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Société

POLITIQUE Le Mali à la croisée des chemins




 

Plongé dans une crise politico- sécuritaire et de  gouvernance depuis quelques années le peuple Malien  cherche sa voie désespérément.  Avec un bilan peu flatteur  de quatre de coups d’Etat en 60ans d’existence, nous sommes obligés de tirer des enseignements.

Pourquoi tant de souffrances et de balbutiements ? Ou se situe notre mal ?  Pourquoi  les attentes  sont encore loin d’être comblées ? Pourquoi tant de suspicions entre nous maliens ?  Depuis les évènements de mars 1991,  que d’épreuves subies. Pauvre Mali, La flamme de la paix initiée par le Président Alpha en 1996 avant suscité  beaucoup d’espoirs pour ramener la paix  dans  le  septentrion. Mais hélas ! Aucune avancée notable. Le président ATT malgré ses engagements et sa bonne foi n’a pas su gérer les effets collatéraux de la crise libyenne suite à la chute du colonel Kadhafi. Des soldats tués en nombre, des veuves dans les camps, des familles endeuillés,   un peuple meurtri, un tiers du territoire occupés tel est le constat amer aujourd’hui. Depuis 2012 la communauté internationale est aux chevet du Mali, mais peu de progrès réalisé malgré les lourdes pertes en vie humaine. En 2013 les Maliens avaient fondé l’espoir sur le candidat  IBK dans le seul dessein de résoudre sinon trouver une solution adéquate à la crise du Nord. Depuis 2015 l’accord issus du processus d’Alger n’apporte pas  les résultats escomptés.  La crise qui a commencé par le nord s’est déplacé vers le centre occasionnant des milliers de victimes civils et militaires, Ogossagou, Boulkessi, Mondoro… et plus récemment Farabougou, sont les illustrations parfaites de l’impuissance de l’Etat malien. Pour ce qui est du  front social, il reste  en ébullition caractérisés par de nombreuses grèves  due à la faiblesse et au manque d’anticipation de l’état.  

La société civile qui s’est fragilisée par sa politisation doit à ce niveau être interpellée. Nous avons assisté  impuissant à des grèves intempestives des différentes corporations dont les plus  marquantes ont   été celles du personnel de la santé, des magistrats , et surtout des  enseignant . Le fameux article 39 a marqué les esprits. Sauver l’année scolaire tel est le slogan chaque année.  Une école en déliquescence. Nos enfants sont devenus des otages d’un système de gouvernance qui hypothèque l’avenir. Nous avons assisté à la destruction de l’école malienne imputable d’une part  à l’ensemble des acteurs, mais aussi et surtout aux différents gouvernements successifs qui ne se sont pas réellement assumés.   Comment construire un Mali émergent quand nous privilégions l’intérêt personnel au détriment de l’intérêt collectif. Ne sommes-nous pas aux antipodes des idéaux de mars 1991. L’école, la santé, la justice, la gouvernance pour ne citer que ceux-ci sont en recul. N’avons-nous pas de ressources suffisantes pour amorcer le changement comme le Rwanda, le Ghana ; le Botswana l’Ethiopie…

Oui, le Mali peut rebondir et doit rebondir, mais pour cela il faut un changement. C’est justement ce changement qui est à la source de la création du mouvement du 5 juin 2020 dénommé M5 RFP.  A travers ce mouvement le peuple a démontré sa détermination à combattre l’injustice, la corruption, la mal gouvernance. L’esprit du mouvement est un Mali débarrassé de tous ces maux qui compromettent son émergence. La contestation des résultats des élections législatives n’était que la goutte d’eau qui a débordé le vase. Désormais le malien n’accepte plus le mensonge d’état. Les Institutions de la République devraient  être les premières à appréhender ce principe. Comment respecter une institution qui ne respecte pas la loi fondamentale qui est la constitution.  C’est cet éveil qui s’est traduit chez les maliens  par le refus de la confiscation de leurs voies et le rejet du système de gouvernance instauré par IBK et les siens. Oui, le M5 a lutté pour un changement en dénonçant les tares de l’ancien régime. Cette révolution qui a été parachevée par les militaires suscite de plus en plus des interrogations. Ou en sommes-nous  avec les enquêtes suite aux évènements du 10 et 11 juillet 2020. Et les victimes de Sikasso ? Nous sommes en droit de savoir. C’est un devoir moral pour chaque malien qui aspire au changement. Par ailleurs, Beaucoup d’interrogation sur la conduite de la transition. Certes tous les organes de la transition ont été installés, cependant, quelles sont les chances de réussite de cette transition ? Pourrait –elle jeter les jalons du Nouveau mali auquel nous aspirons. La tâche parait immense mais le défi pourrait- il être relevé ? Le processus de transition est-il inclusif ? Le manque de consensus dans la mise en place des organes permet-il de mener les réformes politiques, institutionnelles,  électorales et administratives nécessaires dans le délai impartis. La charte de la transition et la feuille de route sont –elles respectées ? Personne ne souhaite la rupture de la transition, mais nous avons réellement besoin d’une transition de rupture. La refondation commence à ce niveau. Vu la conjoncture actuelle, pourquoi ne pas réduire le train de vie de l’Etat ? A ce niveau, les premiers responsables doivent donner l’exemple. Il est par ailleurs, utile de rappeler deux importantes recommandations du Dialogue National Inclusif DNI  qui doivent impérativement être réalisées durant la période de transition. Il s’agit de l’organisation d’un dialogue social pour éviter les grèves et la mise en place d’un organe autonome de gestion des élections.  Par rapport à cette dernière, il faut reconnaitre que rien ne rassure la classe politique qui est en réalité ignorée superbement. Aujourd’hui, on ne peut pas  être optimiste vue l’évolution et l’orientation prise par la transition qui se traduit entre autres par la persistance de l'insécurité, des crises économiques et des arrestations extra judiciaires. Et si on se trompait de priorité ? Préservons ce Pays qui est notre bien commun. La transition devrait être une opportunité pour une refondation du Mali. Les conditions de cette refondation sont elles réellement réunies ?

 

Lamine camara

1er vice-président parti FDM-MNJ

Front pour le Développement du Mali

Mali Niètajèkulu(FDM–MNJ

MEMBRE DU FSD/ M5-RFP



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