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Culture

AISSATA TRAORE, STYLISTE « Consommons maliens »




Aïssata Traoré est une jeune styliste malienne très talentueuse dans la création et confection de pagne en ’’ bogolan’’ avec comme vocation, rester toujours dans la perspective de promouvoir et développer le textile malien tant sur le plan national qu’international. Elle nous a accordé une interview dans laquelle elle incite la population à consommer les produits maliens.

Les Echos : Pouvez-vous nous parler de votre entreprise IPARILA ?

Aissata Traoré : IPARILA est une plateforme de mode et de la promotion du textile malien en général et du bogolan en particulier. Nous confectionnons nos modèles traditionnels avec assez de modernité.

Les Echos : Pourquoi votre choix s’est porté sur le bogolan ?

A.T : Il est important pour nous de porter et de valoriser nos textiles, mais bien dommage de ne le faire que lorsque nous assistons à une soirée culturelle. Aujourd’hui, dans les rues, quand on me voit comme une touriste à cause du bogolan que je porte, je me dis qu’il faut sérieusement revaloriser ce textile et urgemment. Car si ça continue, j’ai peur que nos enfants ne sachent jamais ce qu’il représente. Le défi c’est donc d’inciter les jeunes à aimer le bogolan. Pour y arriver, il faudra l’adapter, proposer des tenues qu’ils pourront porter au quotidien en étant tendance et décontracté pour toutes les occasions telles que des soirées entre amis, en boite de nuit, au bureau, à l’école ou encore au mariage et à tout évènement du genre. Il est donc très important pour la survie du bogolan, mais aussi l’ensemble du textile malien, d’unir tradition et modernité. Mon objectif est de ramener le textile malien à l’échelle internationale, qu’il soit aimé et porté par le Malien mais aussi par un Africain, un Européen, un Asiatique. I Parila, c’est la troisième génération de valorisation du textile malien car nous sommes inspirés par nos ainées comme Maria Bocoum, Raki Thiam, mais bien avant eux Christ Seydou qui, je dirais, fut le précurseur du tradi-moderne au Mali et une fierté pour l’Afrique. Si notre combat se limite juste au Mali, nous aurons échoué. Nous devons l’étendre à travers le monde entier. Ainsi, nos textiles survivront et les générations qui nous suivront en seront fières.

Les Echos : Comment êtes-vous arrivée à ce stade ?

A. T : Nous avons commencé avec les moyens de bord. A l’époque, c’était avec mes bourses d’études. C’est alors qu’on a décidé de signer un partenariat avec un atelier de couture. C’est avec cet atelier que nous faisons nos modèles, ensuite nous passons au shoott. Ensuite nous avons créé nos différentes pages Facebook. C’est à travers cela que nous faisons la publicité de nos tissus, en même temps nous faisons notre commerce.

Les Echos : Aviez-vous des employés ? Combien au total ?

A. T. : Je ne vais pas les appeler employés, mais j’ai plutôt des prestataires. J’ai beaucoup plus de prestataires que d’employés, vu que nous sommes en pleine innovation pour le propre siège D’IPARILA. Nous allons commencer avec 100 personnes.

Les Echos : Vous évoluez dans ce domaine depuis combien de temps ?

A.T. : J’évolue dans ce domaine il n’y a pas longtemps. J’évolue dans ça il y a deux ans, avec la création d’IPARILA ; le développement de l’entreprise, deux ans également. J’ai postulé comme mannequin avec FARAFINA DEMBE qui valorise également les tenues traditionnelles africaines et c’est quelques temps après que j’ai commencé à réaliser mon rêve d’enfance.

Les Echos : Quel genre d’habits confectionnez-vous ?

A.T. : Nous fabriquons des robes de tous genres : longues, courtes, évasées, pour mariée ou fille d’honneur ; des chemises manches longues et courtes pour hommes et femmes.

Les Echos : Avez-vous fait des études ?

A.T. : Oui j’ai fait des études et je suis encore étudiante. Je fais un master en littérature et civilisation ; donc c’est bientôt la vie active. Il me reste l’aspect soutenance pour boucler cette partie de ma vie.

Les Echos : Quel conseil pouvez-vous donner à toutes les jeunes dames avec des diplômes déposés à la maison à ne rien faire ?

A.T. : Ce que j’ai à dire aux jeunes dames, c’est que vous ne pouvez compter que sur vous-même et que, très souvent, votre diplôme ne peut pas vous aider et surtout quand on décide d’être entrepreneur parce qu’il y a des gens qui pensent que leur passion n’a rien à voir avec leurs diplômes ou études. Ce n’est pas un moyen de se décourager.

C’est toujours bien d’avoir un diplôme mais donnez-vous à fond ; n’attendez pas que quelqu’un vienne vous financer. Commencez avec les moyens de bord ; prenez le courage, avancez et l’avenir vous sourira.

Les Echos : Quel appel avez-vous à lancer ?

A.T : La culture est très importante pour moi. Elle est comme la carte d’identité d’une personne. Elle englobe nos valeurs, nos coutumes ; elle reflète notre histoire. C’est notre patrimoine. Voilà pourquoi je suis agréablement surprise et flattée qu’on m’identifie à des femmes de culture comme Aminata Dramane Traoré. Ne dit-on pas que “connais-toi, toi-même est la meilleure des connaissances” ? Nous devons donc préserver notre culture. Prenons l’exemple sur la Chine. Développons-nous, mais en restant toujours attachés à notre culture. Ainsi nous aurons de quoi répondre et apprendre à nos enfants.

Propos recueillis par Aissata Tindé

Stagiaire

 

 



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