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Politique

Crise socio-politique Ce que la Cédéao devrait éviter




La Cédéao va derechef être au chevet du Mali, ce lundi 27 juillet. L’ensemble des Présidents de l’organisation sous-régionale se réunissent par visioconférence pour prendre « des mesures fortes » de sortie de crise. Mais, attention ! Si cette réunion au sommet se transforme en un dîner de gala syndical des Souverains, les « mesures fortes » auront tôt fait d’être des « mesures mortes ».

« Les chefs d’Etat de la Cédéao se réunissent ce lundi en sommet extraordinaire sur la crise malienne. » Ce sont les mots de Mahamadou Issoufou, Premier citoyen du Niger et aussi Président en exercice de la Cédéao. A quoi faut-il s’attendre au sortir de ces échanges qui se feront par visioconférence ? « A des mesures fortes ! » toujours selon les propos du Nigérien.

L’instance communautaire est plus que jamais résolue à trouver le fil d’Ariane qui permettrait au Mali de sortir du boueux labyrinthe socio-politique dans lequel il est englué. Mais, si l’implication active des figures politiques de proue de la CEDEAO est une contribution appréciable pour extirper notre pays de l’embrouillamini, elle ne peut aucunement constituer le nec plus ultra de la résolution de la crise.

L’erreur serait de croire que la Cédéao, se dressant comme Jupiter du haut de son Olympe, peut imposer ses desiderata à tous les protagonistes de la crise. Si, du côté d’IBK et des formations de la mouvance présidentielle, on semble disposé à s’accommoder et même à se réjouir du ton de Rambo de M. Issoufou ; du côté du M5-RFP et de millions de Maliens, on a commencé à tendre la fibre du réflexe patriotique contre toute mesure qui aurait des allures de diktat.

Les chefs d’Etat de la Cédéao doivent comprendre que, sur le théâtre malien, leur marge de manœuvre est plus délicate qu’elle ne le fût dans d’autres pays. Car, ici plus qu’ailleurs, le sentiment anti-néo-colonialiste est à fleur de peau et peut vite évoluer vers ce qu’il convient d’appeler « les idéaux du martyr». D’autant plus que dans l’entendement d’une très large palette de Maliens, certains dirigeants de la Cédéao sont perçus comme les oléoducs du néo-impérialisme français en Afrique de l’Ouest.

Compte tenu de ces a priori de la suspicion qui pèsent sur eux, il serait malavisé voire inintelligent de la part des Présidents de la Cédéao de prononcer « des mesures fortes » qui seraient rejetées par l’écrasante majorité des Maliens. Déjà, après leur passage à Bamako, les Chefs d’Etat ont prouvé qu’ils étaient venus plus pour sauver le compère IBK que pour pallier les souffrances de la population malienne.

Peut-on, dès lors, faire autrement que de donner raison à tous ceux qui accusent la Cédéao d’être « un syndicat huppé de Chefs d’Etat » et non une organisation au service des peuples ?

Pour paraphraser M. Issoufou, on peut retenir deux principes majeurs qui mènent le carrosse de la Cédéao. Un : la fameuse ligne rouge. Deux : la bonne gouvernance.

Alors, pourquoi le Nigérien et ses pairs, à leur arrivée sur les hauteurs de Koulouba, se sont uniquement contentés de se cabrer sur leur « ligne rouge ». Pourquoi sont-ils délibérément restés muets sur la mal gouvernance qui est devenue le vade-mecum d’IBK ? Et pourquoi demander une procrastination sur l’enquête relative aux crimes commis par la FORSAT à Badalabougou ?

C’est un secret de polichinelle. Dans le problème malien, La Cédéao ne peut être ni un juge impartial ni un roi Salomon à l’équité légendaire. Il reste à souhaiter que l’organisation sous-régionale ne commette pas l’impair consistant à vouloir vêtir les Maliens d’une camisole de force.

Mohamed Meba TEMBELY

 

 

 



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