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Politique

MEDIATION DE LA CEDEAO Le niet du M5-RFP !




Pour décrisper la crise socio-politique, le médiateur Good Luck Jonathan a tenté d’organiser une rencontre, le jeudi 13 août 2020, entre le Président Ibrahim Boubacar Kéita et les membres du comité stratégique du Mouvement du 5 juin-rassemblement des forces patriotiques(M5-RFP). Cette proposition de conciliation des violons a été rejetée par les opposants.

Décidément, le fossé s’est élargi entre IBK et les membres du mouvement du 5 juin- rassemblement des forces patriotiques. Les contestateurs ont posé des conditions robustes avant toute tentative de négociation, pour une sortie de crise. Selon eux, tant que les militants du Mouvement du 5-rassemeblement des forces patriotiques restent détenus de façon expéditive, il ne saurait y avoir aucune médiation. Le médiateur de crise, Googluck Jonathan a rencontré les membres du comité stratégique du M5-RFP dans la nuit du mercredi dernier. Mais, il est évident que la crise malienne est à son pique.

Après la réunion du comité stratégique, Choguel Kokalla Maïga a fait une déclaration à la presse pour faire le compte rendu de ce qui est assorti de cette rencontre avec Googluck Jonathan. Selon lui, Goodluck Jonathan a été désigné par les chefs d’Etat de la Cédéao pour venir superviser la prestation de serment des membres de la nouvelle Cour constitutionnelle, voir le comité de suivi et comment les recommandations sont mises en œuvre. C’est dans ce cadre qu’il a demandé à rencontrer le M5 RFP. « Il nous a demandé de façon expresse qu’il souhaite organiser une rencontre entre IBK et le M5. Nous lui avons dit que nous allons rendre compte au comité stratégique qui va décider si nous irons ou non à cette rencontre. Mais avant, nous avons indiqué à Goodluck qui a reconnu d’ailleurs pour la première fois qu’ils ont compris que les problèmes du Mali ne sont pas seulement des questions électorales ou de gouvernement. Mais que ce sont des questions plus profondes, précisément des questions de gouvernance. Il nous a dit que toute la communauté internationale notamment, la Cédéao, l’Onu, l’union européenne sont conscients que les vrais problèmes du Mali sont des questions de gouvernance. Nous lui avons dit qu’en conséquence, il est important qu’ils comprennent que toutes les décisions que la Cédéao a eu à prendre sont des décisions qui violent la Constitution de la République du Mali. Et que si on s’habitue, chaque fois qu’un gouvernement à des difficultés, qu’un Président à des difficultés, à faire des arrangements qui violent la Constitution, nous créons un précédent dangereux pour la stabilité institutionnelle du pays. Lorsqu’on passe en revue le protocole de la Cédéao, on se rendra rapidement compte qu’en ce qui concerne la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, la régularité des élections, la bonne gestion d’une façon générale, tout ce qui est sanctionné par la Cédéao, c’est ce qui caractérise le régime oligarchique et ploutocratique qui a pris le Mali en otage et que nous cherchons à renvoyer », a-t-il pilonné.

Aussi, Choguel Kokalla Maïga a indiqué, par ailleurs, que c’est dans une démarche scientifique, que le M5-RFP a expliqué et démontré que chaque fois qu’il y a une délégation de la Cédéao ici, le M5-RFP a joué la carte de l’apaisement. « Mais à notre grande surprise, le pouvoir en place ayant le sentiment que la Cédéao est de son côté, est devenu plus répressive. Le mini gouvernement qui est installé, depuis qu’il est là, est dans la répression contre nos militants qui exercent des droits constitutionnels. Nous ne voyons pas comment nous pouvons aller à des négociations pendant que nos militants sont arbitrairement arrêtés, jugés et condamnés », a-t-il déploré.

En outre, il dira que le M5-RFP a expliqué à Goodluck Jonathan et sa délégation qu’ils regardent la façon dont ce gouvernement fonctionne. Toutes les revendications, des populations n’ont eu de suite que grâce à la lutte du M5. Cela veut simplement dire qu’il ne gouverne pas le pays. Il cherche seulement des arrangements politiques pour se maintenir au pouvoir. De cette façon, on ne peut pas gouverner un pays. « Enfin, nous avons dit à Goodluck et sa délégation que nous n’avons jamais fermé la porte du dialogue. Nous sommes d’accord, nous voulons qu’il y ait un accord politique qui donne satisfaction à l’ensemble du peuple malien. Mais pour l’instant, nous allons nous référer au comité stratégique. Nous avons pris une décision importante argumentée et documentée que nous avons donné à Good Luck Jonathan », a-t-il conclu. 

Mais force est de constater que toute la communauté internationale est au chevet du Mali pour lui permettre de remonter cette pente glissante de son histoire.

Ibrahim Sanogo dit Oliver

 



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