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Politique

ME ALASSANE ALDIOR DIOP De « La République des voleurs et des flibustiers » à la République de Cocagne : celle de tous les plaisirs et jouissances.




Une succession d'évènements dans la presse et les réseaux sociaux  font sortir Me Diop de son silence. Des clashs et accusations, images et vidéos circulant par voie de presse nous rappellent que nous sommes dans un pays unique en son genre. Lisez plutôt !

« Nous avons voulu avertir et non mordre.

Réformer les valeurs et non scandaliser.

Nous nous moquons de certaines catégories de la société »

Nous enseignait Erasme, dans « L'Éloge de la folie »

Aujourd’hui, je vous parle d’une époque que les moins de vingt  ans ne peuvent pas connaître.

Il y a 30 ans, dans le Mali du Général Moussa TRAORE vivait un homme, féru de lettres, un dur à cuire. Il était modeste, mais intègre et cultivé. Il était journaliste, courageux, qui a osé titrer à la Une d’une parution de son journal maudit, devenu aujourd’hui un journal Collector « La roue », un article au vitriol : « La République des voleurs et des Flibustiers ». Un pamphlet contre la corruption, «ce cancer endémique» qui a fini par gagner l’Etat et le centre névralgique du pouvoir. «Tous les centres de décisions de la République du Mali » en sont affectés. Si le journal «La roue» avait vu juste les conséquences de ce mal, à cette époque déjà, l’auteur de l’article aujourd’hui décédé, n’aurait jamais pu s’imaginer que son époque d’hier correspond aujourd’hui au temps des clowns-pirates. L’époque d’une jeunesse insouciante mais aux manettes du pouvoir militaro-político-financier. Des petits dandys , parfaits avatars de Donald TRUMP, ils ont les yeux plus gros que la planète terre. Irresponsables jusqu’aux bout des ongles et insouciants, pas un pour relever l’autre. Ils poussent le front jusqu’à régler leurs comptes à coups de tweets accusateurs et de twerks indécents de galbes bien rebondis le tout dans une hilarité ambiante totale.

Le temps des pirates est aussi celui du  florilège d’accusations sans crainte d’atteintes aux biens publics. Des news qui fusent via les réseaux sociaux. C’est aussi  le temps d’une nouvelle invention bien théorisée par ses adeptes: le ruissellement des richesses de la corruption à travers les amis, les parents proches et le clan. Je mange, tu manges, ils ont déjà mangé quand ils étaient aux affaires, et chacun est mouillé. La théorie de la solidarité coupable dans le silence et le déni de la gabegie règne en maître. Il n’y a plus personne, à part un imam éclairé et toute cette masse grouillante de citoyens inaudibles pour assurer la défense de la morale.

Voici le Mali d’aujourd’hui que l’on entend fourguer aux trente ans d’âge. C’est ce Mali là, le « Mali ba » devenu « Fali ba » que je voue à la vindicte publique.

Le journal «La roue» s’était-elle trompée d’époque ou de temps ?

Assurément non !

J’aurais aimé le voir et le lire dépeindre dans un article à jour de mon temps et de mon époque, la société actuelle. Une société des « djè-djugu » associations de malfaiteurs, des amis-ennemis du jour et des ennemis-amis le lendemain. Ne sommes-nous pas entrain de nous diriger tout droit et  inéluctablement vers les abysses de l’égoïsme qui se couvre d’imbécillités.

La roue de l’histoire tourne, nul ne peut l’arrêter.

La vie est un tour et chacun y passe mais à son tour.

Voilà la devise du journal « La Roue ». L’histoire donne encore une fois raison à l’un des dignes fils du pays, l’un des plus grands journalistes pamphlétaires du Mali moderne à qui je voudrais rendre hommage à travers ces quelques  lignes inspirées par la lecture de sordides faits divers qui font justement le bonheur des moins de trente ans.

Je n’ai plus trente ans hélas et je pleure aujourd’hui la disparition du journal «  La Roue » et de son inénarrable Rédacteur en Chef,  feu Boubacar Keita affectueusement appelé La roue.

Qui ne se souvient de ces mots prophétiques qu’il rappelait dans sa dernière parution comme un testament: «Tourmentez-vous pour rétablir  la vertu chez un peuple qui l'a perdue, vous n'y réussirez  pas. Il y'a un principe de destruction en tout. A quelle fin dieu l'a t'il établi chez nous ? C’est  son secret »

Dors en paix guerrier!

Le pays est orphelin de ta plûme enflammée.

Me Alassane Aldior DIOP



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