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Politique

PRESIDENT DE LA TRANSITION : Le choix de Bah N’Daw ou le désamour des politiques ?




Le lundi dans l’après-midi, le collège de désignation installé par le Comité national pour le Salut du Peuple (CNSP) a rendu son verdict après cinq jours d’analyses intenses. A la surprise de tous, les membres du collège ont préféré un ancien militaire à la retraite à un homme politique. Il s’agit de l’ancien ministre de la Défense et des Anciens combattants du Président IBK, le Colonel-Major Bah N’Daw dont la nomination sonne comme un sanglant désamour pour les hommes politiques maliens.

Le choix de Bah N’Daw, intervenu le lundi dans la soirée, pour diriger la transition politique qui s’ouvre au Mali, après la chute du Président IBK le 18 août 2020, met définitivement un terme à la fièvre qui s’était emparée des Qg des partis politiques dont certains responsables voulaient se hisser à la tête de l’Etat malien, à défaut de pouvoir y accéder par les urnes. Le choix de Bah N’Daw n’est pas la manifestation de la seule volonté des militaires mais de tous les Maliens représentés dans le collège de désignation du président de la transition dont la société civile. Tous ont pointé le doigt sur Bah N’Daw, un ancien de l’armée de l’air. Ce choix sur un ancien militaire est-il synonyme du manque de confiance des Maliens en général pour les hommes politiques ? Tout porte à le croire. Et il n’y a rien d’étonnant en cela. Car de l’avènement de la démocratie à nos jours, les hommes politiques maliens ont pour seul mérite de mettre les Maliens dos à dos. Ils sont restés divisés même quand il était question de sauver la patrie en danger. Et au moment de donner un nouveau ressort au Mali en tant qu’Etat, il était hors de question de leur faire confiance. Ils ne savent que se faire la guerre juste pour des postes et autres intérêts personnels, mais jamais pour le pays et le peuple. Et comme en 1991, ils se doivent de patienter dans les garages pour qu’un autre vienne réparer à leur place les gaffes qu’ils ont causées au pays avant de leur remettre le pouvoir. Mais si le choix du collège de désignation satisfait à la doléance de la majorité des Maliens qui ne voulaient pas du tout que le pouvoir, pendant la transition, tombe entre les mains d’un militaire, il est clair que certains d’entre eux sont restés un peu sur leur faim à cause de l’âge du nouveau président de la transition malienne. En effet, beaucoup s’attendaient à la nomination d’un président jeune, pas de la vieille génération considérée comme dépassée par les réalités actuelles du Mali. Pour ces Maliens, il est tout simplement difficile de faire du neuf avec du vieux. A 70 ans, l’ancien aide de camp du Président Moussa Traoré réussira-t-il à déjouer les pronostics à ce sujet ? Une chose est sûre, pour réussir sa mission qui consiste à poser un fondement solide d’un Mali prospère et respecté avant de le transmettre à la nouvelle génération, il est important qu’il soit beaucoup à l’écoute de la jeunesse malienne, elle qui paye aujourd’hui le lourd tribut de la mal gouvernance instaurée par la vieille classe politique. Le nouveau Président de la transition malienne doit comprendre tout simplement que les vieux ont leur avenir derrière eux et que ceux-ci n’ont rien à perdre. Il ne peut pas les changer et ceux-ci ne changeront jamais. Par contre, la jeunesse a tout à prouver. Le Colonel-major doit impérativement travailler beaucoup avec elle. Il s’agit de cette jeunesse qui a souci de l’avenir et qui est intéressée par l’avenir. Ce devoir d’impliquer fortement la jeunesse dans le chantier, à défaut de la mettre devant, doit être un principe sacro-saint et non négociable. Et cette obligation du président de la transition doit nécessairement s’opérer et devenir effective déjà au moment de la constitution du nouveau gouvernement en cours. |YOUSSOUF Z KEITA



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