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Politique

CHANGEMENT DE CAP DANS LA GOUVERNANCE AU MALI Le M5, une chance à exploiter à fond !




Après trois missions dépêchées au Mali avec les mêmes propositions de sortie de crise, qu’est ce que les Maliens peuvent espérer de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ? En tout le président en exercice de l’organisation sous-régionale annonce des mesures fortes qui, on sait d’avance, auront pour seul but de renforcer la pression sur les Maliens et les leaders du M5 en vue de les pousser à se plier aux caprices du « syndicat des présidents ». Mais les Maliens ne doivent pas se laisser faire.

A bien analyser la manière dont les trois missions de la Cédéao ont lamentablement échoué au Mali avec le même discours sur les lèvres sans aucune amélioration, tous les pronostics concourent à croire qu’elle continuera à camper sur cette position. Et les mesures fortes annoncées par son président en exercice seront, probablement, de nature à réconforter le président IBK dans son projet de se maintenir coûte que coûte au pouvoir, même se sachant contester pour le dernier né des Maliens. C’est dire que le M5 et les Maliens doivent s’attendre à de fortes pressions de la part du syndicat des présidents dans les jours à avenir. Et en la matière, la première action de toute organisation sous-régionale serait de semer la panique au sein de la population en faisant brandir une menace économique et dans le but de créer un désamour entre les opposants  et le peuple.  Mais à ces temps de la non-gouvernance installée par le régime IBK avec son corolaire de chaos dans tous les secteurs économiques du pays, l’on est tenté de dire que les Maliens n’ont rien à perdre face à une telle mesure. Pendant sept ans de règne chaotique d’IBK, ils ont su faire preuve de résilience face à la gestion clanique et familiale des affaires publiques. Et leur détermination doit être suffisamment de mise pour savoir que c’est le sprint final pour un nouveau départ vers la prospérité. En plus, ils doivent savoir un éventuel embargo contre le Mali actuellement ferait plus mal à IBK et son entourage que quiconque pour avoir pendant sept ans mis la main, sans partage, sur tous les secteurs économiques du pays. C’est aussi dire que le plus difficile était de commencer cette lutte qui incarne la révolte du peuple malien face à la non-gouvernance, à la gestion clanique du pays, au favoritisme et à la corruption.  Et quoi qu’on dise, cette lutte est une chance pour les Maliens de croiser définitivement le chemin de l’épanouissement. Du coup, la croyance en cette chance de changer définitivement le cap vers une gestion saine et équitable des ressources du pays doit être plus forte que la crainte qu’un éventuel embargo économique de la Cédéao de court lendemain. Car, cette fois-ci nous avons en tête de la révolution des hommes et des femmes sincères prêts à mourir martyrs que traîtres. Mieux, il s’agit de faire en sorte que ceux qui ont donné leur vie dans cette lutte vers un Mali plus que jamais grand et fort ne soient pas morts pour rien. Bref, la lutte est arrivée au point de non retour. Elle doit être menée jusqu’au bout !         

 La détermination et la sincérité de l’imam Dicko comme gage sûr !

De l’histoire de médiation au Mali, rarement l’on vu un opposant si déterminé, si sûr de la cause qu’il défend et prêt à donner sa vie pour la faire aboutir que l’imam Dicko, l’autorité morale du M5-Rfp.

Animé de la soif de voir le Mali reprendre le chemin du développement, il n’a pas tremblé face aux cinq chefs d’Etats de la Cédéao. La rencontre qui s’est terminée en queue de poisson n’a apporté  aucune solution à la crise. En réponse à cette idée de ligne rouge infranchissable, la figure de la contestation, l’imam Mahmoud Dicko a été on ne peut plus clair. De son avis, personne ne viendra de dehors imposer ses solutions au Mali. « Sincèrement, je l’ai dit et je le redis, nous sommes un peuple debout et non pas un peuple soumis. Je préfère mourir  martyr que mourir traître. Les jeunes qui ont perdu leur vie ne l’ont pas perdue pour rien », a balancé l’imam Dicko à la face des Chefs d’Etat de la Sous-région. Avant de préciser que rien n’a été fait pour le moment.

Pour sa part, Choguel Kokala Maïga du M5-RFP au nom du Front pour la sauvegarde de la démocratie a notifié que c’est la première fois qu’ils rencontrent les chefs d’Etat. Citant l’imam Dicko, il a renchéri que si aujourd’hui les Maliens sont révoltés contre Ibrahim Boubacar Kéita, c’est à cause de sa mauvaise gouvernance.

« Les armes, l’argent du citoyen qui devait être utilisés pour lutter contre le terrorisme sont utilisés aujourd’hui contre son peuple. Sa mauvaise gouvernance a fait que le Mali a perdu les 80% de son territoire», a regretté le président du MPR. A l’attention des chefs d’Etat, Choguel dira de ne pas résumer la crise malienne à une affaire simplement d’élections législatives, de gouvernement d’union nationale et de poste ministériel. « C’est la gouvernance qu’il faut changer. Nous allons continuer à demander la démission du président jusqu’à ce que nous ayons un accord politique », a-t-il martelé.

A sa sortie de la salle de négociation, Mohamed Ali Bathily a affirmé que la crise née des législatives n’a fait que révéler la profondeur d’une crise de gouvernance au Mali. Lui aussi, citant Mahmoud Dicko,  dira que l’Etat était abandonné à lui-même comme une sorte de navire en cabotage sur un fleuve avec des vagues. « Il n’y avait pas de direction à l’Etat. Tout ce qui comptait au Mali, c’est l’accès de certaines personnes aux ressources publiques pour les prendre à leur profit dans des réseaux construits pour cela et l’abandon total des préoccupations de l’ensemble de la population », a laissé entendre l’avocat. Cela, dit-il, en matière de santé, d’éducation, et de sécurité entre autres.

En se prononçant sur le protocole dont parle la Cédéao, il dira qu’on change un président normal par les élections. Mais, continue-t-il, lorsque les attitudes deviennent anormales par rapport à l’Etat, il y a autre mode de changement. « Je crois que le protocole de la Cédéao sur la démocratie dans nos Etats ne comporte nulle part l’interdiction de la demande de démission lorsque la gouvernance devient problématique », a-t-il expliqué.

C’est dire que cette fois-ci plus que jamais, les Maliens disposent de tous les arguments légitimes pour aborder le changement. Le changement, c’est maintenant ou jamais ! 

Youssouf Z KEITA

 

 



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