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Politique

VIOLENCES BASEES SUR LE GENRE Les femmes s’engagent contre le phénomène !




Dans le cadre des activités des 16 jours d’activismes pour mettre fin à violence faite aux femmes, de la coopération internationale(CECI) en partenariat avec la société de coopération et de développement international ( Socodevi) a organisé, le mercredi 25 novembre 2020, des caravanes mobiles dans les 6 communes. La cérémonie d’ouverture était présidée Mme Berthé  Hawa Diakité, représentante du ministre de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille.

Chaque année, du 25 novembre (journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes), au 10 décembre (journée internationale des droits de l’homme) se déroulent « les 16 jours d’activisme pour lutter contre les violences faites aux femmes et filles ». Pour cette année 2020, les thèmes choisis sont : au plan international « orangez le monde : financez, intervenez, prévenez, collectez ! » et au plan national : « investissons dans la lutte contre les VBG pour une participation inclusive au développement ».

L’année 2020, a été relativement éprouvante pour les femmes et les filles. La crise sanitaire liée à la Covid-19 a conduit à une restriction des activités économiques et une réduction de la mobilité. Cet état de fait pourrait affecter plus les femmes et les filles en raison de leur rôles exo-spécifique car plus présentes dans le secteur informel.

Pour Mme Haidara Oumou Touré, représentante du maire de la Commune V, malgré, l’existence d’instruments internationaux telle que la convention sur l’élimination de toutes les formes de discriminions à l’égard des femmes, le programme d’action de Beijing et les objectifs de développement durable, la subsistance de certaines dispositions discriminatoires des systèmes de protection des femmes et des filles continue une sérieuse entrave au développement.

« En tant qu’élue de la commune, cet évènement constitue une opportunité pour nous de faire la différence sur le plan de l’égalité entre les femmes et les hommes pour un développement harmonieux. C’est pourquoi, le défi de la protection et de la promotion des droits humains des femmes et filles et de la lutte contre la violence à leur encontre constitue une préoccupation majeure pour notre commune » a dit Mme Haidara Oumou Touré. Puis elle ajoute : « notre commune abrite un centre de prise en charge holistique des survivantes des VBG et de facilitation de l’accès à l’information dans la lutte toutes les formes de violence. Logé dans l’enceinte de notre centre de référence, le ‘’One stop center’’ puisqu’il s’agit de lui, est équipé de réactifs et consommables de laboratoire, d’appareil d’hématologie, de sérologie et de biochimie permettront de reformer le plateau technique et surtout d’aider dans la réalisation de certaines analyses indispensables dans l’établissement des preuves médicales légales. » De sa création à nos jours, le centre a pris en charge 603 cas de violence basée sur le genre. Parmi ceux-ci, on dénote 22 à cas de viols, 208 agressions physiques, 100 agressions sexuelles, 6 cas de mariage forcé, 46 cas de violence psychologique et 23 cas de retenue des ressources.

 

Les VBG freinent le développement !

A en croire, Mme Diarra Kadidiatou Diakité, pour cette édition 2020, en vue d’attirer l’attention des populations, en général, des hommes et des décideurs communautaires en particulier, sur les conséquences des violences basées sur le genre, de sensibiliser les décideurs et décideuses sur l’importance d’honorer leurs engagements en matière de protection des droits des femmes et filles et la nécessité d’adopter une loi contre les violences basées sur le genre au Mali, les 25 organisations féminines et leur réseau, alliance et plateforme de défense des droits des femmes et des filles partenaires de voix et leadership des femmes entend intensifier la communication autour des enjeux des VBG et leur impact sur les femmes et les filles. « A cet effet, je vous invite à cultiver la pratique de dénonciation des cas de violences basées sur le genre, car c’est de cette manière que nous pourrons venir à bout de ce phénomène », a-t-elle dit.

Pour la directrice-pays, Mme Maimouna Dioncounda Dembelé, l’Unicef estime qu’au Mali, une fille sur deux est mariée alors qu’elle est encore enfant, exposant ainsi aux risques d’abandon scolaire, à la violence et à un plus grand risque de décès en raison de complications liées à la grossesse et à l’accouchement. Ses différentes formes domestiques, sexuelle, physique, psychologique, etc. font l’objet de peu d’attention en raison de l’impunité et de la stigmatisation. Elles se manifestent ainsi : la violence d’un partenaire intime (coup et blessures, violences psychologiques, viol conjugal, feminicide) ; la mutilation génitale féminine ; la violence sexuelle et le harcèlement(viol, actes sexuels forcés, avances sexuelles non désirées, abus sexuels sur les enfants, mariage forcé, harcèlement dans la rue, harcèlement criminel, cyber-harcèlement) ; le trafic d’êtres humains (esclavage, exploitation sexuelle), etc.

Aux dires de Mme Berthé Hawa Diakité, représentante du ministre de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, en dépit des énormes efforts et résultats louables obtenus, le nombre de cas de violences basées sur le genre rapportés est passé de 2021 cas de janvier 2019 à 2981 cas, janvier à juillet 2020 ; soit une augmentation de 47 pour cent. Ces données révèlent que 99 pour cent des personnes touchées sont des femmes et 36 pour cent des VBG sont des violences sexuelles. Selon le système de gestion des informations sur les VBG, l’année dernière 4617 incidents ont été enregistrés, dont 97 pour cent des survivants étaient des femmes et 45 pour cent des filles de moins de 18 ans.

Ibrahim Sanogo dit Oliver

 



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