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Sports

AIGLONNETS DU MALI Vice-champions du Monde 2015 il y a 5 ans




Le  8 novembre 2015 est un jour très important pour le Mali. Il y a cinq ans jour pour jour, les Aiglonnets devenaient vice-champions du Monde 2015 face au Nigeria (2-0) à la finale.  Ainsi, depuis ce fameux 8 novembre 2015, une génération est née. De plus, cette place de vice-champions du monde aura une saveur particulière puisqu’elle interviendra quelques mois après le triomphe à la Coupe d’Afrique des Nations.

Ce qui permettra à la génération « dorée » (Mallé, Maïga, Koïta, Haïdara, Fofana…) de réaliser une performance exceptionnelle, le doublé CAN et vice champions du monde 2015 et d’entrée à jamais dans l’histoire du football mondial.

De Samuel Diarra à Sékou Koïta en passant par Maïga et Danté, voici une occasion de faire revivre cette campagne et les progrès de cette jeune équipe du Mali qui a atteint en 2015 la finale de la Coupe du Monde U-17 de la FIFA au Chili.

« Tout d’abord on à découvert à Toulouse notre groupe composé de la Belgique, du Honduras et de l’Equateur. Nous avons notre mot à dire avec la possibilité de se qualifier au tour suivant, même si ces équipes ne sont pas à prendre à la légère », se rappelle l’entraîneur Baye Bâ.

« On a  peaufiné  à Toulouse notre préparation au Centre d’hébergement Marens. Pour cette étape de Toulouse de trois semaines, nous avons  affûté  nos armes pour la conquête du trophée mondiale, avec la prise en charge entière de l’Etat aux frais inhérents à ce stage », poursuit l’entraîneur adjoint Gueladio Nango.

 « On mettait à profil les jours sans matches pour visiter les sites  touristiques. Le site des anciens révolutionnaires a beaucoup impressionné notre délégation. Comme les sites,  un Sénégalais rencontré arborant le drapeau Malien nous a également impressionnés. On n’était content avec les joueurs c’était une histoire. Bonne ambiance avec tout le monde y compris le chef de la délégation, le délégué fédéral et surtout notre Guide local. C’était une bonne coordination », a-t-il ajouté.

« Le début fut difficile, notamment le voyage pour Toulouse en vue de la préparation. Notre stage a été ponctué dune victoire (4-1) le mercredi 23 septembre devant une formation toulousaine et le nul (1-1) face aux U-17 de Bordeaux. Je n’oublie pas les nombreux soutiens comme les paires de crampons  de Fréderic Oumar Kanouté à Toulouse. Ensuite on a mis le cap  sur le Cuba. Dans le pays de Fidèle Castro, le ministre des Sports de l’époque, Housseini Amion Guindo a négocié deux semaines de préparation pour l’acclimatation », soupire l’entraîneur adjoint malien.

 

Vestiaire : l’autre  force du groupe

Côté vestiaire de l’équipe, c’était l’intimité. Baye Bâ son adjoint Gualadio Nango, n’avaient pas mal bourlingué, Baye en ai vu un certain nombre. Mais celui-ci restera  toujours différent des autres car c’est celui de la place du vice-champion du monde. Qui aurait cru, des années après, qu’on organisait encore un groupe de telle façon. On se souvient des premiers. Compétiteurs, le staff technique et médical, avaient ce truc en eux, cette exigence du résultat. « La gagne » quoi !

« Oui, mais le noyau dur était là. On ne se lève pas un matin en déclarant : « Je vais être leader. « On naît leader. Ensuite, ça se développe, ça se cultive au quotidien, mais à condition d’avoir cette disposition au départ », clame un membre du staff technique.

Selon Baye Bâ, un autre élément important est que le groupe de la CAN n’a pas été chamboulé. « Par exemple, j’associais deux joueurs et souvent ils ne sont alignés qu’une seule fois et pouvaient à chaque instant jouer ensemble », indique-t-il.

A l’en croire, ils étaient quelques uns à en avoir la certitude, mais rien n’a jamais transpiré. « C’était l’avantage de ce groupe : les mecs étaient réglo, l’intérêt collectif primait sur le reste », se souvent encore l’entraîneur qui depuis deux saisons travaille au sein de la Fédération de football de la Mauritanie.

Baye disait, c’est un peu ce que je reproche au football d’aujourd’hui. Au moindre petit problème, c’est la cacophonie : tout le monde s’exprime, et souvent pour dire n’importe quoi. On a le droit de ne   moindre petit problème, c'est la cacophonie : tout le monde s'exprime, et souvent pour dire n'importe quoi. On a le droit de ne pas être d'accord à l'intérieur d'une équipe. Mais de tout déballer sur la place publique comme on l’a fait ailleurs, non.

Souvent, Baye et Gualadio ne s’accordent pas sur certains points. Ils m’ont rappelé un cas, c’était sur un choix. Mais les deux se sont retrouvés dans une chambre et ont discuté des heures. Ils ont même prolongé ensuite à table. Mais rien ne sortait. Ces discussions pouvaient être assez dures parfois.

A mon avis, elles étaient indispensables. Un sélectionneur doit beaucoup parler avec son groupe et surtout avec son adjoint et son capitaine car, à l’inverse entraîneur de club, il n’a pas ses joueurs au jour le jour. De la préparation à Bamako, à Toulouse, à Cuba jusqu’à Talca, Baye échangeait et avec tout le monde. Les joueurs répartis selon leur compartiment à deux en chambres comme le capitaine Danté avec Amadou Haïdara, Boubacar Traoré avec Aly Mallé ou encore Sékou Koïta avec Ismaël Traoré sans oublier le staff technique et médical, qui échangeaient…

 

Baye Bâ, le maître du jeu ….

« L’entraîneur sait le chemin. On croit en lui et ses directives », Sékou Koïta s’était montré confiant à l’adresse de Baye Bâ, le lendemain de la qualification en 8ès de finale. Sur son nom, l’entraîneur Baye avait fait le consensus auprès de ses joueurs.

Il a eu comme mérite de fédérer son groupe autour d’un objectif commun. Passé par les clubs locaux comme les Onze-Créateurs, le Stade Malien ou l’AS Bakaridjan, sans expatriés ni un joueur confirmé, mais avec un groupe issu des clubs de Ligue2, des joueurs évoluant avec la réserve de leur club comme Sékou Koïta de l’ USC Kita, le capitaine Abdoul Karim Danté et Boubacar Traoré de la Jeanne d’Arc, Aly Mallé des Black Stars, Sidiki Maïga de l’AS Réal, Siaka Bakayoko du Djoliba, l’entraîneur  a marqué l’esprit du monde footballistique. Et au final, ses choix se sont révélés payants.

Il est devenu le premier technicien local à remporter un titre continental avec une sélection nationale avec le sacre du Mali à la Coupe d’Afrique des Nations des moins de 17 ans 2015 au Niger.  La même année il a offert au Mali la 2è place de la Coupe du monde de la même catégorie au Chili.

Champion d’Afrique et vice-champions du monde, les Aiglonnets du Mali son entrés dans l’histoire du football malien et africain en 2015. Les poulains de Baye Bâ ont écrit la première d’une nouvelle légende pour le football malien.

Au Chili, ils ont fait honneur au continent et à leur pays. En finale perdue contre le Nigeria, Abdoul Karim Danté qui a fêté ses 17 ans se sont hissés à la hauteur du challenge. Le Mali a disputé 7 matches pour 5 victoires, 1 nul et une défaite. Meilleure défense avec 4 buts encaissés contre 12 marqués.

En finale le duo de la défense dans l’axe  Danté-Fofana ont ténu et maîtrisé pendant la période en bousculant les champions du monde jusque dans leurs derniers retranchements.

Contre l’Honduras Danté a inscrit le deuxième but, avant de rater la demi-finale suite à un carton rouge.

Comme Siaka capable  d’évoluer l’arrière gauche ou l’ailier gauche, la  défense malienne à l’image de Mamadou Sangaré, ou Zoumana Simpara, ont fait les frais de leur débauche d’énergie, mais ils jouaient en fonction du rythme imposé par l’adversaire. Une défense sans doute sous le coup de la fatigue, qui perdait son atout principal comme la solidarité. 

Dans la cage comme dans l’ensemble du tournoi, notamment en demi-finale, Samuel Diarra d’une parade sauve les Maliens d’un second but. En finale, et dès l’entame du match, il a repoussé un pénalty. Il a été élu meilleur gardien (Gants d’or).

Alou Traoré était l’un des premiers de cette campagne couplée CAN-Mondial. Titulaire lors de la Coupe d’Afrique, mais la doublure de Samuel au Chili n’a rien perdu de son talent, comme il l’a prouvé avec de superbes prestations lors des séances d’entrainement et avec lui  Drissa Kouyaté le 3è gardien. Discret et travailleur, Kouyaté  est resté fidèle dans son rôle d’arbitre entre le titulaire et sa doublure.  

Dans le dernier match de la phase de poules contre le Honduras le 24 octobre, le Mali avait besoin d’une victoire pour se qualifier en 8ès de finale. Conscients de cela, les Aiglonnets maliens dès la 8è mn par l’entremise d’Amadou Haïdara ouvre le score. Servi par Moussa Diakité, sa frappe sèche ne laisse aucune chance au portier adverse. Comme ce but, le tandem Moussa Diakité-Amadou Haïdara dans l’entrejeu du Mali a été apprécié.  « C’est un duo  que je qualifie d’incontournable qui a séduit plus d’un. Ils étaient très utiles dans le dispositif de l’entraîneur Baye Bâ », souligne un Consultant sportif.

Récupérateur dans l’ombre, Moussa Diakité gratte sous le nez de ses adversaires. Relanceur,  Amadou Haïdara joue et se trouve toujours au bon endroit pour faire souffrir l’adversaire.

Il était l’homme à tout faire aux côtés de Haïdara et autres Sidiki Maïga. Avec Sékou Koïta, c’est de lui qu’il s’agit,  on a découvert le vrai visage de la sélection malienne. En tout cas, même un but le plus décisif et l’unique à la 20è le 1er novembre  en quats de finale contre la Croatie,  Koïta c’est aussi 3 passes décisives en autant de matches et un carton jaune et un but, le 3è contre la Belgique en demi-finale.

Mais plus que ces statistiques, ses qualités de meneur d’hommes ont beaucoup pesé dans le parcours au Chili. « C’était le match le plus compliqué. On s’attendait aux prolongations et à la séance des tirs au but contre la Croatie. Nous avons pu négocier le match », a déclaré Sékou Koïta. Il est avec Aly Mallé, les joueurs qui  frappent à la porte des Aigles. Et contrairement à ce dernier, lui avec Amadou Haïdara, étaient de la cuvée 2015 des moins de 17 ans, à faire partie de la campagne  pour la CAN TOTAL 2019 en Egypte.

Auteur de 3 buts en sept  matches, Sidiki Maïga a impressionné les observateurs dont le Groupe Technique de la Fifa. « C’est un joueur pas comme les autres par son génie créateur », affirme un membre de ce groupe. 

C’est lors de la 8è de finale contre la Corée du Sud que le Mali a montré ses intentions de faire un parcours glorieux. Une domination dans cette rencontre  concrétisée par un doublé de Maïga.

Ses combinaisons avec ses partenaires et complices comme Boubacar Traoré, Sékou Koïta ou encore Amadou Haïdara, lui permettent d’inscrire le second but de la demi-finale face à la Belgique. Il fut par la suite au coup de sifflet final avec son show,  le chouchou  des Fans du stade La Portada.

Boubacar Traoré et Aly Mallé. Amis dans la vie, les deux attaquants partageaient la même chambre d’hôtel. L’ambiance est malienne (comprenez détendue). Contre  le Honduras, « il m’a permis de marquer notre troisième but », commente Aly. Le premier peu bavard a montré le chemin de la finale en égalisant contre les Belges en demi-finale.

« Je ne perdais pas de temps, mais en réalité notre complémentarité nous a soudé, nous étions comme une grande famille », confie au micro de Cafonline.com, l’attaquant, Aly Mallé.

Avec ses dribbles et sa lucidité, il permettait aux autres dont Boubacar Traoré son associé, une opportunité de tenter leur chance. Aly a été élu 3è meilleur joueur (Ballon de Bronze) du tournoi.

« Je me suis préparé dans ma tête à jouer tous les matches. Mon séjour au Chili s’est passé comme je l’avais rêvé», s’est confié le milieu défensif Mamadou Sangaré. Il a rempli son contrat de coéquipier modèle. Après la Coupe d’Afrique, il a reçu une médaille d’argent.

Le profil de Dramane Simpara, lui a permis d’intégrer le 4-4-3 choisi par Baye Bâ pour débuter le Mondial. A ce titre il a mis ses partenaires dans les meilleures conditions.

Ecarté par Baye Bâ pour le premier match de la Coupe du monde face à la Belgique, il était titulaire en quarts de finale contre la Croatie, Mohamed Haïdara, c’est de lui qu’il s’agit n’a finalement pas retrouvé sa place au sein de l’attaque des Aiglonnets au match suivant.

Le héros de l’équipe dans les éliminatoires, a démontré un engagement sans faille dans le travail collectif et a contribué à la solidité dans la ligne médiane lors du quart contre la Croatie et la Belgique en demi-finale lorsqu’il était en jeu à la 84è

Et puis dans cette aventure de 2015, il y a ces joueurs que le grand public a découvert. Ismaël Traoré replaçant. Mohamed Haïdara, héros de la qualification à la Coupe d’Afrique avec son désormais célèbre tir à distance, et le milieu Sory Kéïta, qui impressionné sur son côté droit contre la Croatie en quarts de finale alors qu’il n’a disputé que les dix dernières minutes (entré à la 84è plus le temps additionnel).

Ainsi, du  stade Estadio Fiscal de Talca à Vina Del Mar en passant par la Serena sans oublier La Portada, et Chillan, les autres remplaçants comme le défenseur Ismaël Traoré, les milieux Sory Ibrahim Keita, Dramane Simpara, Bourama Diallo, Zoumana Simpara ou les attaquants Mohamed Haïdara ou encore Mamady Diarra qui a disputé les 20 dernières minutes à la place de Dramane Simpara,  la demi-finale, ont étalé leurs talents à la Coupe du monde au Chili.

Au Chili, l’entraîneur a remanié l’équipe par rapport à l’effectif qui a remporté la CAN au Niger. Cinq nouveaux joueurs dont trois milieux (Zoumana Simpara et Dramane Bourama Diallo de l’Asko, Amadou Haïdara de Guidars et deux attaquants (Ousmane Diakité et Mamady Diarra de Yéelen Olympique)  intègrent le groupe.

Comme il fallait s’y attendre, à l’aéroport international Président Modibo Kéita, à leur retour, les vice-champions du monde ont été accueillis avec tous les honneurs par les plus hautes autorités du Mali et plusieurs centaines de supporters.

« Au nom des joueurs et de tout le staff technique, je dis merci à tout le peuple pour son soutien. Il faut continuer à travailler, une génération est née », a dit l’entraîneur Baye Bâ.

 

 

 

 

 



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