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Economie

LUTTE CONTRE LA CORRUPTION Les religieux s’impliquent !




Le président de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite, Moumouni Guindo a présidé, le jeudi 9 juillet 2020, la journée d’échanges avec les leaders des confessions religieuses sous l’angle des textes religieux, au Mémorial Modibo Keita. Il lance ainsi une lutte implacable contre les fonctionnaires indécis.

Nul besoin de le rappeler, la société malienne est gangrenée par la corruption qui tend à se généraliser dans tous les secteurs. Ses effets touchent toutes les couches sociales en freinant le développement du pays et ses causes sont nombreuses et connues de tous. Malheureusement, les auteurs de la corruption, très organisés, se rencontrent dans tous les secteurs publics, parapublics et privés.

Devant un tel fléau, que doit entreprendre l’Etat pour le combattre ? Certes, la volonté politique existe réellement et l’opérationnalisation de l’Office central de Lutte contre l’Enrichissement illicite courant 2017 en est une manifestation. Depuis cette date, l’Office travaille pour accroitre la prévention de l’enrichissement illicite, en intensifiant les investigations et en promouvant la synergie d’actions entre toutes les structures impliquées dans la lutte contre la corruption.

En collaboration avec d’autres structures et les acteurs incontournables de la société, l’Office central s’emploie à mobiliser l’opinion publique et les citoyens afin de mener une lutte implacable contre les phénomènes de la corruption et de l’enrichissement illicite.

La rencontre du jeudi 9 juillet 2020, est une illustration parfaite de l’engagement au quotidien des hommes et des femmes chargés de lutter contre la corruption. Lesquelles actions vous seront détaillées au cours des échanges qui vous permettront de mieux cerner les missions assignées à l’Office et de mesurer leur importance.

La corruption est un frein pour le développement !

La journée du 11 juillet a été déclarée Journée africaine de lutte contre la corruption par le Conseil exécutif de l’Union Africaine, lors de sa trentième session ordinaire tenue à Addis Abeba (Ethiopie), du 27 au 29 janvier 2017. L’institution symbolique de cette journée commémore l’adoption et la signature de la Convention africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption intervenue le 11 juillet 2003 à Maputo au Mozambique. Cette initiative africaine qui a emboîté le pas aux Nations Unies vise à informer et à sensibiliser les opinions publiques sur la gravité du phénomène de la corruption et à soutenir les actions entreprises contre cette gangrène. Elle contribuera à consolider le climat de confiance entre les pouvoirs publics et les citoyens.

En 2019, le thème de la Journée africaine de lutte contre la corruption était : « Vers l’élaboration d’une position commune sur le recouvrement des avoirs ». Pour l’année 2020, le thème retenu par la Conférence des Chefs d’Etat de l’Union africaine est : « Combattre la corruption par des systèmes judiciaires efficaces et efficients».

« Comme vous le savez autant que moi, la célébration de cette journée au Mali s’effectue dans un contexte sanitaire très particulier lié à l’existence de la pandémie de la COVID-19 qui a ébranlé le monde entier en bouleversant toutes les projections de l’année en cours. A cela, il faut ajouter la crise sécuritaire difficile au Nord et au Centre du pays à laquelle s’est greffée, depuis quelques temps, une situation politique tendue. C’est le lieu de me joindre à vous pour prier pour les nombreux morts déplorés du fait de l’insécurité et de cette pandémie », a-t-il martelé. 

Le thème choisi cette année par l’instance africaine n’est pas fortuit, selon le président de l’Oclei, car le succès ou l’échec de la lutte contre la corruption dans nos pays dépend en grande partie de l’indépendance, de l’intégrité et de la responsabilité du pouvoir judiciaire et du respect de l’État de droit par tous. Ceci ne peut être une réalité qu’avec l’existence d’un système judiciaire efficace et efficient.

Une synergie d’action pour venir au bout du fléau.

« Mais ce type de système, comme nous le voulons, ne peut être le seul facteur déterminant dans cette lutte. Vous conviendrez avec moi qu’elle n’aura de succès que lorsque toutes les couches de la société dont vous êtes un maillon important s’impliquent à fond et sans réserve par les moyens d’information, d’éducation et de sensibilisation », a-t-il indiqué.

Les actions contre la corruption ne peuvent avoir les résultats escomptés sans accroitre la sensibilisation et la communication pour attirer l’attention des fidèles sur les graves conséquences de la corruption sur leur existence. Il faut les mobiliser pour ériger et renforcer la barrière morale et mentale contre la corruption. Dans cette mission, les leaders religieux ont un rôle de premier plan. « Votre leadership et vos actions de proximité sont de nature à porter le message anticorruption dans les différentes couches de la société. Je sais que nous pouvons compter sur vous pour mener ce combat. Votre rôle est essentiel. A l’OCLEI, nous appelons à une campagne intensive des leaders religieux contre la corruption. Nous rêvons de voir les imams de tout le Mali prêcher contre la corruption pendant les Koutouba de plusieurs vendredis successifs ; nous rêvons de voir tous les prêtres du Mali diriger l’Evangile contre la corruption pendant la messe de plusieurs dimanches successifs. Nous rêvons de voir tous les pasteurs du Mali orienter le Message contre la corruption pendant plusieurs cultes successifs. Nous rêvons de voir cette campagne se dérouler sur l’ensemble du Mali de manière coordonnée », a-t-il dit.

Moumouni Guindo, de passage, a rappelé quelques versets du Coran et de la Bible qui justifient que Dieu n’aime pas la corruption. Il a espéré que ces quelques notions avancées ici seront beaucoup plus développées au cours des échanges qui nous permettront d’en savoir plus en vue de dégager une vision commune sur la meilleure façon d’éradiquer ce phénomène qui gangrène notre pays car chacun est porteur de solution, à sa manière.

Il a paraphrasé Koffi ANNAN, ancien Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, en ces termes: « La corruption est un mal insidieux dont les effets sont aussi multiples que délétères. Elle sape la démocratie et l’Etat de droit, entraîne des violations des droits de l’homme, fausse le jeu des marchés publics, nuit à la qualité de la vie et crée un terrain propice à la criminalité organisée, au terrorisme et à d’autres phénomènes qui menacent l’humanité ».

Ibrahim Sanogo dit Oliver

 



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