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Société

RAVEC 10 000 F CFA pour être enroulé !




Le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a lancé une opération spéciale d’enrôlement et de retrait des fiches descriptives individuelles dans les centres principaux d’état-civil du district de Bamako, la Mairie du district de Bamako ainsi que le Gouvernorat du district de Bamako. Cette initiative combien salutaire des autorités est en train de prendre un sacré coup à cause des agissements de certains agents recenseurs.

Des agents de certains centres principaux d’état-civil veulent profiter de cette situation afin de chercher leur gagne-pain. C’est pour cette raison qu’ils ont décidé de restreindre le nombre de personnes à enrôler soit 40 à 50 personnes par jour. Des agents recenseurs de certains centres ont, semble-t-il, mis en place une technique pour soutirer de l’argent aux jeunes surtout ces derniers jours.

En effet, l’objectif visé est de collecter les données biométriques des jeunes âgés de 15 ans et plus figurant dans la base de données du Ravec et ne disposant pas de photo et d’empreintes digitales. Ensuite, les personnes non enregistrées dans le Ravec seront enrôlées afin de faciliter la délivrance des fiches descriptives individuelles et leur inscription sur les listes électorales.

Quant au mauvais comportement des agents, certains personnels de la Mairie  de la Commune V sont regrettables vis-à-vis des usagers. Depuis 4 heures du matin, les jeunes sortent pour aller faire la queue afin de s'acquitter de leur devoir. Ils se font traîner par les agents qui affichent leur manque de considération.

Pour d’autres Mairies,  ils font payer aux jeunes gens, une somme de 5 000 ou 10 000 F CFA contre l’inscription de leurs noms sur la liste du jour. « Lorsque j’ai décidé de m’inscrire, il m’a suffi de voir en douce un des recenseurs et lui proposé de l’argent. Il me demande d’attendre pendant la pause, ils recensent les enfants dont les parents sont riches. Ils nous font attendre souvent jusqu’à 14h. Vraiment, c’est fatiguant », a souligné Aminata Dramane Sidibé, étudiante, avec un visage déprimé.

A la mairie de la Commune V, VI, des centaines de jeunes attendaient pour se faire inscrire sur la liste du jour. « Si nous ne passons pas aujourd’hui, on sera obligé de passer la nuit et voir ce que demain va nous réserver », nous a confié, Moussa Togo, réparateur de moto.

Il est difficile de savoir si ceux qui ont leurs noms sur la liste seront tous enrôler. Cette situation peut porter préjudice à des nombreux jeunes qui viennent tôt dans les Mairies. Certains usagers se feraient berner par les recenseurs. C’est le cas de Mme Sangaré Nagnouma Tounkara, qui a affirmé ceci « on est retourné à la maison dans l’espoir d’être sur la liste le lendemain. Mais la situation ne change pas et leur conduite envers nous est inquiétante. On a peur même de demander de renseignement à leur niveau ». Faut-il le reconnaître que cette situation d’enroulement a de sérieux problèmes avec la Mairie de la Commune IV, qui a une seule machine pour faire le Ravec,  selon un recenseur de la Commune IV du district de Bamako.

« Pour cela, nous avons pris des dispositions qu’il faut. Nous avons pour mission de satisfaire tout le monde en ce laps de temps et c’est difficile, mais nous feront de notre mieux », a-t-il précisé.

Par ailleurs, il a demandé aux plus hautes autorités de leurs fournir des matériels de travail afin de satisfaire rapidement les usagers.

L’intéressement de ces nombreux jeunes au Ravec prouve à suffisance le degré d’importance de la carte Nina aux yeux de la population lambda. Force est de constater qu’au Mali comme ailleurs, c’est cette fameuse carte Nina qui est le document administratif exigé pour postuler à un concours ou pour voyager.

Pour aussi, la carte d’identité nationale, les autorités de Transition doivent faire en sorte que l’accessibilité de ce document administratif soit facile.

Mamadou Sangaré



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