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Politique

SORTIE DE CRISE Les Maliens font appel à leur génie !




Comme annoncé dans notre parution du 1er juillet 2020, le mouvement du 5 juin- rassemblement des forces patriotiques a proposé un chapelet de conditions au Président de la République comme propositions de sortie de crise. Décidément les  lignes ont considérablement bougé.

 Les Maliens ne veulent plus vivre le scenario de 2012 qui a ébranlé toutes les institutions de la République. Un départ prématuré ou forcé du Président de la République permettrait, sans nul doute, de remuer une plaie qui peine à se guérir voire se cicatriser. Après recoupement des informations, le mouvement du 5 juin est favorable à l’amélioration de la gouvernance actuelle caractérisée par la corruption, l’insécurité et une saignée criarde du trésor. Cette situation s’est exaspérée par la proclamation des résultats des élections législatives. Ces revendications de portée nationale ont conduit plusieurs couches de la société civile et des personnalités à descendre dans la rue pour défendre la patrie en péril. Ils revendiquent la démission du Président de la République et son régime.  

Après une série de médiations, les responsables du M-5-RFP, après une réunion du comité stratégique, ont élaboré un document avec un amas de conditions. La première condition concerne la nomination du premier ministre.  Ils exigent la nomination d’un Premier ministre désigné par le M5-RFP qui ne peut être révoqué par le Président de la République jusqu’à la fin de son mandat, autrement dit un premier ministre de plein pouvoir. Cette mesure consisterait, selon eux,  à garantir la stabilité institutionnelle.  

 

Des conditions solides

Ce premier ministre forme son Gouvernement en entier et nomme aux hautes fonctions nationales (Administration, Justice, Forces armées et de sécurité). A cela s’ajoute, la dissolution immédiate de l’Assemblée nationale ; la mise en place d’un Organe législatif de transition ; le renouvellement intégral des membres de la Cour constitutionnelle ; la mise en place d’un gouvernement de Transition ; l’adoption d’une Feuille de route de refondation de l’Etat et de sauvegarde de la démocratie, de l’unité nationale, de la paix et de la cohésion sociale, assortie d’un chronogramme précis ; l’adoption d’un pacte de stabilité nationale et le respect des textes relatifs au droit et à la liberté syndicale, à la justice sociale et aux engagements entre les parties ; l’adoption d’un mécanisme de suivi-évaluation annuel ; le retrait de la Présidence de la République des services exécutifs de l’Etat.

Toujours dans sa volonté affichée d’apaiser le climat social, le M5-RFP exige la libération du Chef de file de l’opposition, l’Honorable Soumaïla Cissé, victime d’enlèvement depuis plusieurs mois.  

 

Des pistes à explorer

Un accord politique sur l’ensemble de ces points sera dûment signé avec de solides garanties de sa mise en œuvre jusqu’à la fin du mandat en cours. Une Charte de transition formalisera les termes convenus dans l’accord politique pour concilier les dispositions constitutionnelles actuelles avec les organes pertinents de la Transition.

Saisissant la main tendue du Président de la République, ils invitent  les Maliens à faire une union sacrée des forces vives de la Nation, dans un élan de « sursaut national » pour définir, librement et sans contrainte, la vision et les contours d’un nouveau Mali, avec toutes les forces sociales et politiques (organisations de la société civile de l’intérieur et de la Diaspora, partis et regroupements politiques, forces syndicales, autorités religieuses et coutumières, forces de défense et de sécurité, groupes signataires de l’Accord issu du processus d’Alger, et toutes les parties prenantes au processus de paix et de réconciliation, etc.). 

Enfin, la dernière condition fixe les objectifs et la durée d’une période de transition : tenir des concertations nationales pour faire l’état de la Nation ; opérer les réformes politiques, institutionnelles, administratives et électorales nécessaires pour refonder l’Etat, jetant ainsi les bases d’un Mali nouveau.

A la veille de la marche du 19 juin 2020, la Cédéao avait dépêché une mission dans notre pays pour rencontrer les différents protagonistes et les inviter  au calme et à la retenue qui, il faut le rappeler, marquent toutes les actions du M5-RFP. Le Mali est un grand pays qui a toujours su faire appel à son génie pour résoudre les crises. Avec ces conditions, l’on s’achemine inéluctablement vers un apaisement d’un climat social suffisamment tendu.

Ibrahim Sanogo dit Oliver

 

 



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