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Economie

RÉSOLUTION DE LA CRISE PCQVP et Ascoma face aux sanctions de la Cédéao !




La Coalition Malienne Publiez Ce Que Vous Payez (PCQVP) et l'Association des Consommateurs du Mali (ASCOMA) ont annoncé, mercredi 9 septembre 2020, lors d'un point de presse, qu'elles ont adressé une requête aux fins de sursis à l’exécution de décision de sanction contre le Mali à la Cour de Justice de la Cédéao. Il s’agit, pour elle, de sanctionner les dirigeants et non le peuple.

Les citoyens de la Cédéao, issus des mouvements et organisations de la société civile, du secteur privé, des partis politiques, des syndicats et d’autres, reconnus par ladite Cédéao comme les citoyens de la communauté, considèrent que les crises sanitaire et sécuritaire se manifestent par l’insurrection, le banditisme, le terrorisme et d’autres formes de criminalité, dans le sahel,avecdes conséquences dramatique sur les peuples.

A cet effet, ils regrettent la non-réalisation de la vision 2020, qui consiste à passer d'une Cedeao des Etats à une Cedeao des Peuples, considérée comme une promesse non tenue et un rendez-vous manqué entre les peuples et les dirigeants de la communauté.

Ils déplorent la capacité d’action et d’invention technique et financière plutôt faible des organes exécutifs de la Cédéao déployée en soutien aux citoyens et aux peuples touchés par le terrorisme, la faim, la malnutrition la mauvaise gouvernance et la pandémie liée au Covid-19.

Pour aller plus loin, ils ont dénoncé les dysfonctionnements, au plus haut niveau, de la décision de la Cédéao, en répondant aux crises, et le retard dans les dossiers clefs d’intégration, notamment la monnaie commune (Eco), symbole de la souveraineté monétaire régionale, qui a été détournée de sa volonté et plombée par l’impréparation technique et le manque de volonté politique, réduisant à néant des dizaines d’années d’efforts, sans consultation préalable des peuples.

En parlant du fondement de la demande, Thiémoko Souleymane Sangaré du CNPANE-AC a dit que le traité de la Cédéao définit le citoyen de la Communauté comme tout ressortissant d'un Etat membre remplissant les conditions fixées par le Protocole portant définition de la citoyenneté de la communauté. « La Cédéao n'a pas respecté tous ses engagements et nous ne pouvons pas accepter tout ce qui se passe chez nous », a-t-il précisé.

Mamadou Goita de l’IRPAD a souligné que la décision de la communauté des Etats d'Afrique de l'Ouest assigne à la création d'un marché commun à travers la suppression entre les Etats membres des obstacles à la libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux ainsi qu’aux droits de résidence et d’établissement.

Entendu que ledit traité définit les compétences de chacun des organes de la Cédéao, notamment celles de la conférence des chefs d'Etat et de Gouverneurs, de même que celles du Président de la commission, l’avocat de la coalition, Me Alpha Habib Koné a souligné que l’ensemble de ces sanctions a été rappelé dans l’acte additionnel, portant sanctions à l’encontre des Etats membres.Ils n'honorent pas leurs obligations vis-vis de la Cédéao qui élargit la gamme de sanctions et précise leur nature tant judiciaire que politique, tout en les énumérant de façon exhaustive.

Dans son communiqué, le président de la Commission de la Cédéao a décidé des sanctions contre le Mali, en raison de la démission du Président de la République Ibrahim Boubacar Keita. Ces sanctions consistent en la fermeture de ses frontières avec les pays membres de la Cédéao et à la suspension de toutes relations financières avec le Mali, a-t-il dit.

De la même manière et en son absence, l'UEMOA, dont relève la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest chargée des compensations bancaires, les a immédiatement suspendues et sans avertissement avec les banques maliennes.

Dans une précipitation inexpliquée, selon Me Koné, le président de la commission a outrepassé ses pouvoirs en prononçant des sanctions qui ne relèvent nullement de sa compétence. « Cette attitude est certainement empreinte de mauvaise foi puisque rien ne justifie une sanction aussi exceptionnelle et jamais enregistrée dans les annales de la Cédéao. La banque ne relève pas de la Cédéao mais bel et bien de l’UEMOA », a-t-il dénoncé

Pour ce faire, il a rappelé que la conférence des chefs d'Etats de la Cédéao a décidé et encouragé ses partenaires à suspendre toutes relations économiques et financières, de façon absolue, avec le Mali.

Pour donner plus de précisions, la coalition a formulé les demandes en proposant, entre autres, l’interdiction de façon définitive de toute modification de la Constitution ou de tout Statut en vigueur dans un État membre de la CEDEAO, dans sa nature ou sa période, visant ou destiné à rendre tout Chef d’État éligible pour un troisième mandat.

Ensuite, il s’agit de dépolitiser la Commission de la CEDEAO en réduisant, sans délais, le nombre de Statutaires à un maximum de cinq au sein de la Commission de la CEDEAO au lieu des 16 budgétivores actuellement représentant chaque État Membre dont un Président, trois Vice-Présidents et un Auditeur Général, recrutés de façon compétitive dans les États membres, à tour de rôle. Ceci est un impératif de gestion et une garantie pour économiser de précieuses ressources pouvant être investies dans des projets de développement régional qui profiteraient aux citoyens de la Communauté.

La coalition demande d’apporter une réforme fondamentale de la Cour de Justice en y favorisant l’accès des citoyens et des peuples à travers une administration judiciaire efficace, notamment le recrutement d’un maximum de deux Juges Statutaires.

En plus, elle sollicite, entre autres, de mettre en place sans délai et rendre fonctionnel le Conseil Economique et Social de la CEDEAO, comme émanation des représentants des Organisations Socio-professionnelles et de la Société Civile des Etats.

Il s’agit d’ailleurs de protéger, en priorité, les intérêts des citoyens de la Cédéao contre les intérêts individuels et collectifs à l’intérieur et à l’extérieur de la communauté, contre les institutions financières peu scrupuleuses, les individus et les groupes qui ont l’intention de saborder subrepticement les intérêts collectifs de la région et de ses citoyens, y compris les tentatives subtiles, mais vaines, entre autres.

Pour le président de la coalition du PCQVP-Mali et vice-président de l’ASCOMA, Abdoul Wahab Diakité, il s’agit d’informer largement la population des actions entreprises par la société civile afin de se mobiliser pour faire face à la situation que le peuple est en train de subir. « Ce sont les dirigeants qui doivent être sanctionnés et non la société civile », a-t-il conclu.

Mamadou Sangaré

 



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