France comme simple promesse de respecter les conditions de leur délivrance.

Ainsi, une décision du type de la dévaluation du FCFA de 50% décidée en 1994, réduit cette valeur à sa moitié, soit 18 milliards d’euros, l’autre moitié étant récupérée par le Trésor français, et cela, d’autant plus facilement que les fonds y ont été déjà internés en guise de dépôts de garantie.

 

7.4 Dévaluation du FCFA de 50% ou comment la France renonce à honorer ses engagements monétaires

Il s’en suit qu’une telle décision de dévaluer le FCFA de 50% est une astuce pour la France de renoncer à payer sa dette vis-à-vis des pays africains, ce n’est pas une politique publique. En effet, la France applique de façon rétrospective la nouvelle décision  de définition le FCFA en violation de toutes les règles de droit humain dans toutes les législations, procédant ainsi à une expropriation forcée des populations africaines par la France pour un montant substantiel de 18 milliards d’euros, et qu’est-ce qui pourrait l’empêcher ainsi à renoncer à tous ses engagements, si cela était bien une politique publique ?

Ce butin, dont l’existence est insoupçonnée par la population africaine ainsi que nous l’avons fait remarquer lors de l’examen du décret du 18 germinal an III (7 avril 1795), paraît constituer le seul motif vrai, mais caché, de cet accord de coopération que la France aura concocté contre ces populations africaines.

En réalité cet accord n’en est pas un, étant donné que les conditions de sa violation sont ouvertes à la France qui peut décider souverainement de diminuer le FCFA, c’est-à-dire de renoncer à reconnaitre une dette réelle qu’elle a contractée auprès des pays africains de la façon la plus couteuse, en devise.

Quand on sait que l’objectif de l’accord était justement d’empêcher cette diminution du FCFA par l’obligation faite à la France de se substituer aux pays africains en cas de défaillance de leur part, il nous apparaît qu’en réalité, cet accord manque d’objectif.

Le préjudice financier ainsi dissimulé par la France au détriment des pays africains correspond, dans l’histoire du Royaume de France, aux droits de seigneuriage que le Roi recouvrait sur ses sujets lors de la diminution de l’écu, l’ancêtre du FCFA, un FCFA qui reste soumis à la même diminution comme son prédécesseur, l’écu.

 

VIII. La fraude au cœur du dispositif du compte d’opération auprès du Trésor français

Il nous revient de faire constater, à travers l’histoire de la France, que l’écu, le FCFA et l’éco, indépendamment de leur désignation, jouent exactement le même rôle que l’écu, la seconde monnaie du Roi que le décret du 18 germinal an iii (7 avril 1795) a abolie, décret que le Général De Gaulle aura violé en 1945 en créant le FCFA dans les colonies.

Par conséquent, il est important de comprendre, qu’à part la période de 1795 à 1945, la fraude aura toujours été au cœur du dispositif monétaire en vigueur en France, quand la Révolution française aura juste permis d’en épargner la population française à partir de 1795.

Ainsi, la France, en rétablissant l’écu dans les colonies sous l’appellation de FCFA, aura renoué avec ce vieux dispositif ancestral de fraude que les pays africains n’auront toujours pas compris, mais que nous avons le devoir de le leur expliquer.

En effet, comme cela est clairement expliqué, ce dispositif permet à la France, à travers la dépréciation de cette monnaie du FCFA, d’exproprier ces populations africaines  de leurs propres ressources, au moment précis où elles en auront le plus grand besoin.

Placés dans l’ignorance de l’existence de ce préjudice financier, ces pays africains sont dans l’impossibilité matérielle d’y fonder une quelconque programmation pour son utilisation efficace.

En revanche, contrairement à ces pays, les autorités françaises, qui ont l’expérience de cette fraude de par l’expérience de leurs ancêtres Rois, attendent avec assurance l’arrivée de cette manne, tout en se frottant les deux mains et pieds pour avoir réussi un crime parfait, sans être vue ni inquiétée, avec fierté et arrogance.

 

IX. Et si le vrai motif de cette coopération avec la France était caché aux pays africains

En réalité, ce gain faramineux, frauduleusement acquis, apparaît, selon toute vraisemblance, comme le seul vrai objectif que la France attache à cette coopération avec les pays africains. En réalité, tous les autres aspects de cette coopération ne sont que littérature pour faire semblant d’occuper des gens à faire quelque chose d’utile, alors qu’en réalité, il n’en est rien,  en juger avec toutes les atrocités qui sont administrées aux populations africaines quand la France n’est jamais loin du lieu du drame, ou quand elle n’en est même pas l’actrice principale, ainsi qu’elle en a donné des preuves, comme lors de la tuerie des tirailleurs victorieux à leur retour à Thiaroye au Sénégal, ou même récemment quand, pour venger la perte de deux de ses soldats tués au Mali, elle a bombardé un village faisant une centaine de victimes qui participaient à une cérémonie de mariage dont des enfants de 5 ans, qui ne sont que des terroristes selon elle.

Nous comprenons donc que le changement de dénomination du FCFA en Eco, ainsi que nous l’avons établi dans nos travaux, ne touche à aucun trait descriptif ou caractéristique d’une monnaie en dehors d’un aspect de cosmétique, un aspect symbolique. Ainsi, la France, face à un FCFA suffisamment décrié auprès des utilisateurs, comme étant une monnaie coloniale, pourrait trouver répit en lui faisant changer de nom, afin d’apaiser momentanément les esprits surchauffés, laissant ainsi croire à l’opinion publique réfractaire à l’idée d’une victoire symbolique sur la France.

Peine perdue, la France aura oublié de se faire sien, le constat du Président américain Abraham Lincoln selon lequel, « on peut tromper une partie du peuple, tout le temps, tout le peuple, une partie du temps, mais pas tout le peuple, tout le temps ».Aussi, au titre des changements entamés pour ne rien changer, la France peut-elle annoncer, comme elle l’a fait, en renonçant à recevoir la centralisation des dépôts des réserves au Trésor français, ce qui ne fera pas disparaître les dépôts de garantie qu’elle est seule à encaisser, préalablement à la délivrance des FCFA, au prix actuellement fixé à 0,00152 euro.

Ce faisant, ainsi que nous l’avons établi, la collecte de cette manne sécrète restant inchangée, la France ne verrait aucun inconvénient d’accompagner ces pays dans des dilatoires, tant que cet intérêt stratégique caché n’est pas découvert et tant que rien ne sera fait contre cette pratique frauduleuse de tradition ancestrale établie en France. Ainsi, comme hier, avec les Rois fainéants qui appauvrissaient leurs sujets, les autorités françaises continuent de faire de même avec les populations africaines, qui ont eu le malheur de les appeler à leur secours, omettant ainsi de tirer profit de l’histoire.

Aujourd’hui et dans le même esprit, suivant le même processus d’expropriation avec le FCFA puis l’ Eco son nouveau nom, le Trésor français substitué au Trésor royal, continuera, par la diminution du FCFA, puis de l’Eco, à dépouiller, de  leurs ressources monétaires douloureusement acquises en devises, ces populations africaines pauvres et appauvries, le moment précis où elles attendent le secours financier de la France, censée les aider à se développer. Le plus grand mal les aura ainsi saisies.

 

X. Un dispositif institutionnel régional UEMOA incomplet, à compléter

Il est donc très important de bien analyser le dispositif existant autour du compte d’opérations, afin de comprendre le dysfonctionnement de fond qui empêche l’efficience et l’efficacité de cet accord dit de coopération. En effet, il est important de comprendre que la manne financière rendue disponible suite à la diminution du FCFA, ou qui le serait à la suite de la diminution du futur Eco, constitue est une propriété des populations africaines utilisatrices de ces monnaies, qui, malheureusement, est restée inconnue des pays africains, laissant donc libre cours à la France de la confisquer en 1994 à travers le Trésor français, le temps de découvrir le manège pour le faire prendre la bonne direction.

En effet, la prise de conscience de la mauvaise direction prise par cette manne devra permettre aux pays africains de ramener leurs ressources détournées dans leur budget communautaire et d’en faire un bon suivi dans la réalisation des objectifs communautaires destinés à corriger les inefficacités structurelles.

 

XI. Un accord de coopération inexistant de fait, ou sans objet ?

En effet, si la diminution du FCFA, dont nous venons d’expliquer le caractère prohibé, est retenue comme une éventualité envisagée dans l’accord de coopération autorisant ainsi et en même temps la violation du même accord qui visait justement à empêcher cette diminution du FCFA en accordant à la France le bénéfice des avantages financiers immédiats et permanents, faisant ainsi obligation à la France de se substituer aux pays africains le temps de leur défaillance, alors, il apparait clairement que cet accord avec la France est plutôt inexistant.

Par conséquent, toute dépense consentie à la France par les pays africains dans ce cadre est injustifiée, puisqu’elle ne débouche sur aucun résultat, ce qui exigerait contre la France le remboursement de tous les avantages financiers indus, sans préjudice d’un recours contre elle pour escroquerie aggravée ainsi que des pénalités de retard et autres dommages y consécutifs.

Ainsi, les gains occultes, cachés et inavoués, mais d’existence réelle, qu’elle a encaissés par dissimulation, devront être restitués et les dommages consécutifs réparés. En effet, ces populations africaines qui auront perdu de manière triple, sans compter l’abus de confiance :

– une première fois pour s’être débarrassés en permanence de la moitié des réserves en devises qu’ils ont mises à la disposition de la France,

– une deuxième fois en ayant été dépossédés de la moitié de la valeur des dépôts de garantie accumulés et déposés en devises au fil du temps auprès du Trésor pour obtenir l’engagement de la France, se substituer aux pays africains ;

– une troisième fois par la destruction des valeurs d’actifs du fait de l’ignorance des conséquences de la diminution des mesures et des poids sur l’évaluation des actifs et passifs.

Malgré tous ces gains illicites, la France, dans son ambivalence, aura été en permanence dans le déni total de tout bénéficie d’avantages financiers dans cette coopération monétaire. En effet, lorsque des preuves vérifiables d’avantages financiers lui sont apportées elle n’aura fait qu’en limiter la portée, quand, en revanche, elle était prête à dissimuler des montants faramineux en toute connaissance de cause, sans jamais n’en souffler mot.

Il nous apparait, que si le Roi ne peut être condamné avec la logique de notre temps pour avoir exproprié ses sujets, aucune âme ne peut tolérer de la France cette pratique d’escroquerie contre la population africaine, qui ne comptait que sur elle pour s’en sortir, découvrant ainsi le rallongement du décompte macabre des déceptions d’une Afrique que la France lui aura toujours infligées, un pays dont les dirigeants qui ne semblent point guérir de leurs pratiques colonialistes et esclavagistes, voire racistes.

 

XII. Que faire face à un destin tragique ?

Ainsi, face à cette situation de destin tragique, plutôt que de se lamenter, il importe d’accepter son sort et de chercher à en limiter les dégâts. Ainsi conçue, la décision de dévaluation de 50% du FCFA rendrait disponible immédiatement un montant de18 milliards d’euros en devises pour l’économie de ces pays africains, un montant plausible tiré des données réelles de 2017, dont aucune institution existante ne pourrait leur faire un prêt, encore moins un don quelconque pour eux.

Par conséquent, un dispositif commun au sein de l’UEMOA ou de la BEAC, responsable du développement régional global, devrait exister en prévision de la gestion de cette manne d’argent qui n’appartient pas à la BCEAO, ni à la BEAC encore moins à la France, mais aux populations africaines qui ont récolté durement ces devises sur le marché international. Ce montant sera dédié à la correction des dysfonctionnements graves qui ont affecté l’économie régionale dans ces pays utilisateurs du FCFA.

En effet, cette structure à compétence régionale devra veiller à la correction des dysfonctionnements qui auront conduit ces pays à prendre ces décisions douloureuses pour l’ajustement des économies nationales. Malheureusement, au lieu que ces ressources rendues disponibles permettent à ces pays d’entamer des grands travaux d’infrastructures pour accroitre l’attractivité et la compétitivité dans ces pays, elles ont été subtilisées par la France dans l’ignorance totale des pays africains, qui devront aller chercher à comprendre si, dans l’esprit colonial qui caractérise cette France, il ne ressort pas, que pour enrichir ces africains, il faille leur prendre la moitié de leurs ressources pour leur en prêter des miettes à prix d’esclaves.

 

XIII. Conclusion :

Il est donc important de comprendre, lorsque nous dénonçons cette pratique de diminution du FCFA dans le dispositif mis en place autour du Trésor français, nous le faisons pour des raisons d’optimalité économique dans une analyse inédite, résultant de la conception à ce jour la plus achevée de l’économie et de la monnaie, dans son vrai et spécifique rôle, d’instrument de mesure dans cette discipline.

Cette vision n’a absolument rien à voir avec des fausses théories économiques affirmées d’autorité, mais dont les résultats annoncés ne sont jamais atteints, car conceptuellement erronés. Que diriez-vous d’une théorie qui établit l’inflation quand des preuves évidentes d’appauvrissement sont disponibles. Malheureusement, il n’y a pas de bon vent pour qui ne sait où aller. 

Le compte d’opération, que la France s’est précipité de déclarer fermé dès l’annonce de la parution de notre sixième livre, qui donne tous les détails d’une pratique d’escroquerie connue depuis l’époque du moyen-âge avec le Gros et l’écu jusqu’à nos jours, ne peut être fermé d’une seule initiative.

Le butin consécutif à la diminution du FCFA en 1994 existe, il ne peut disparaitre en perte et profit. Les dommages consécutifs à cette pratique d’escroquerie sont incommensurables, dès lors qu’elle donne lieu, en plus de la perte financière, à une destruction des valeurs d’actifs et de passifs dans l’ignorance complète du rôle d’instrument de mesure assigné des instruments monétaires du FCFA.

Ainsi, il devra être clair, que la pauvreté de ces pays utilisateurs du FCFA n’est pas une fatalité, mais bien la conséquence d’une grosse ignorance doublée d’une cupidité sans limite dans la délégation de la gestion de nos pays. En effet, comment les populations de ces pays auraient-elles pu atteindre le développement escompté dans l’ignorance des méfaits de ce montage mensonger, voire criminel, que constitue cet accord de coopération monétaire avec la France.

Victimes d’escroquerie ces populations africaines devront exiger de la France la restitution du butin mal acquis en 1994, et, en plus, la réparation des dommages nombreux et incommensurables consécutifs à son abus de confiance, sans oublier la restitution de tous les avantages financiers indûment encaissés.

Dr Lamine KEITA, laminemacina@yahoo.fr

Economiste, Auteur de l’Economie scientifique, conçue pour le juste bonheur de l’Humanité entière.

 

 
  • [1]Voir (L. KEITA, 2003),« Le fondement de la dynamique et la croissance en économie », L’Harmattan, 2003.

.

[2] Voir (L.KEITA, 2002) « La théorie économique du XXIème siècle – Le concept de mesure en économie », L’Harmattan, 2002.

[3]Tableau N° 1.1 Agrégat de monnaie à fin octobre 2017- Bulletin de statistiques monétaires et financières – Décembre 2017 Sources BCEAO



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