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CAS FARABOUGOU L’Etat du Mali doit s’interroger !




Contrairement à ce qu’on a fait croire aux Maliens au début de la prise d’otage du village de Farabougou dans le cercle Niono (région de Ségou), l’ennemi (les terroristes) n’a pas agi en son propre nom. C’est une partie de la communauté villageoise rebellée par la mort d’un des leurs qui l’a ouvert les portes du village en l’appelant à sa défense. En clair, cette partie de la communauté a préféré les services des terroristes à ceux de l’Etat malien. Au moment de tirer les leçons de cet évènement honteux pour toute la nation malienne, l’Etat a le devoir de s’interroger sur ce qui reste de sa confiance  auprès des populations maliennes terrorisées un peu partout sur toute l’étendue du territoire national.

Sans doute, Farabougou fera un cas d’école dans les centres d’instructions militaires du Mali  et doit impérativement faire aussi une jurisprudence dans les Etats-majors des Forces de défense et de sécurité maliennes. Cela, pour la simple raison qu’un autre Farabougou ne doit plus jamais exister dans l’histoire du Mali. Car les faits sont graves, voire très honteux pour un Etat souverain et responsable.

En effet, Farabougou est la preuve irréfutable que les populations terrorisées du Mali ne font plus confiance en Etat pour leur offrir la justice et la protection contre l’ennemi. 

Pire, certaines de nos populations sont tentées de jeter leur dévolu (par ignorance sans doute) sur des groupes terroristes.

Dans leur désespoir, elles prennent l’ennemi pour le sauveur.

Dans leur illusion, l’Etat n’a plus la solution efficace à leurs problèmes. C’est à peu près ce qui s’est passé à Farabougou où une partie de la communauté villageoise a appelé les terroristes à la rescousse à la place de l’Etat.

En effet, si l’on savait que le phénomène existe depuis un bon moment de façon résiduelle, le cas de Farabougou est venu nous rappeler qu’il prend de l’ampleur sur le terrain notamment dans les zones d’insécurité.

Le cas de Farabougou ne doit jamais prospérer. Il est le symbole du manque de confiance des populations meurtries en Etat malien et en son système de sécurité.

Cette réalité est assez grave que l’Etat ne peut pas espérer gagner la guerre contre les terroristes sans l’accompagnement et la collaboration des populations. Toute chose qui nécessite une bonne dose de confiance entre lui et sa population. 

Le recours aux Jihadistes en lieu et place des forces de défense et de sécurité maliennes doit être combattu avec rigueur. Pour le faire, l’Etat doit s’interroger sur ce qui n’a pas marché jusque-là entre lui et les populations dans les zones d’insécurité pour regagner la confiance auprès de celles-ci. Cela est aujourd’hui plus qu’une urgence dans sa stratégie de lutte contre les forces du mal. Car, dans cette lutte, la victoire se fera avec les populations ou il n’y aura pas de victoire du tout!

Youssouf Z KEITA

 



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