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Politique

DR ALY TOUNKARA, SUR LA CRISE POLITIQUE « Il faut procéder par la dissolution de l’Assemblée et de la Cour constitutionnelle »




La situation socio-politique de notre pays devient de plus en plus inquiétante, avec des avalanches contre le régime en place. Pour décrisper la tension qui a atteint son paroxysme, Dr Aly Tounkara, directeur du centre des études sécuritaires et stratégiques au sahel, fait une analyse et une proposition sans complaisance de la question qui taraude les esprits.

Pour le Sociologue, Dr Aly Tounkara,  le mouvement du 5 juin a une seule finalité recherchée  qui est la démission du Président Ibrahim Boubacar Keita. Le mouvement du 5 juin reproche au Président Keita d’échouer dans ses fonctions qu’on pourrait qualifier de régalienne, notamment : l’éducation, la santé, la sécurité en passant par la justice. « Vous n’êtes pas sans savoir que le Mali connait des grèves intempestives depuis la venue du Président Keïta. Dans le même temps, certains proches du quinquennat du Président Keita  ont été soupçonnés de malversations financières, lesquels n’ont pas été inquiétés par des poursuites judiciaires. Ce sont ces tares qui sont, entre autres, mises en évidence par le mouvement du 5 juin qui n’a qu’aucune seule finalité recherchée qui le départ du Président Keita et de son régime. On entend par régime l’Assemblée nationale, la Cour constitutionnelle, toutes les institutions de la République. N’oublions pas quand même que ces tensions sont nées à la suite de la proclamation des résultats définitifs du scrutin législatif par la Cour constitutionnelle », a-t-il laissé entendre.

Les risques qui planent !

Aussi, s’agissant des risques, il a une vision critique. A l’en croire, concrètement, lorsqu’on va s’acheminer vers le départ forcé ou en tout cas obligé du Président de la République, on risque naturellement d’assister à un Mali encore plus déboussolé, à un Mali plus fragilisé tant par l’offre sécuritaire que par l’offre politique. « Vous n’êtes pas sans savoir que dans les régions du nord du Mali, nous avons quand même des séparatistes qui ont, certes, signés un accord avec le Mali. Mais lequel accord peine à être appliqué. Donc un tel départ prématuré du Président pourrait amener le Mali à assister à ces propres funérailles en termes de dignité, en terme même d’intégrité. Les risques sont tout à fait imminents que l’intégrité soit remise en cause avec un tel départ forcé du Président de la République », a-t-il précisé.

Les pistes de solutions

Malgré tout, après analyse méthodique, il a proposé une piste à explorer pour une sortie de crise. Il affirme, en toute franchise, que le Président pourrait rester mais que des solutions sont à proposer naturellement. Il ne faut quand même pas oublier que l’Assemblée nationale constitue l’élément important de cette colère de la rue. Il faut forcement procéder par la dissolution de l’Assemblée et, de la même manière, par celle de la Cour constitutionnelle qui a quand même amené beaucoup de maliens à regagner ce mouvement du 5 juin. De la même manière également, il serait extrêmement important que le Président de la République revienne sur le décret de nomination du premier ministre, Dr Boubou Cissé, lequel premier ministre devait être désormais consensuel. « Pour ce faire, il faut associer ce mouvement du 5 juin dans le choix du premier ministre consensuel qui serait doté de ce qu’on pourrait qualifier de plein pouvoir. Je pense qu’une fois ces changements importants opérés, naturellement la rue pourrait revoir sa demande qui est la démission du Président de la République », a-t-il proposé.

Ibrahim Sanogo dit Oliver

 

 



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