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Politique

ACCORD DE PAIX ET DE RECONCILIATION Pr Oumar MC Koné met son doigt sur le curseur




Soucieux d’éclairer la lanterne de l’opinion nationale, le professeur Oumar MC Koné a animé, samedi 16 janvier 2021, une conférence de presse sur l’accord de paix et de réconciliation issu du processus d’Alger au siège d’espoir Mali Kura.  Il s’agissait pour lui, de faire une analyse objective de cette épineuse question. Cette conférence de presse a été présidée par Cheick Oumar Sissoko, cinéaste et ancien ministre de la culture.

D’entrée de jeu, Cheick Oumar Sissoko, dira que le problème du Mali en cette période cruciale est la rébellion, le terrorisme, la perte de souveraineté, l’implication des forces étrangères considérée comme nos partenaires. Le pays vit extrêmement mal. « Aujourd’hui on peut dire sans se tromper que Bamako est devenu l’ilot de l'insécurité et du banditisme, vol à main armée, braquage en plein jour.... Mais la perte de souveraineté et l’atteinte à l’intégrité territoriale demeurent une question essentielle et on retrouve cela dans l’occupation de Kidal par la France et les mouvements rebelles mais aussi l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. La question avait été abordée en 2 ou 3 semaines pour une organisation», a –t-il précisé. 

 

Pour le conférencier, Oumar MC Koné, une fois encore, pour assumer sa mission historique de contribution responsable à la résolution des problèmes d’intérêt national du pays et particulièrement la résolution de la triple crise politique, institutionnelle et sécuritaire à laquelle le Mali est confronté depuis le début de l’année 2012, le BRDM membre de EMK/M5-RFP, voudrait informer l’opinion nationale sur le contenu de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’ Alger. « C’est avec dignité que nous assumons notre responsabilité politique pour toujours exprimer publiquement nos idées afin d’affirmer nos positions et proposer des solutions honorables à notre pays. Les prises de position du BRDM s’inspirent toujours des principes fondamentaux ci-après énumérés qui doivent, selon lui, sous-tendre toute solution efficace et durable de sortie de crise pour l’avènement du Mali Koura, savoir : le respect de la souveraineté du Peuple, l’intégrité territoriale et les lois de la république ; l’intégrité territoriale et l’unité nationale ne peuvent être remises en cause ; la défense de la République, la démocratie, l’unité nationale et la laïcité de l’Etat ;l’égalité des chances en droits et en devoirs pour tous les citoyens ; l’obligation de reddition de compte pour tout agent élu ou nommé ; la promotion du mérite et du dialogue politique et social ; la lutte contre la corruption, l’impunité des crimes et délits, les accaparements des terres ; la promotion de la libre administration des collectivités, dans une démocratie participative respectant la forme unitaire de la nation, la laïcité de l’Etat et la République, sous l’impulsion et le contrôle de l’Etat central fort et compétent ; le renforcement de la laïcité de l’Etat, notamment en exigeant le retrait total et complet des Chefs religieux du champ institutionnel et politique », a-t-il laissé entendre.

Selon lui, il y a 4 menaces analytiquement distinctes mais pratiquement enchevêtrées les unes dans les autres qu’il convient de traiter de manière holistique, à savoir : le péril séparatiste ;le danger contre la démocratie ; les attaques terroristes et ;la menace intégriste sur la laïcité de l’Etat.

L’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger signé entre le Gouvernement malien, les groupes armés dont la CMA (coalitions des mouvements séparatistes), le Gatia (mouvement d’auto-défense pro-gouvernemental) et l’Algérie comme Chef de file de la médiation avec le concours de la CEDEAO, l’UA, les Nations-Unies, l’Union européenne, l’OCI, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria et le Tchad, instruit une démarche alambiquée dont la « traversée du désert » conduirait à un statut particulier, de fédéralisme puis d’indépendance, du territoire fantomatique que « certains appellent Azawad ».

L’Accord signé le 15 juin 2015 en grande pompe à Bamako n’est point un compromis, mais il est la quintessence même de la compromission bonifiée par la capitulation.

En effet, cet Accord viole allègrement la Constitution du Mali en plusieurs de ces articles et remet en cause l’unité nationale. Aussi, il affirme sans ambages que tout ce qui a été gommé, édulcoré de la version du préaccord du 27 novembre 2014 se retrouve dans les sous-entendus ou en mieux dans les annexes additives de l’Accord signé le 15 juin 2015.

Une pléthore d’engagements est prise par l’Etat malien qui n’a pas les moyens réels de les financer, et les exécuter. Afin de respecter ces engagements, le Gouvernement malien serait obligé d’abandonner sa souveraineté et se soumettre aux bons vouloirs de « ses amis PTF » de la communauté internationale pour le supplanter dans le règlement financier des dépenses contenues dans cet Accord.

En signant l’Accord le 15 juin 2015, le Mali s’est tiré une balle dans le pied et hypothèque du coup l’avenir des générations futures en les mettant devant le fait accompli d’un Etat qui sera probablement divisé.

Une analyse minutieuse du document révèle plusieurs contrevérités, violations de la constitution, compromissions, inexactitudes, bref tout ce qui concoure à la malhonnêteté intellectuelle visant seulement à permettre la partition du Mali tout en prenant les maliens comme des moutons de panurge.

L’analyse objective et impartiale qui suit démontrera la forfaiture du Gouvernement malien et la duperie entretenue par la communauté internationale.« …un accord pour une paix globale et durable garantissant une solution définitive à la crise qui affecte le nord du Mali appelé par certains Azawad».

Ce passage exprime clairement l’acceptation, la reconnaissance du nom Azawad comme une entité politique et nous verrons plus loin dans le document comme une entité éco-géostratégique, socioculturelle, historique et mémorielle des Touaregs.

Cette reconnaissance du nom « Azawad » ne serait donc que lesprémices de la création d’un Etat fédéral de l’Azawad qui sous le couvert de la gestion basée sur le principe de la libre administration glisserait lentement mais surement vers l’indépendance.

Sur le plan historique, l’Azawad n’a aucun fondement crédible.

Comme le décrit si fidèlement André Bourgeot, anthropologue français au CNRS : l’Azawad est « un factoïde politique, c'est-à-dire, la création et la divulgation sensationnaliste d’un fait fictif qui ne deviendra réalité qu’une fois divulgué par la presse ».

L’accord indique : « Reconnaissant la nécessité d’accélérer le développement économique, social et culturel du nord du Mali à travers un système adapté ».

Ce particularisme pour le nord du Mali au détriment des autres régions est un indicateur de rupture de l’unité nationale et l’admission de la fausse bonne idée véhiculée par des puissances étrangères, qui voudraient faire croire que le nord du Mali a été ségrégué et ses habitants ont été stigmatisés voir abandonnés par le sud, ne repose sur aucun fondement.

Cette fausse assertion n’est que le vieux refrain de diviser pour mieux régner, l’opposition nord/sud, du blanc/noir, du nomade/sédentaire, qui était à la fin de l’époque coloniale un moyen de division des peuples africains accédant à l’indépendance, d’essaimage de troubles entre jeunes Etats africains, d’application d’une politique de terre brulée.

Les pères des indépendances africaines avaient compris cette manipulation de l’ancien colonisateur et avaient su contrer cette idée insipide et dangereuse aux antipodes des réalités socio-économiques et culturelles de l’Afrique et du Mali en particulier.

Mais puisque la nature a horreur du vide, fusse-il, intellectuel, politique, économique ou spatial, cette idée de division refait surface de façon cyclique dans les régions sous tension, notamment dans le nord du Mali. Cette conception particulière est inoculée à travers l’Accord par doses homéopathiques.

Mieux, Pr Oumar MC Koné soutient que c’est le lieu de rappeler que nos frères et sœurs Touareg sont, dans leur écrasante majorité, fermement attachés à notre patrie commune, le Mali, et souffrent sous le joug d’un groupuscule de féodaux et d’esclavagistes qui s’accrochent à leurs privilèges et à leurs trafics mafieux, bloquent tout progrès économique et social et étouffent la soif d’émancipation de la jeunesse Touareg et des populations du nord en général.

Cependant, il est important de clarifier que ceux qui se disent responsables de la CMA et du MNLA et consorts ne constituent ni ethnie, ni race, ni communauté. Au surplus, ils forment un groupuscule minoritaire au sein même de l’ethnie Touareg qui a pris la lourde décision de prendre les armes contre la patrie en s’appuyant et en pactisant avec les terroristes étrangers.

« Nous avons toujours soutenu que la solution à la crise du Nord passe par une conférence nationale inclusivequi serait incompatible avec toute notion d’impunité, a fortiori de récompense pour la rébellion armée et les auteurs de crimes de guerre et de violations graves des droits humains. Nous soutenons l’approfondissement de la décentralisation sur base du principe de libre administration des collectivités inscrit à l’article 70 de la Constitution. Cependant, nous ne sommes pas sûrs qu’il existe une quelconque demande intérieure légitimant la régionalisation ou le fédéralisme déguisé dans l’Accord. Surtout, nous rejetons catégoriquement les expérimentations hasardeuses tendant à autoriser, au sein d’un Etat démocratique, laïc, et républicain, de soi-disant légitimités religieuses et traditionnelles qui ne sont qu’autant de couvertures à peine déguisées pour l’officialisation d’un état islamique, de la féodalité, voire de l’esclavage et du racisme. En effet, les survivances féodales et esclavagistes, notamment dans la région de Kidal, ainsi que les préjugés racistes qui en découlent ne sont pas étrangères à l’émergence et à la résurgence des rébellions armées dans cette partie de notre pays. Tout Accord politique qui aurait pour but ou pour effet de renforcer la mainmise de groupes féodaux et qui ne présenterait pas aux jeunes et aux femmes de la région des alternatives crédibles et durables ne serait pas viable. Toute solution politique doit être compatible avec l’incontournable nécessité de reconstruire des Forces Armées et de Sécurité républicaines, professionnelles, bien motivées, capables d’assurer la défense du territoire national et la sécurité de toutes les communautés contre toutes menaces séparatistes, terroristes et djihadistes », a-t-il martelé.

Ibrahim Sanogo

 



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