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Société

L’hivernage au Mali La crise économique s’accentue




Pendant l'hivernage plusieurs activités sont mises en pratique. Nous constatons qu’en cette période, les bordures de route sont occupées par des vendeuses de maïs. Plusieurs vendeuses ont donné leurs points de vue face à cette activité qu’elles exercent.

Awa Diallo, enseignante et vendeuse habitant à faladié : depuis plusieurs années et chaque année, pendant l'hivernage, mon seul métier c’est la vente de maïs. Je suis une grossiste. Chaque jour, je pars prendre le maïs dans le champ de mon client depuis de longues dates. Mais cette année, c’est un peu compliqué, crise oblige aussi. Covid-19 est là !

Kiatou Fané, veuve et mère d’un enfant à Diallobougou: pour moi, vendre le maïs, surtout le petit soir au bord du goudron, était très bénéfique. Je pouvais gagner ma vie dans ce petit commerce. Mais cette année, depuis l’arrivée de cette maladie de Covidé19, tout va mal pour nous. Je sors de chez moi très tôt le matin pour aller chercher le maïs. Mais, à vrai dire, ça va pas du tout cette année, dit-elle. La crise s’est installée avec cette pandémie.

Rokiatou Dembélé, ménagère à baco djicoroni : cette année, je risque d'abandonner ce commerce de vente de maïs,  car l'argent que nous investissons dans le produit est  vraiment énorme. Et après vente nous n’atteignons pas la quasi-totalité de la somme.  Mes clients qui venaient, chaque jour, acheter le maïs et qui sont pères de grandes familles ne viennent plus. Tous se méfient de cette maladie appelée Coronavirus. Vraiment cette année ça ne va pas du tout. Nos marchandises peuvent faire deux à trois jours sans un seul achat, or ce n’était pas le cas, les années passées.

Bourama Diarra, Cultivateur à Diallobougou : depuis fort longtemps, j'habite ici avec ma famille.  Pendant l'hivernage, mes enfants et moi allions cultiver du maïs et du gombo toutes les autres années. Le maïs était le plus acheté par mes clientes grossistes. Elles venaient nombreuses au début de l’hivernage. Je gagnais  beaucoup d’argent. Le gombo était également prisé par les clientes. Mais cette année, depuis le début de l’hivernage, je passe des journées sans recevoir aucune cliente. Chose qui n’est pas habituelle. Quand elles viennent, elles ne prennent plus grand-chose, car elles se plaignent  du fait que la vente ne fonctionne plus, d'autres même ont déjà abandonné, avec cette crise sanitaire et socio-économique. Tous les secteurs souffrent et énormément. Quant à moi, c’est ma première fois d’être autant inquiet pour mon champ car c’est de là que j'arrive à nourrir ma famille. Vraiment, nous sommes désespérés face à cette situation, je suis même content qu’une personne soit venue à qui je peux exprimer nos inquiétudes, nos difficultés et notre préoccupation. C’est un réel plaisir.

Sankou Diallo



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