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Politique

GROGNE SOCIALE L’UNTM montre ses muscles !




Après un premier coup d’essai réussi, l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) veut encore secouer le cocotier par ricochet les autorités de la transition. Elle a déposé sur la table du gouvernement, le lundi 23 novembre 2020, un préavis de grève de 5 jours allant du lundi 14 au vendredi 18 décembre 2020.

Décidément, l’union nationale des travailleurs du Mali n’est plus dans la dynamique de faire des concessions aux autorités de la transition.  Elle leur a égratigné un chapelet de revendications.  Bien vrai que personne ne conteste la légitimité des revendications de la plus grande centrale syndicale du pays mais c’est la période choisie qui n’est pas propice pour bon nombre de maliens, car elle perturbe le sommeil de tous les esprits éclairés.

Le Mali traverse toujours une période très critique de son existence. Ce qui serait à l’origine du coup d’état. Les autorités de la transition n’ont pas vocation à résoudre tous les problèmes du pays en 18 mois. Mais ils doivent mettre en œuvre la feuille route assortie de la concertation nationale. Pendant cette période transitoire, ils doivent poser les jalons d’une gouvernance vertueuse. Si l’on s’inscrit dans l’hypothèse d’apaiser le climat social forcément toutes les revendications syndicales doivent d’être mises dans le réfrigérateur pour attendre les autorités démocratiquement élues. D’où l’obligation d’un moratoire pour permettre aux nouvelles autorités de s’attaquer aux brulants du pays tels que l’insécurité, la relance économique, la lutte implacable contre la corruption et les différentes réformes institutionnelles annoncées. L’insécurité est un caillou dans la chaussure du gouvernement.

Les responsables de la transition doivent être les premiers à être conscients de la situation actuelle du pays et donner le bon exemple au lieu de s’adonner à des querelles de postes et d’intérêts immédiats.  

Mettre les travailleurs du pays dans la rue n’est pas la meilleure option dans le contexte malien. La population continue toujours de subir les effets collatéraux de l’embargo infligé à notre pays après les évènements du 18 aout 2020. S’il faut en rajouter, la situation serait insoutenable pour une population déjà déboussolée.  La grève de l’UNTM est analogue à un embargo puis que des centaines de camions étaient bloqués à toutes les frontières avec des denrées alimentaires et des produits pétroliers. Pour cause, les soldats de l’économie étaient en grève. La mission principale de ceux-ci, c’est de renflouer les caisses de l’état. Imaginez les autres secteurs vitaux de l’économie, vous conviendrez avec moi que l’Etat a perdu des milliards pendant la dernière grève de l’UNTM. Le Mali cherche à se relever après le coup de chaos réussi sur le tatami. Au lieu de tenter de l’aider à se remettre sur pied, l’on enfonce le clou avec ces grèves interminables. En essayant de mettre des bâtons dans les roues du gouvernement de la sorte, les responsables de l’union nationale des travailleurs du Mali risqueront de voir le peuple sur leur dos.

 

Les zones du préavis

Est-ce que la grève de l’UNTM est-elle opportune en cette période ? L’UNTM n’est-elle pas pistonnée par des politiques ?  Pourquoi adopter sur position radicale ? Que gagnerait le Mali dans ces grèves ? Ce sont entre autres questions qui hantent l’esprit de beaucoup de maliens.

Sur le préavis de grève, l’UNTM dit qu’elle ne peut rester indifférente devant la mal gouvernance, l’anarchie, le désordre, la dilapidation des ressources au détriment des investissements de progrès social. En faisant une analyse sans complaisance, l’on se rend compte qu’il n’y a aucune cohérence entre les discours et les actes que posent l’UNTM. Pour d’autres, l’une des revendications de l’UNTM devrait être la lutte contre la corruption et l’injustice sociale. Malheureusement, Yacouba Katilé et ses hommes ne veulent pas du tout sentir l’odeur des membres de l’office central de lutte contre l’enrichissement illicite. Certes, il y a des insuffisances dans les textes de l’Oclei mais force est de reconnaitre qu’ils sont en train d’abattre un travail de fourmi pour traquer les fonctionnaires qui trainent des casseroles.

Il serait bien séant pour les responsables de l’union nationale des travailleurs du Mali de s’ériger en partenaires des autorités de la transition. Car l’heure n’est plus aux querelles de positionnement mais plutôt à la refondation de notre outil de gouvernance. La transition doit aussi faciliter son accompagnement. Il y va de l’avenir de notre Mali.

Ibrahim Sanogo dit Oliver

 



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