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Société

GROGNE SOCIALE IBK n’est-il pas le symbole d’un peuple en quête de repère ?




L’ampleur et l’étendue de la grogne sociale suscitent des interrogations auxquelles, il est urgent de répondre pour préserver la nation d’une chute dans les abîmes d’une dissension irréversible.

Aujourd’hui, le Président IBK fait l’objet de toutes les critiques et accusations de la part d’une frange non négligeable de l’opinion nationale. Il est tenu pour responsable de tous les maux qui rongent le pays. La colère sociale et les griefs formulées contre IBK et son régime sont non seulement légitimes mais également justes, à cause de l’enlisement du pays dans une crise sécuritaire meurtrière et l’élargissement de la fracture sociale. La grogne sociale dont–il fait l’objet de nos jours est à la hauteur de l’espoir qu’il avait suscité à son arrivée à la tête de l’Etat en 2013. Après 7 ans de gestion, force est de constater que les avancées sont largement en deçà des attentes de l’immense majorité des maliens, à cause du mauvais choix des hommes et des priorités. La longue liste  des scandales de détournements de deniers publiques et les promesses non tenues ont constitué la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Aujourd’hui, IBK ne  paye-t-il pas le prix de son manque de rigueur dans l’évaluation des défis et l’espoir qu’il avait suscité ? La réponse à cette question est sans nul doute affirmative. Oui, le Président IBK a sous-évalué les défis qui assaillent le pays depuis fort longtemps et il s’est lourdement trompé en louant les services d’une élite dont l’incompétence de la plupart ne souffre d’aucun doute à cause de leur  inefficacité à des postes de responsabilité dans les régimes précédents. IBK avait-il un plan, une stratégie pour restaurer l’honneur et la dignité du malien ?  Cette dignité mise sous l’éteignoir au soir d’un 19 Novembre 68 par un régime militaro-civil  qui a mis 23 ans pour se disloquer  au profit d’une démocratie  encore embourbée dans sa crise d’adolescence  après 29 ans d’existence ? Une Tâche titanesque  que le candidat IBK en 2013  a certainement mal appréciée ! Sa démission réclamée par une frange non négligeable de la population  est- elle le remède miracle qui guérira le pays de tous les maux ? Nourrir un tel espoir sera suicidaire  car l’état de détérioration unanimement déploré n’est que le résultat des longues années de gestion opaques sur fond d’impunité. Ce qui ne doit pas occulter la responsabilité de l’actuel Président dans l’enlisement que le pays connait. La stabilité précaire et le fonctionnement  relatif qui prévalaient avant son accession au trône de Koulouba se sont  fortement dégradé avec la gestion qu’il a jusqu’ici proposée. Sous sa gouvernance, le bateau Mali prend de l’eau de toutes parts. IBK brille par l’incohérence  de ses propos et actes.  Et pour preuve :

Comment un Président qui reconnait que son pays est en guerre contre le terrorisme  peut-il s’accommoder des détournements  des ressources allouées à l’équipement et à l’amélioration de son armée engagée sur le front ?

Comment un Président, sans avoir les retombés de ses sacrifices consentis pour la stabilisation du pays peut-il  vouloir  modifier la Constitution au nom d’un accord  dont les autres acteurs ne font pas preuve de bonne foi ?

Que dire de sa confiance renouvelée en Boubou Cissé dont la côte de popularité est fortement entamée par la crise de l’école publique et la gestion du Covid-19 ? Ce   qui n’est pas sans rappeler celle de Soumeylou Boubèye Maïga. IBK brille certes par les faiblesses de sa gouvernance, cependant, il faut remonter jusqu’à la période des indépendances pour se poser les questions suivantes :  Après le renversement du père de l‘indépendance, les maliens  ont-ils opté  pour le chacun- pour - soi  en transformant l’Etat en mine d’or à ciel ouvert ? la restauration du lustre d’antan du Mali est-il un objectif partagé par tous ? Enfin, quel sens revêt le patriotisme  dont les multiples évocations restent vaines jusqu’à preuve du contraire ?

La persistance des désaccords soutenus par la quête du bien-être et l’indélicatesse dont le denier public fait l’objet, au demeurant imputable aux régimes successifs, sont des indicateurs qui inclinent à penser que le combat pour le bonheur commun a  cessé d’être à l’ordre du jour  pour la grande majorité des Maliens. La lutte contre la délinquance financière et le détournement du denier public n’étaient –ils  pas l’une des pierres angulaires de la politique du Président Modibo Kéita ? C’est dire que la  source des maux qui rongent le pays est profonde et méritent, par ce fait, de la retenue et une réflexion  poussée au-delà de l’actuel régime et son Président.

Quelle que soit l’issue de la crise sociopolitique qui prévaut aujourd’hui, le changement  du rapport  de l’élite à la chose publique est un impératif  imposé par l’évolution du monde actuel. Le Mali d’aujourd’hui est à l’image de l’ambition des responsables qui ont et qui président à sa destinée. Un pays en recul au rythme des changements de régimes. L’éternel regret des maliens pour leur ancien Président n’est- il pas la preuve de ce recul ? L’élite ne doit-elle pas s’inspirer de ce qui se fait de mieux sous d’autres cieux pour restaurer l’image du pays et redonner aux Maliens leur dignité ? N’est-il pas grand temps  que l’élite actuelle reprenne à son compte l’ambition des pères de l’indépendance ? Avoir  de l’ambition pour son pays, être jaloux de la réussite des autres et œuvrer pour le bonheur commun, voilà, en somme, les vertus qui font cruellement défaut depuis la chute du premier régime.

 

Bakary Sangaré

 



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