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FETE DE L’INDEPENDANTE NATIONAL Point de vue des jeunes




Le 22 septembre 2020, le Mali fête ses 60 ans d’indépendance. Les jeunes sont pessimistes. Ancienne colonie française, il était appelé le Soudan français. Le Mali est devenu indépendant le 22 septembre 1960, après l’éclatement de la fédération du Mali regroupant le Sénégal et la République soudanaise. Mais, cette indépendance est diversement appréciée par la jeunesse malienne.

 

Bakary Dembélé, président-fondateur de MT Mali

A mon avis, le Mali n’est pas indépendant, parce que l’indépendance du Mali ressemble à une maison qu’on vous offre en format 3D. C’est dire qu’on vous fait la maquette et on vous dit que votre maison sera comme ça, en vous montrant tous les détails techniques que vous voulez avoir dans votre maison. Donc, l’indépendance du Mali ressemble à cela. Sinon, dans un pays qui est indépendant, comme la façon dont je comprends le mot indépendance, l’armée malienne ne devrait pas être empêchée de rentrer à Kidal, depuis des années déjà.    Le territoire du peuple malien n’est pas complètement contrôlé par le peuple ou l’armée malienne lui-même. Donc là, on ne peut pas parler d’indépendance. Même les décisions politiques du Mali ne sont pas prises entièrement par les politiciens ou par les dirigeants du Mali. De ce fait, on ne peut pas parler d’indépendance. Si nous prenons le Mali sur le plan économique, il dépend beaucoup de l’Europe d’autant plus qu’on parle souvent de sanctions, et le Mali les craint. Pour moi, un pays qui est indépendant, doit être indépendant économiquement et politiquement. Prenons l’éducation du Mali, par exemple. Notre système éducatif n’appartient pas au Mali, et il n’est même pas financé par le Mali. Vu cela, est-ce-que le Mali est indépendant  ? Je ne pense pas. Donc, si l’éducation du Mali n’est pas financée par le Mali et que le système que nous utilisons ici n’est pas un système que le peule malien lui-même a décidé de mettre en place pour éduquer ses enfants, je ne pense pas que le Mali a une indépendance totale. Alors pour être bref, à mon avis, cette période 2020, c’est le moment opportun pour prendre vraiment l’indépendance du Mali avec grand I, sinon l’indépendance, de 1960 à maintenant, est quand même, comme je l’ai dit au début, le Mali a une indépendance 3D, qui répond à nos souhaits à vue d’œil mais, dans la pratique, ce n’est pas le cas.

 

Aïssata Almadi, malienne, résidant au Maroc

En ce qui concerne l’indépendance du Mali, ce n’est qu’une forme. Mais quand on se réfère au fond, nous ne sommes pas indépendants. Parlons des facteurs économiques. Précisément, l’argent que nous consommons en Afrique de l’Ouest est fabriqué dans une petite ville de la France et c’est toujours la France qui gère la  monnaie d’ensemble de ces pays dont le nôtre qui prétend être indépendant. Pour couper court, j’irai à l’essentiel  : la problématique d’indépendance du Mali est un problème posé par nous-mêmes. Tant que les Maliens n’ouvrent pas grand les yeux et ne travaillent pour leur unité et leur développement, en acceptant beaucoup d’endurance, nous resterons toujours à la merci de ceux qui nous ont colonisé comme le dit Fatou Diomé : «quand on aide une personne, on l’aide pour que la personne n’ait plus à dépendre de vous. Sinon ça serait de l’assujettissement  ». Du coup, nous sommes toujours dépendants des autres.

 

Mamadou Z. Ouattara, enseignant

Depuis 1960, les pays africains dont le Mali, ressentent le besoin d’être indépendants. Mais cette indépendance africaine est passée de l’illusion à la désillusion. Si nous prenons  le cas du Mali, nous constatons tout de suite que nous sommes loin d’être indépendants politiquement, économiquement et culturellement. D’ailleurs, les derniers évènements survenus au Mali le prouvent à suffisance. Après 1960, Modibo Kéita, le premier Président de la République du Mali, voulait une indépendance réelle pour le pays. Mais, il fut renversé par les milliaires.  Pendant 23 ans, le régime militaire n’a pas pu se défaire de l’emprise de la France. Et le Mali s’est retrouvé sous le joug démocratique, toujours sous l’œil vigilant de la France, jusqu’à aujourd’hui. Alors, il apparaît net que depuis 1960, le Mali est dans un semblant de démocratie qui ne rime ni avec notre culture, ni avec notre politique, ni notre économie.

 

Assinatou Boré, étudiante à la Faculté de médecine (Point g)

Avec la situation dans laquelle nous avons évolué depuis l’Indépendance jusqu’à nos jours,  je pense que notre pays a beaucoup de chemin à faire encore. Même si théoriquement, nous sommes indépendants, en pratique ce n’est pas le cas. Certes, l’indépendance ne date pas de notre époque, mais nous avons une idée là-dessus et les comportements qu’un pays indépendant doit avoir. Prenons le cas du coton qui est cultivé au Mali, il n’est pas transformé ici ; pire encore, même le prix du coton n’est pas décidé par nous. Nous avons beaucoup de fruits et légumes chez nous comme les tomates, les carottes, le  gombo, les concombres et pleins d’autres. Mais, il est presque impossible de les trouver sur nos marchés. Tous les fruits que nous consommons au Mali proviennent très souvent du Maroc, de la Côte d’Ivoire et j’en passe. Il n’est pas dit de rester fermés sur nous-mêmes, mais de nous laisser profiter de nos produits locaux

 

. Mohamed gueye, jeune activiste, étudiant à Technolab ISTA, Hamed Baba et à la Fseg

De 1960 à nos jours, je crois que l’indépendance du Mali est, d’une manière, théorique. Réellement, je dirais que nous ne sommes pas indépendants parce que nous dépendons toujours de certains pays. Même certaines de nos décisions que nous prenons, nous ne pouvons pas les prendre tant que d’autres pays ne donnent pas leur avis  ; et cela est une dépendance politique. Et pourtant, un pays qui est dit indépendant doit être capable de gérer sa politique de gouvernance tout seul, sans aucune intervention extérieure, parce que laisser sa politique gérée par un autre, sous-entend lui donner tous ses secrets d’Etat. En plus, nous ne consommons pas les produits de chez nous. De ce fait, je dirais que cela est une forme de dépendance que nous devrions combattre, en promouvant le made in Mali. Bref, le Mali est indépendant dans la forme mais pas dans le fond. 

 

Moussa Coulibaly,  mécanicien à Kalaban

L’indépendance du Mali ne date pas de notre époque. Mais l’histoire nous apprend que pendant le temps de Modibo Kéita, le père fondateur de l’indépendance du Mali, nous étions les premiers en matière de variétés culturelles, en matière d’armement militaire  ; nous étions parmi les pays qui faisaient le plus peur. Ce sont les générations futures qui ont baissé les bras, au fil du temps. Mais, nous gardons espoir parce que, vu les derniers évènements qui se sont déroulés, dans peu de temps, le Mali va être capable de s’imposer face aux pays qui nous dictent leurs lois depuis un certain nombre d’années. 60 ans ce n’est pas quelque chose de petit. 

|AïSSATA TINDÉ |FANTA OUATTARA (Stagiaires)



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