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Politique

FRONT SOCIAL Un pouvoir de transition, ce n'est pas pour régler des problèmes de fond




Qui l’aurait cru que le Secrétaire général de l’UNTM, Yacouba Katilé, qui a fait capoter sous SBM  l’organisation de la conférence sociale devant discuter de la question de l’harmonisation des salaires des fonctionnaires de la même catégorie, allait sortir ses muscles pour faire la même demande à une transition politique dont les missions essentiellement limitées aux réformes politiques et institutionnelles ? Personne ! La vérité est qu’on n’en serait, peut-être pas là aujourd’hui à polémiquer sur cette doléance de l’UNTM si son Secrétaire général avait aidé à l’organisation de la conférence sociale en fin 2018.

Partout dans les « grins » à Bamako où la grève de l’UNTM fait l’objet de sujet de discussion, l’impression de tous les Maliens neutres est la même : « la grève de l’UNTM est légitime, mais le moment a été mal choisi ».

En effet, la majorité des personnes avec qui nous avons abordé le sujet estiment que ce n’est pas le moment de fragiliser nos institutions de la transition. Car, l’avenir proche et lointain du Mali et des Maliens dépendra de leur succès ou échec. « Une transition ne peut pas résoudre tous les problèmes des Maliens », a l’habitude  de rappeler un homme politique malien.

C’est que cette transition politique a besoin du soutien et de la patience de tous les Maliens. Elle doit être stable pour mieux analyser les failles de notre démocratie afin d’y apporter les remèdes qu’il faut. En clair, l’échec de cette transition sera celui de tout le Mali.

 

L’UNTM dénoncée dans tous les sens !

Depuis sa première grève, le comportement des membres du bureau exécutif de l’UNTM fait l’objet de beaucoup de critiques.

Selon le magistrat Idrissa Touré, un mouvement de grève doit tenir compte de l'opportunité temporelle. « Un pouvoir de transition, ce n'est pas pour régler des problèmes de fond mais pour faire que l'État tienne jusqu'à la mise en place d'un régime normal. Si l'on ne prend garde, par notre insouciance, notre égoïsme, nos intérêts personnels professionnels, le pays déjà mal en point, tombera définitivement cette fois. On peut attendre par amour  patriotique, l'après transition pour nos demandes de revalorisation salariale. Ce n'est quand même pas la mer à boire quel que soit la légitimité de nos revendications syndicales. Il faut être insouciant pour penser que le bateau ne tanguera que pour le tenant du gouvernail », alerte le magistrat. Mieux, dans son argumentation, il se montre plus révoltant et fait savoir qu’à la place des gouvernants actuels,  qu’il ne fera rien jusqu'à ce que le pays tombe. « Et on verra, si on sera les seuls à en souffrir. Si ça tombe, ça le sera pour tout le monde », dit le juge.

Bien avant cette réaction du juge Idrissa Touré, deux syndicats de la magistrature avaient exprimé leurs inquiétudes face à cette grève de l’UNTM. C’était après une émission sur les antennes d’une radio de la place, lorsqu’un responsable de l’UNTM   avait longuement  épilogué sur l’indemnité de judicature  accordée aux magistrats.

Youssouf Z

 



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